Une Elfe Planaire

Un premier RP par Odhana... en espérant qu'il en inspire d'autre ^^

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Une lumière douce et scintillante venait chatouiller le minois d’Odhana, elfette frêle de tout juste dix ans (ce qui comme chacun le sait est très peu face à l’espérance de vie des elfes pouvant aller jusqu’à 2000 ans !).

Etendue sur le sol tapis de cette mousse bleuâtre qui abonde dans cette forêt fertile de l’Arboréa, Odhana jouait avec un biglophaze, sorte de reptile aux yeux démesurés.

Soudain, l’arbre magique où elle s’était adossée se fit entendre : « t’as intérêt à te dépêcher, t’as encore oublié tes obligations, Odhana, cesse de révasser et repense à la grande fête prévue ! ».

D’un bond léger, à la vitesse de la lumière, Odha était redressée : * la fête en l’honneur de cet imposteur de Dieu Grec Tyranique qui impose ses lois, bah, j’ai pas envie d’y aller !*

Puis, repensant à la promesse faite à ses parents de participer à la préparation de cet évènement divin, elle soupira, remercia l’esprit de la forêt, et rebroussa chemin.

Agile et rapide, bondissant de branches en rocs, les organismes vivants n’avaient le temps que de que de constater son passage.

En quelques instants, elle était de nouveau au village que dominait le temple grec et s’affaira rapidement à la préparation des rôtisseries (les zourkis pouvaient rassasier une vingtaine d’hommes) et des potions hallucinantes qui égayeraient la soirée.

La nuit venue, un émissaire du Dieu prit la parole : « A ce jour, j’ai décidé de réorganiser le village.

Les elfes aquatiques qui sont présents au sein du village seront contraints de céder leurs terrains aux hauts dignitaires. S’ils choisissent de rester dans cette strate, il leur sera accordé une parcelle plus à l’est de la forêt ».

Odhana bouillonait : *quel toupet, après ce que les cheveux bleus ont  fait pour le peuple des hauts!*.

C’est vrai que les cheveux bleus, qui avaient eu la possibilité de se joindre à la peuplade des hauts en remerciement bien justifié de leur soutien lors du conflit majeur avec les nains, se faisaient de moins en mois nombreux.

Les elfes quelles que soient leurs origines se semblaient pas gênés de cette décision : ils passèrent une soirée festive avec les habituels chants et poèmes, suivis des moments de grands délires et faits étranges dus à la consommation des potions. Ses parents allèrent jusqu’à remercier le Dieu du don d’une nouvelle parcelle.

*Cette terre est vaste et ne s’approprie pas, chacun est libre d’aller et venir comme il l’entend, cette décision est injuste. Je ne choisirais pas entre ses deux solutions mais la mienne, celle d’une elfette libre*.

Odhana, déjà à cet âge, ne supportait pas l’ordre établi, imposé, préconçu, par une seule et unique personne.

Doucement, Odhana se retira sans dire au revoir à ses parents ni à aucun des autres elfes présents. Elle fit le choix ce soir là, sans regret, de quitter le village pour ne plus y revenir ; elle s’enfonça dans la nuit noire.

Son but était de retrouver l’arbre magique, Rillifane Rallathil. C’est lui-même qui s’était présenté ainsi à Odhana  et si elle n’avait pas pu vraiment saisir ce qu’il représentait, elle sentait comme il était un esprit bon. Elle s’imaginait qu’il incarnait l’esprit de la forêt.

Comme tout elfe qui se respecte, elle pouvait avancer sans crainte de jour comme de nuitdans la forêt dense (les elfes voient très bien la nuit) et retrouva sans aucune difficulté l’arbre en question.

Celui-ci n’attendit pas pour lui adresser la parole : « Je suis heureux que tu aies penser à venir me trouver, Odhana et que tu ais adopté cette saine réaction. Il me semble que ta place est parmi nous, au sein de cette nature qui s’offre et se respecte : ton initiation sera faite avec les elfes sauvages. Va les trouver et n’ai pas peur, je suis chaque chêne, chaque arbre autour de toi».

C’est ainsi qu’il y a maintenant 300 ans, Odhana a vécu avec les Elfes sauvages qui l’ont initiée au tir à l’Arc et à la sculpture de la baguette. 

Auto-suffisants, ayant de petits besoins, ils vivaient paisiblement, en harmonie avec la nature et sans règlement préétabli si ce n’est celui de l’ordre naturel des choses.

C’est sur Arboréa,  au cœur de la forêt suspendue, qu’Odhana fit la rencontre de Tuk et de son groupe… au cours d’une banale cueillette de fleurs éthoilées.

Ces fleurs éthoilées étaient en effet vivement recherchées par tout habitant des plans car leurs essences facilitaient considérablement l’adaptation physiologique aux changements de matière provoqués par le passage des portails. (eh oui, même le plus grand des héros planaires pouvait parfois vivre douloureusement le passage d’un monde à l’autre et ressentir quelques ballottements !)

Entendant soudainement des craquements de brindilles, Odhana, qui venait de découvrir un endroit particulièrement fourni de ces fleurs éthoilées, se figea.

Sans bruit, elle ne mouva à terre, jusqu’au sommet de la butte et pointa le bout de ses oreilles vers le versant opposé, risquant aussi d’y jeter un oeil.

Il semblait qu’il y avait là un groupe de personnes au langage compréhensible mais un peu exotique.

 « Bien », dit l’homme qui semblait être Githzeraï, « Dès demain, notre expédition sur cette terre prend fin. La communauté a bien travaillé et je tiens à vous en féliciter. Il ne nous reste plus qu’à récupérer quelques fleurs éthoilées pour le prochain voyage. Vous, biges, occupez-vous de chasser quelques bestioles pour ce soir tandis que le reste de la troupe m’accompagne ».

Odhana fut saisie. Depuis quelques années maintenant elle souhaitait pouvoir vivre d’autres aventures dans les plans. Heureuse parmi les autres elfes, elle souhaitait toutefois développer ses connaissances. Mais, passer le portail seule n’était pas chose aisé à cause des puissances qui en contrôlaient l’accès..

*C’est l’occasion rêvée !*

Elle se redressa, et, face au groupe étonné de cette présence passée jusqu’alors inaperçue, elle adressa son plus grand sourire à la communauté et offrit en se présentant sa récolte journalière de fleurs éthoilées.

Faisant par la suite plus ample connaissance autour du rituel feu de campement, Odhana comprit que ce groupe qui acceptait de lui ouvrir ses portes était bien plus qu’un simple groupe de voyageurs…