b. L’emploi


Bien qu’en légère baisse en 2007 (- 3,5 %), le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés (DEI), ainsi que le taux de pauvreté monétaire restent élevés en Région bruxelloise. Le taux de chômage à Bruxelles se situe à 20,4 % en 2007. La situation des jeunes y est préoccupante : le taux de chômage atteint ici 35 % !

La proportion de chômeurs de longue durée (ancienneté de chômage supérieure à 1 an) s’élève à 61,9 % en 2006 à Bruxelles.

Ce niveau élevé du taux de chômage est partiellement dû au faible taux de qualification des jeunes, notamment ceux issus de l’immigration, et à la pression concurrentielle très élevée sur le marché du travail bruxellois. Le nombre de personnes ayant un emploi à Bruxelles est nettement supérieur au nombre de personnes occupées qui y habitent : plus de la moitié des personnes qui travaillent à Bruxelles sont des navetteurs issus d’autres Régions. Le rôle institutionnel de Bruxelles (ville internationale, Région à part entière et capitale) a pour effet que les employeurs recrutent fréquemment en dehors de ses frontières, sans que la distance ne constitue un obstacle.

Sur 667.000 travailleurs, près de 34 % viennent de la Région flamande (dont près de 53 % du Brabant flamand) et 19 % viennent de la Région wallonne (dont 37 % du Brabant wallon). 

Ceux-ci participent par leur travail à la création de richesses à Bruxelles, mais leurs revenus sont comptabilisés au lieu de domicile et sont ainsi « exportés » vers les autres Régions. Cette réalité participe au déséquilibre sensible des rentrées fiscales entre les différentes régions du pays. La Région bruxelloise reste le premier bassin d’emploi du pays. L’accroissement de l’emploi intérieur en Région bruxelloise est moindre que dans les autres Régions. Entre 2002 et 2006, l’emploi intérieur a cru de 2,2 % à Bruxelles, pour 5,8 % en Wallonie.

Qu’en est-il des chiffres de l’emploi en Wallonie ?

Il n’est guère aisé d’établir une comparaison entre la Wallonie et Bruxelles. Les systèmes de comptage sont différents, tout comme les dates de publication des chiffres. Tout au plus peut-on signaler que le taux de chômage en Wallonie est en baisse en juillet 2008 par rapport à juillet 2007 (14,7 % contre 15,7 %). Ces chiffres incluent toutefois les demandeurs d’emploi en Communauté germanophone.
Le taux de chômage de longue durée est de 44 %, mais il faut être exclu du marché du travail durant plus de 2 ans pour tomber dans cette catégorie (plus d’un an en Région bruxelloise).

Quelles pourraient être les synergies sur le marché du travail entre la Région bruxelloise et la Wallonie ?
Il est utile de rappeler tout d’abord le rôle majeur que joue Bruxelles au niveau de l’économie belge. Tout en représentant 9,7 % de la population et 8,8 % de la population active, 19 % du PIB y est produit et 16 % de l’emploi intérieur national se retrouve sur son territoire.
Chaque jour, Bruxelles attire 125.000 travailleurs en provenance de la Wallonie.
Depuis la création de la Région bruxelloise, on observe des évolutions assez similaires avec la Wallonie, notamment en termes de taux d’activité, d’emploi et de chômage.

Les similitudes entre Bruxelles et la Wallonie se marquent davantage sur les aspects sociaux que sur le plan économique. La question sociale se pose dans des termes assez comparables au sein des deux Régions qui, sur ce plan, se dissocient assez nettement du Nord du pays.
Si le taux de chômage wallon est actuellement inférieur de quelques pourcents à celui de Bruxelles, des convergences assez fortes entre l’évolution du chômage wallon et bruxellois sont indéniables. Les deux Régions présentent un chômage structurel important.

Quels pourraient être les matières ou domaines d’activité propices au développement de convergences renforcées sur le plan de l’emploi ?

Citons, sans être exhaustifs :

Synergie, collaboration et économie d’échelle en matière de coopération internationale ;

Mesures en faveur de l’emploi (jeunes, faiblement qualifiés, chômeurs de longue durée) ;

Fonds Social Européen (F.S.E.), financement européen de projets et subvention européenne ayant pour objectif la promotion de l’emploi ;

Centre de Technologie Avancée de la Communauté française ;

Collaboration accrue entre le Forem (service public wallon de l’emploi et de la formation) et Actiris (organisme régional bruxellois chargé de la politique de l’emploi).