a. Cadre macro-économique


i. Spécificités de la Région bruxelloise par rapport à la Région wallonne

    En bref :
Dimensions territoriales contrastées : Région bruxelloise = 161 km², Région Wallonne = 16.800 km² ;
Une économie bruxelloise davantage orientée vers les services, principalement les activités bancaires et les administrations publiques ;
Une concentration de grandes et moyennes entreprises plus importante en Région bruxelloise. Concentration de Très Petites Entreprises plus importante en Wallonie ;
Une croissance de l’investissement inférieure à Bruxelles ;
Une démographie d’entreprises plus défavorable à Bruxelles qu’en Wallonie ;
Bruxelles détient les meilleures performances en taux de création brute, mais est classée dernière en taux de création nette.

ii. Evolution du PIB régional

Bruxelles contribue pour 19 % à la valeur ajoutée du pays. En termes de richesse produite par habitant, elle constitue de loin la première région du pays et l’une des premières régions d’Europe. Le produit intérieur brut par habitant de la Région bruxelloise est 2,8 fois plus élevé qu’en Wallonie (et 2 fois plus élevé qu’en Flandre).

iii. Créations et faillites d’entreprises

Si le nombre de faillites augmente légèrement en Belgique en 2007, on constate par contre des évolutions contrastées selon les différentes Régions. Ainsi, le nombre de faillites bruxelloises a baissé de 1,1 % par rapport à 2006. On constate également une diminution en Wallonie de 0,8 % (la Région flamande enregistre, une hausse de 2,4 % du nombre de faillites).
En ce qui concerne la création de nouvelles entreprises, les indicateurs révèlent qu’en 2004, 2005 et 2006, la croissance est plus importante en Région bruxelloise que dans les deux autres Régions.

iv. Déploiement des entreprises et concurrence interrégionale
Peu de terrains industriels restent encore vacants à Bruxelles. Ceux qui sont disponibles font souvent l’objet de spéculation immobilière et leur prix élevé constitue un handicap pour le développement ou la relocalisation des entreprises bruxelloises.
Une forte concurrence existe avec la Région wallonne, qui dispose encore de nombreux terrains aisément disponibles et moins chers.
Les entreprises bruxelloises qui cherchent à se développer sont donc tentées de quitter Bruxelles au profit d’une autre Région.
Un État Wallonie-Bruxelles pourrait simplifier la complexité institutionnelle actuelle (Société Régionale d’Investissement de Wallonie, Société Régionale d’Investissement de Bruxelles, Société de Développement pour la Région de Bruxelles, …) et permettre la création de structures communes. Tout en tenant compte des intérêts divergents des deux Régions, on devrait tendre vers plus de concertation et de coordination et encourager davantage le pragmatisme.

v. Le Plan Marshall

Depuis plusieurs années, les plans de relance volontaristes se succèdent en Wallonie, le dernier en date étant le « Plan Marshall ». Il s’agit de concentrer les efforts et d’éviter le saupoudrage sous-régional. Les concepteurs de ce plan ne rêvent pas. Un milliard six cent millions d’euros injectés en quatre ans ne suffiront pas à redresser l’économie régionale. Il s’agit essentiellement de créer un effet de levier vis-à-vis de l’investissement privé et des efforts de recherche, et d’améliorer l’adéquation qualitative entre l’offre de main-d’œuvre et l’exigence d’expertise de la part des secteurs économiques de pointe ayant un haut potentiel en termes de création de richesses.

Le Plan Marshall pour la Wallonie trouve naturellement sa place dans la description du cadre macroéconomique.
Lancé en août 2005, il a fixé 5 objectifs prioritaires :
Créer des pôles de compétitivité (280 millions d’euros) : les investissements, la formation, la recherche, le commerce extérieur et les organismes de formation ;
Stimuler la création d’activités (872 millions d’euros dont 317,5 millions à charge de la Région wallonne) avec trois objectifs : stimuler la création et l’extension d’entreprises, favoriser l’investissement et l’emploi et injecter et mettre en œuvre des moyens pour mobiliser les dispositifs régionaux d’aides/encadrement des entreprises et d’attractivité du territoire ;
Alléger les fiscalités sur l’entreprise (147,3 millions d’euros) ;
Doper la recherche et l’innovation en lien avec l’entreprise (150 millions d’euros) ;
Susciter des compétences pour l’emploi (160 millions d’euros) : renforcement des compétences linguistiques, amélioration de la qualité de l’enseignement, etc.
La Wallonie connaît depuis peu une croissance économique améliorée et un solde positif de ses comptes extérieurs, signe que la productivité de sa main-d’œuvre (richesse produite par travailleur) est, dans certains secteurs économiques, appréciable.
Le plan prévoyait de s’inscrire dans une vision coordonnée avec les autres niveaux de pouvoir. Il était notamment prévu que le Gouvernement wallon intensifierait la collaboration avec la Région bruxelloise, afin de faire converger au maximum les plans de développement respectifs.
Force est toutefois de constater qu’au-delà de l’autosatisfaction exprimée par le gouvernement, la machinerie lourde a eu du mal à démarrer.
Un État Wallonie-Bruxelles devra non seulement accentuer le Plan Marshall mais aussi le renforcer, notamment en matière éco-technologique (augmentation de l’efficacité énergétique du logement, création d’un pôle de compétitivité « énergies renouvelables », etc.).