H. Conclusions


Le niveau qualitatif des soins et l’accès à ceux-ci est comparable entre les deux pays.

Il en va de même de l’organisation pyramidale des soins, si ce n’est que la Belgique est quelque peu empêtrée dans ses gouvernements multiples. L’éparpillement des compétences est de nature à générer des conflits et à ralentir l’exécution des tâches. 

Certes, un rattachement de la Wallonie à la France suppose le démantèlement préalable de l’État belge et la suppression de certains niveaux de pouvoir. Il faudra ensuite se mouler dans l’organisation française, mais l’adaptation ne devrait être ni trop malaisée ni trop longue. Elle sera en tout cas facilitée par l’équivalence des diplômes des prestataires de soins et par le respect qu’ont les Français pour les qualités professionnelles des Belges. Des petites annonces d’offres d’emploi circulent dans le sens France-Belgique et les engagements sont très fréquents.

Un rattachement s’accompagnerait plutôt de problèmes dans l’organisation de l’assurance soins de santé et surtout dans le chef de nos mutuelles politisées et puissantes. Leur existence se justifie, il est vrai, par l’histoire du XIXe et du début du XXe siècle, lorsque l’État n’assurait aucune protection, ni sociale ni sanitaire, décente. Elles se sont créées pour pallier les carences de l’État et leur politisation est venue plus tard.

Il sera difficile de les déloger de leur créneau historique au profit d’une CNAM française, laïque et apolitique. Très appuyées par leurs partis et syndicats correspondants, elles pourraient refuser de céder leurs monopoles et prérogatives et de fermer leurs centres de soins. De plus, les partis qui les épaulent pourraient rechigner à perdre de telles vitrines électorales.