G. De la qualité des soins en Belgique et en France


La Belgique occupe la 12e place du classement 2008 du  Euro Health Consumer Index  (EHCI). Elle cède chaque année du terrain dans ce classement qui mesure la qualité globale des systèmes de soins de santé dans 31 pays, dont elle occupait la 10e position en 2007 et la 7e place l'année précédente. 

Les Pays-Bas figurent à la première place du classement 2008, suivis par le Danemark, l'Autriche, le Luxembourg et la Suède. 

Les six catégories prises en considération dans l'élaboration de ce classement portent sur les droits et l'information du patient, les examens de type radiologique, le temps d'attente pour avoir accès aux soins et traitements, leurs résultats, ainsi que l'offre et la couverture des services médicaux et pharmaceutiques. 

Parmi les raisons qui expliquent ce nouveau recul de la qualité du système de soins de santé belge, le Health Consumer Powerhouse, l'organisme qui recueille et analyse les données statistiques prises en compte dans l'élaboration de ce classement, pointe notamment les faibles résultats des soins médicaux en général, les résultats mitigés dans la lutte contre le suicide, un suivi insuffisant des patients atteints de diabète, sans compter les délais importants dans la fixation des prix et le remboursement de nouveaux médicaments. 

Selon le directeur d'enquête au EHCI, le Dr Arne Björnberg, la Belgique se signale tout particulièrement par la « lenteur à mettre des nouveaux médicaments à la disposition de ses patients ». 

« Ces retards systématiques, qui se prolongent souvent au-delà d'une année, semblent avoir une influence sur la qualité des soins et ont un impact sur la survie des patients », relève le Dr Arne Björnberg qui souligne en outre que la Belgique accuse « un retard d'une dizaine d'années dans la transmission des données relatives à son système de soins de santé aux organismes internationaux ». 

Le directeur du Health Consumer Powerhouse, Johan Hjertqvist, estime que les patients belges devraient pouvoir disposer d'un catalogue reprenant les prestations de soins classées par ordre de qualité. Il concède toutefois que la Belgique a suivi les recommandations formulées l'année dernière par l'EHCI en impliquant davantage les patients dans le processus de diagnostic. 

Première du classement en 2006, la France est tombée à la 10e place et se situe « juste au-dessus de la moyenne », souligne l’enquête. 

« La France est en train de développer assez rapidement un problème de délais d'attente. La fonction de filtres, récemment introduite, devrait être abolie avant de créer de sérieux problèmes », précise le Dr Anne Björnberg.

En règle générale, les patients français doivent être envoyés chez un spécialiste par leur médecin généraliste, faute de quoi ils seront moins bien remboursés.

« Rien ne prouve que le filtrage de l'accès aux soins primaires permet de faire des économies. Restreindre l'accès aux soins des spécialistes est probablement une solution inappropriée », a-t-il estimé.

La France est par ailleurs dénoncée pour être « un des six États d'Europe dans lesquels se pose le problème des dessous-de-table versés aux médecins ».