12. La réunion à la France : la solution la plus réaliste

Par Edgard Baeckeland
Au cours des dernières semaines, tous les États, européens et non européens, ont été confrontés à une crise sans précédent. Celle-ci, financière au départ, se mue progressivement en crise économique généralisée dont les conséquences sociales, notamment sur les entreprises, l’emploi et le chômage, risquent d’être catastrophiques si les responsables politiques ne prennent pas les mesures qui s’imposent.

La crise se manifestera en Wallonie, comme partout, en Europe et dans le monde. Nous devons nous y préparer, mais soyons réalistes ! Il ne sert à rien de tenir des discours ésotériques sur les causes de cette crise mondiale ou sur la nature des solutions qu'il faudrait y apporter, A court terme, ce qui est indispensable c’est de rechercher les moyens qui permettront à la Wallonie de triompher de cette épreuve.

Avant tout, et sans délai, nous devons oser poser la question de savoir si la situation d'une Wallonie encore frileusement blottie dans les bras d'une marâtre belge dominée par la Flandre est acceptable.

L’État fédéral belge actuel est un mort en sursis. Soyons conscients que la majorité du peuple flamand ne souhaite plus partager ses richesses avec les autres communautés et veut rompre les liens de solidarité sociale existant au niveau fédéral. Depuis bien des années, la Flandre ne fait aucun mystère de son objectif politique ultime : l’autonomie, voire l’indépendance. Le confédéralisme belge – s’il voit le jour – ne sera qu’une étape qui sera vite dépassée ! La Flandre s’est dotée des structures et des institutions d’un véritable État, d’un Parlement prêt à proclamer son indépendance. Et elle a les moyens de conquérir Bruxelles, dont elle a déjà fait sa capitale en y plaçant ses pouvoirs exécutif et législatif.

L’État belge – qui, je le rappelle, n’a plus connu de Premier ministre francophone depuis plus de quarante ans – est actuellement d’une telle faiblesse qu’il a été incapable de préserver les « bijoux de famille » : il n’y a plus de compagnie aérienne nationale depuis la disparition de la Sabena, la Société générale a été dépecée, Electrabel, un des producteurs les plus performants d’énergie, a été absorbé par une multinationale sans aucun retour pour notre communauté nationale, les banques Fortis et Dexia sont emportées par la crise et ne retrouveront plus jamais leur centre de décision en Belgique… 

Dans ces conditions, la Wallonie ne doit plus rien attendre de cet État belge, incapable de gérer ses propriétés stratégiques. Si les entreprises wallonnes se trouvaient en territoire flamand, il en irait peut-être autrement ! Nous constatons, en tout cas, que seule la banque flamande KBC (ex-Kredietbank) est parvenue à garder son centre de décision en Belgique… mais en Flandre !  

Tout ceci est navrant, mais ne doit pas nous abattre. C’est dans l’adversité que se forgera la volonté des Wallons de reprendre en main leur destin ! 

Recherchons ensemble, en toute objectivité et en dehors de tout climat passionnel et émotionnel, les moyens d’assurer l’avenir de la Wallonie.
 
Première constatation : La Wallonie n’est pas sans atouts ni moyens, quoi qu’en disent certains. Il suffit de voir la qualité de ses infrastructures de communication, base de la logistique moderne.

Deuxième constatation : la Wallonie n’a plus actuellement les centres de décision qui lui seraient nécessaires pour s’ériger en État souverain. Un schéma calqué sur celui de la Flandre ne peut donc être envisagé. Toute la gestion industrielle de la Wallonie se traite à Bruxelles sans que nous en retirions le moindre bénéfice et sans que nos instances politiques puissent intervenir efficacement. Le système de décentralisation régionale à la « française » devrait nous convenir, puisqu’il rapprocherait des citoyens la prise de décisions en matière sociale et économique. 

Troisième constatation : pour recouvrer la liberté de disposer d’elle-même la Wallonie doit échapper au carcan fédéraliste belge. Cette rupture ne doit en rien inquiéter les Bruxellois francophones. Ceux-ci seront énergiquement défendus par la Région Wallonne, quel que soit son futur statut. La Wallonie a le devoir de garantir à Bruxelles l’avenir de métropole et, peut-être, de capitale européenne qui se dessine pour elle.  

Seule, l’intégration de la Wallonie à la Nation française peut sauver la Wallonie. C’est la solution la plus réaliste.