11. Des militaires valorisés

Par Jules Gheude et Jean-Luc Lefèvre
Attention, nous sommes sur la corde !  Telle est la mise en garde que lance le chef de la Défense belge, le général d’aviation August Van Daele, dans l’interview qu’il accorde au journal « Le Soir », le vendredi 2 janvier 2009.

On nous promettait que les budgets allaient suivre l’inflation, qu’il y aurait une croissance annuelle de 0,5 %, sans compter une certaine enveloppe pour réduire le personnel… Nous n’avons jamais eu tout cela ! Au contraire, on a subi tous les ans des coupures budgétaires. Conséquence : la marge d’investissement est passée de 4,34 à 0,66 milliards d’euros, précise August Van Daele. Et d’ajouter : Nous sommes à l’équilibre fin 2008, mais nous n’avons pas investi, et n’investirons ni en 2009 ni en 2010 ! A terme, ce n’est pas tenable en face de nos engagements internationaux.

Voilà qui nous ramène à ce que déclarait François Perin, le 28 avril 1981, au journal « La Meuse » :

Jamais l’Europe, ni l’Otan, dira-t-on, ne laisseront éclater la Belgique. Que pourraient-ils faire : débarquer les « Marines » pour nous apprendre par la force à vivre ensemble ? Au contraire, la Belgique est un partenaire si peu fiable que nos alliés ne seraient peut-être pas fâchés de la voir disparaître. Les USA ne sont-ils pas plus satisfaits de la France qui est hors de l’Otan, mais qui a une politique sérieuse de défense, que de la Belgique qui risque de déclencher une belle débandade ? (voir le journal « la Meuse » du samedi 14 mars et les déclarations du général Rogers) Et en Afrique, les déclarations d’amour ne remplacent pas l’énergie qu’il faudrait déployer, tant sur la plan économique que militaire, pour empêcher de faire du Zaïre un second Angola ! En cas de troubles, comme jadis au Shaba, l’armée belge arriverait sur les talons des Français pour assurer le service de… rembarquement. Tous les Belges francophones qui sont encore là-bas, en changeant forcément de nationalité, gagneraient au change.

Le général Van Daele dit vouloir éviter à tout prix de revoir notre niveau d’ambition militaire.

Il ne fait aucun doute qu’un pays comme la France pourrait garantir à nos militaires une carrière valorisée, au sein d’une armée forte qui possède, elle, les moyens de son ambition.

Il suffit de comparer les défilés militaires lors des Fêtes nationales respectives. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’y a pas photo !

La France offre un éventail plus large de fonctions militaires et, partant, d’emplois. Outre le fait de bénéficier d’un commandement uniquement francophone, les militaires wallons auraient de plus grandes possibilités de promotion.

Les avantages se feraient également sentir sur le plan économique. Que l’on songe, par exemple, aux débouchés pour les sociétés impliquées dans la fabrication des armes (Groupe Herstal, Lambert Chemical, Leyskens, Mecar, Sodachim, CMI,…) ou à la réduction des coûts en fonction des plus grandes quantités produites.

En outre, la réunion à la France éviterait à nos entreprises du secteur de l’armement de passer par la décision de la « commission sur l’octroi de licences relatives aux armes », qui se réunit à huis clos et dont le site ne mentionne pas les noms des 11 mandataires qui la compose. En Flandre, la société « Barco », dont le département « Optéoélectronique » assemble des systèmes équipant du matériel militaire, n’est pas inquiétée par ce type de licence…

La « culture » militaire française, basée sur la rigueur, la discrétion et le désintéressement personnel, garantit enfin un plus grand respect des règles éthiques.