B. D’autres options : le Wallo-Brux et la France


Outre cette option wallonne, réaliste parce qu’elle se fonde sur ce qui est actuellement relativement maîtrisable, d’autres options ont été envisagées. 
 
1. Le Wallo-brux.  Appellation courte et courante de l’hypothèse d’une fédération poussée des deux régions : la bruxelloise et la wallonne. 

 Une telle hypothèse a l’avantage de proclamer des liens forts entre la Wallonie et Bruxelles. Elle a aussi l’avantage de proclamer une région bruxelloise forte, ayant la capacité de se fédérer avec la Wallonie. 

 Cette hypothèse a le gros désavantage d’apparaître comme une union des francophones, union plus basée sur des visées culturelles que sur les réalités économiques et sociales.  
 Elle a l’autre énorme désavantage de recomposer l’État belge sur la base de deux grandes communautés qui s’affrontent, plutôt que sur la base de trois régions économiquement et socialement différentes.
 
 Par ailleurs, dans l’hypothèse d’une dislocation de la Belgique, la Flandre ne laissera pas tomber Bruxelles. En quittant cet État belge qu’elle domine politiquement et économiquement, la Flandre prendrait évidemment toutes ses dispositions pour verrouiller, tant au niveau belge qu’international, une situation où ses prérogatives seraient sauvegardées et cadenassées. 

Rêver d’une fédération pure et simple, W-Br, reconnue au niveau international, semble actuellement relever de la fiction.
 
1. La solution française. Amarrer la Wallonie à la France apparaît à certains comme une solution.  Je voudrais attirer l’attention sur quatre points. 

 Cette question d’un amarrage institutionnel à la France ne se pose pas dans l’immédiat, tant que survit la Belgique. Il semble irréaliste de chercher à mobiliser les masses pour résoudre une question qui ne se pose pas, qui ne se posera peut-être pas avant très longtemps, qui ne se posera peut-être jamais. 

 Un simple constat : la solution française se heurte encore à d’énormes résistances, irrationnelles mais fortes, dans de larges couches de la population wallonne nourrissant un complexe de petit voisin. Ce complexe s’alimente à tous les stéréotypes sur « le » Français, proclamé chauvin, jacobin, condescendant. On ne peut négliger cet irrationnel. Il est moins difficile, disait Einstein, de désintégrer un atome qu’un préjugé. 

 Dans le domaine de la culture, l’intégration des populations francophones de Belgique dans la République française réduirait d’une unité le nombre de pays partiellement de langue française, ce qui déforcerait inévitablement la position de la francophonie dans le monde. 

 Enfin, un des principaux reproches que les militants wallons peuvent faire aux partisans d’un amarrage institutionnel à la France est d’avoir les yeux tournés davantage vers la France que vers les populations wallonnes. Pour arriver à leur fin, la France, certains militants pro-français iraient, dit-on, jusqu’à espérer le pire pour les Wallons : une dégradation totale de la situation wallonne dans un État belge délabré, pour mieux manifester la pertinence de la solution française. Un attachement sentimental à la France ne peut justifier de plonger les populations wallonnes dans la déconfiture.