VI. « Au-delà de la Belgique ? Et la Wallonie ? »

Par Jean Pirotte, professeur émérite à l’UCL
Réfléchir à l’au-delà de la Belgique, peut apparaître comme un exercice de politique-fiction. 

S’il semble clair que l’État belge est entré dans une nouvelle phase de restructuration,  il n’est pas évident que cette phase doive nécessairement aboutir au démantèlement de cet État. 

Chacun sait que les moteurs de ces réaménagements se situent en Flandre. Or, la Flandre, actuel moteur économique dans l’État belge, exige des réformes, mais elle hésite entre deux stratégies : 

  •  soit obtenir une autonomie de plus en plus large avec, à l’horizon, la constitution d’un État souverain ; 
  •  soit conserver son leadership dans une Belgique qui peut encore servir. 

Il est vraisemblable que l’hésitation durera tant que la question bruxelloise n’aura pas trouvé une solution satisfaisante aux yeux des Flamands, pour lesquels l’indépendance de la Flandre ne peut s’obtenir au prix d’un abandon de Bruxelles. 

Le point de vue wallon développé ici est ancré dans le pragmatisme. 

On se situe non pas dans une « Après-Belgique » radicale (Qui sait si elle viendra ?), mais dans le cadre de ce qui est prévisible à moyen terme : une Wallonie contrainte d’émerger en période de difficultés économiques, dans une Belgique qui se disloque, sans doute mais qui risque de ne pas finir de si tôt de se disloquer.