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Lockheed L-1011 1 "Lockheed"

C’est sur base d’un cahier de charge émis par American Airlines pour un avion moyen-courrier de grande capacité propulsé par des réacteurs turbofan… que Lockheed décide de lancer, en 1966, ce programme.


Mais bon pour éviter de tomber dans le travers de faire un avion sur mesure qui n’aurait intéressé que American Airlines (qui de toute façon, en fin de compte, choisira le DC-10), Lockheed va mettre en route 66 projets avant de se décider, en 1967, pour un triréacteur (CL1011-28) à même de transporter 250 passagers sur 2500 km avec une masse maximum de 136 000 kg.


Alors pourquoi un triréacteur plutôt qu’un biréacteur ? Eh bien tout simplement pour se conformer au desiderata d’acheteurs potentiels importants, qui au nom de la sécurité préféraient un troisième réacteur, tels que Eastern Airlines (dont pas mal de lignes survolaient la mer) ou encore TWA (dont certaines lignes intérieures franchissaient la chaîne des Rocheuses et qui voulait un gros porteur moins gourmand que ses 747, par exemple, sur la ligne Chicago Los Angeles).


Et puis, et puis… les réacteurs n’étaient pas encore aussi fiables qu’ils le sont aujourd’hui au point de permettre à un biréacteur de franchir l’Atlantique (norme ETOPS). Toujours est-il que le premier mars 1969 débute la fabrication du premier avion qui effectue son roll out le premier septembre 1970.


Débutent alors les essais en vol qui n’iront pas sans peine : en cause le réacteur Rolls Royce RB211, dont la mise au point va s’avérer difficile au point, en 1971, d’amener le motoriste anglais à la faillite et entraîner son sauvetage par nationalisation en 1971.


Toujours est-il que ces problèmes, et d’autres liés à l’avion lui-même, n’empêchent pas la préproduction de l’appareil dont le troisième (aux couleurs d’Eastern Airlines) effectue (dans le cadre des vols d’essai) un saut de l’Atlantique pour venir au Salon du Bourget de 1971.


Parallèlement, l’aventure tourne au cauchemar pour Lockheed, qui ayant perdu une fortune avec la mise au point de cet avion débouchant sur un produit fini et fiable (qui sera apprécié de ses utilisateurs)… mais qui sera mis sur le marché dans un contexte de récession peu favorable aux gros porteurs de ce genre… et avec la concurrence dans le même segment du Douglas DC-10 !


Ajouté à cela les problèmes avec ses programmes militaires (surcoûts liés à la production du Galaxy ; annulation de la commande de l’hélicoptère Cheyenne par l’US Army ;…) achèvent de mettre Lockheed sur les genoux qui en est réduit à demander une aide gouvernementale pour assurer sa survie… autant dire que le constructeur de Burbank renonça une fois pour toutes au développement de jets civils ! Cela n’empêchera pas que plusieurs versions seront développées dans l’espoir de rentabiliser un maximum l’investissement initial, mais sans que le succès commercial soit jamais au rendez-vous pour les raisons évoquées plus haut avec seulement 250 exemplaires produits.

xxx
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