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General Dynamics F-16

Matchbox, c'est le modèle Skybuster, SB 24, représente ici l’avion dans une livrée colorée puisque correspondant vaguement à celle, ultra-voyante, adoptée par le constructeur pour mettre en valeur son avion… et surtout le faire vendre. 

Son histoire remonte à 1973 alors que plusieurs pays européens, membres de l’OTAN, cherchent un successeur au F-104. Allemands ; Italiens et Britanniques choisissent de développer ensemble le biréacteur Tornado à géométrie variable… fort bien mais voilà pour de plus petits pays comme la Belgique (1) ; les Pays-Bas ; la Norvège et le Danemark le tornado c’est pas du gâteau, c’est même carrément trop cher… et un appel d’offre est lancé.

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Plusieurs constructeurs se mettront sur les rangs : Dassault avec le Mirage F1-E ; Saab avec son 37 E Viggen ; General Dynamics avec le YF-16 ; Northrop avec le YF-17. A propos de ces deux derniers appareils ce n’étaient encore alors que des prototypes (d’où le Y dans l’abréviation) de chasseurs (d’ou le F correspondant à Fighter) développés dans le cadre d’une demande US pour un LWF (Light Weight Fighter que l’on pourrait traduire « chasseur poids plume ! » qui sera rebaptisé ACF (Air Combat Fighter) une fois que le F-16 aura été commandé par l’USAF en 1975. 

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Et le 7 juin de la même année les 4 pays OTAN (Belgique ; Pays-Bas ; Danemark et Norvège) optent pour le même choix (2). Et ce que l’on appela alors le « contrat du siècle » fut alors passé au terme d’un an de négociation le 14 juillet 1976. Cela représentait quand même un montant de 6 milliards de francs belges.
Quant à Marcel Dassault, il ne perdit pas tout dans l’aventure, puisque pas bête, il acheta des actions General Dynamics ! 

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(1) En 1973 aussi, un accord est passé entre l’Etat Belge et Marcel Dassault pour l’achat préliminaire de quatre Mirage F-1… mais l’année suivante le Gouvernement tombe et le Gouvernement provisoire annule la commande. 
Dans l’immédiat cela n’affole pas trop Marcel Dassault, car il n’y a alors encore personne d’autre en lice pour proposer des avions et il pense particulièrement aux Américains qui ont bien des avions à vendre mais pas de quoi satisfaire les Belges : le MDD F-15 est trop cher ; le Northrop F-5 est trop petit et le MDD F-4 (Phantom) est trop vieux… Mais c’était compter sans l’ambassade US de Bruxelles qui transmet au département américain de la défense l’information que les Belges cherchent un nouvel avion de chasse. 

(2) A noter ici, extrait de mon bouquin sur Dassault, les Programmes, p.162 :
« Le 4 avril 1975, les ministres de la Défense des Pays-Bas ; de la Norvège et du Danemark choisissent l’avion américain. Après quelques hésitations, la Belgique se rallie au choix commun et l’annonce le 7 juin, le jour du discours du premier ministre français au salon (…) du Bourget. Pour Daniel Lerouge, alors directeur de la division Systèmes d’armes :
« Du point de vue systèmes, le Mirage F 1 E avait une centrale à inertie numérique, un calculateur central numérique avec digibus (ligne de distribution d’informations numériques), un viseur à tube cathodique. Nous étions en avance sur les Américains car le F 16 d’origine n’avait pas de digibus. Quand les Américains ont gagné le marché, ils ont rajouté en rattrapage, un digibus et un radar amélioré.
La différence entre les Américains et nous, c’est que les Américains sont tout de suite crus sur parole et nous seulement sur des faits. »
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