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Boeing VC-25A "USAF - Air Force One"

En philosophie, on se pose parfois la question de savoir si la fonction fait l’homme… sans entrer dans ce débat, on peut affirmer cependant que parfois l’avion fait l’homme, car lorsque ce « jumbo » se pose sur quelque aéroport dans le monde, souvent un parterre de grosses légumes ; un détachement de l’armée locale ; la fanfare et le tapis rouge sont de mise sur le tarmac pour réserver un bon accueil à Mister President of ze United States of America.


Voici donc l’Air Force One bien connu, mais qui n’est pas le premier de la famille… et qui ne fut pas toujours un Boeing ; petit retour aux sources pour en apprendre un peu plus.Ainsi le premier envol présidentiel remonte au 11 octobre 1910 quand Théodore Roosevelt reçoit son baptême de l’air sur un Wright Flyer  au dessus du terrain de Kinloch (St Louis dans le Missouri), cela ne lui réussira pas puisque peu après, il n’est pas réélu et doit céder sa place à William Howard Taft.


Il n’empêche, l’idée fait son chemin, d’autant plus que, dans l’entre-deux-guerres, l’apparition des premières compagnies aériennes (équipées d’avions toujours de plus en plus sûrs et confortables) encourage bien des serviteurs de la nation à privilégier ce mode de transport plus rapide que le chemin de fer pour parcourir (sur les longues distances surtout) le pays jusque là où leur mission requiert leur présence physique.



De là à penser qu’il serait bien que le Président des Etats-Unis ne soit pas en reste et dispose même d’un traitement de faveur (que justifient ses hautes fonctions), le pas est vitre franchi, puisque de 1933 à 1939, L’US Navy met un avion amphibie Douglas Dolphin (version de luxe !) à la disposition de Franklin D. Roosevelt. Durant la Deuxième Guerre mondiale, c’est le « Dixie Clipper » un hydravion Boeing 314 de la Pan Am qui acheminera Franklin D. Roosevelt à la conférence de Casablanca en 1943… le voyage par bateau s’avérant trop risqué à cause des sous-marins allemands.


Dès l’après-guerre, l’USAAF (ancêtre de l’USAF) prend les choses en mains et adopte dans ce rôle le C-87A, un dérivé du Consolidated  B24 Liberator,  en version VIP. Celui-ci est baptisé « Guess Where II » et véhiculera un peu partout diverses personnalités officielles, dont Eleonora Roosevelt, dans le cadre d’une tournée en Amérique du Sud. Il sera envoyé à la casse en 1945 !


Et c’est à son successeur un VC-54 C (Un douglas C-54 Skymaster surnommé « Sacred Cow ») qu’échoira l’honneur de conduire à la Conférence de Yalta (février 1945) le pauvre Roosevelt déjà si malade qu’une sorte d’ascenseur sera prévu sur l’appareil pour permettre d’amener au niveau du sol le président sans qu’il doive quitter sa voiturette.



Avec l’arrivée de Harry S. Truman, remplacement en 1947, par un nouvel avion le C-118 (dérivé du Douglas DC-6) qui sera dénommé « Independance » du nom de la ville natale de ce Président. Cet avion sera le premier à recevoir l’appellation « Air Force One » suite à un incident: lors d’un vol avec Eisenhower à bord, le contrôle au sol confondit cet appareil dont l’indicatif radio était Air Force 8610 avec un autre appareil civil de Eastern airlines dont le numéro de vol était aussi 8610 et faillit leur attribuer à tous deux le même espace aérien avec les conséquences tragiques que l’on peut imaginer !  


Dégoûté de l’aventure, Dwight D. Eisenhower, veut un autre joujou, et ici Lockheed remporte le gâteau avec ses modèles VC-121 E (dérivés du Constellation). Ceux-ci seront baptisés Columbine II et Columbine III selon la volonté de Mamie Eisenhower (sa femme qui savait ce qu’elle voulait visiblement) qui voulait mettre à l’honneur la « Colombine », fleur officielle de son Etat natal (le Colorado !)


Avec le président John Fitzerald Kennedy, l’Administration casse une nouvelle fois sa tirelire, pour le faire entrer dans l’ère nouvelle de l’aviation à réaction et lui achète un Boeing VC-137 Stratoliner (dérivé du modèle 707 version long courrier). Pour ce qui est de l’apparence et de la décoration intérieure, sa moitié Jacqueline entre dans la danse et conseille le recours à un célèbre designer américain (d’origine française) d’alors , Raymond Loewy, ce qui sera fait (ce que femme veut… !) et bien fait reconnaissons-le.


Attardons nous sur cette décoration, puisqu’elle sera aussi celle des suivants. Pour le « UNITED STATES OF AMERICA » Raymond Loewy qui s’est documenté, adopte la police de caractères « Caslon » qui fut celle également employée sur la déclaration d’indépendance des USA pour désigner le nouvel Etat. Des deux tons bleus adoptés dans la livrée : l’un le bleu ardoise » symbolise la fonction présidentielle et le passé ; l’autre le cyan est à l’image du présent et du futur. Figure aussi à l’avant de l’avion près du nez le « macaron » présidentiel et à l’arrière sur la dérive verticale le drapeau.
 

Cet appareil connu aussi comme le SAM (Special Air Mission) 26000 restera en service de 1962 à 1998 (de Kennedy jusqu’à Clinton !). Mais un autre appareil lui sera adjoint à partir de décembre 1972, le SAM 27000 qui sera lui mis au service de Richard Nixon ; Gerald Ford et George H W Bush.



Sous la présidence de Ronald Reagan, l’USAF lance en 1985 un appel d’offres pour remplacer les 26000 et 27000 et c’est Boeing qui emporte le morceau avec son VC-25 (dérivé du Boeing 747 200) commandé à deux exemplaires qui deviendront les 28000 et 29000. Pour ce qui est de l’aménagement intérieur… je vous le donne en mille, c’est Nancy Reagan qui s’y colle suggérant une décoration inspirée de la côte ouest (rien d’étonnant dans la mesure où son mari avait fait carrière à Hollywood !)

Le premier VC-25A ne sera délivré qu’en 1990 sous la présidence de George H W Bush avec un peu de retard car il fallait, autant que faire se peut, le rendre inperméable aux radiations nucléaires et le barder d’un tas de systèmes de sécurité avec connexions sécurisées (qu’il s’agisse de téléphonie ou d’informatique) permettant de l’utiliser comme pc volant en cas de conflit.  Et bien sûr ils peuvent être ravitaillés en vol. Ces deux appareils, (comme la plupart des appareils VIP, que je ne présenterai pas ici) sont versés au 89th Airlift Wing à Andrews AFB dans le Maryland. 

Pour ce qui est leur remplacement, il commence d’être envisagé mais rien n’est encore joué. Il a été question de l’Airbus A380 mais EADS s’est retiré laissant seul dans la course Boeing avec son 747 800… ou son 787, mais cela c’est une autre histoire !

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