Fieseler Fi 103 Reichenberg

Si les bombes volantes V1 et V2 pouvaient frapper des villes et causer bien des dégâts ainsi que des morts civils, cela participait, dans l’esprit de certains pontes de l’Etat-Major allemand d’une sorte de guerre psychologique visant à démoraliser la population alliée … mais cela n’avait pas un grand intérêt stratégique, au sens ou par exemple, la plupart des bombes autoguidées allemandes envoyées sur Anvers tombèrent sur la ville et non sur le port que les Américains utilisaient alors intensivement comme porte d’entrée sur le continent.

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Fieseler Fi-103 que j'ai photographié à "La Coupole", Centre d'histoire et de mémoire du Nord-Pas-de-Calais, située à Helfaut-Wizernes.

Le système de guidage de ces bombes n’étant pas assez précis, l’idée vint sans doute, aux ingénieurs de Fieseler de rendre le V1 manœuvrable par un pilote à même de diriger son « appareil » et sa charge d’explosif de 900 kilos, sur son objectif. Aussi une bombe V1 (*) fut pourvue d’un cockpit placé juste en avant de l’entrée d’air du pulso-réacteur, ce qui rendait pour ainsi dire impossible, l’évacuation du pilote un peu avant la chute sur la cible. Quant aux ailes, elles présentaient un bord acéré afin de pouvoir sectionner les câbles des barrages de ballons.

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Assez vite, plusieurs versions mono ou biplaces motorisées ou non furent envisagées, et les essais débutèrent dès septembre 1944 au centre d’essais de la Luftwaffe situé sur l’aéroport de Rechlin. Largué en vol par un Heinkel He 111, le premier prototype s’écrasa et, par la suite, il en ira ainsi pour d’autres prototypes, dont un piloté par Hannah Reitsch (qui survivra à l’accident).

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Indépendamment de cette série d’accidents, il fut décidé en haut lieu de mettre en œuvre cette bombe humaine au sein de l’escadron « Leonidas » qui dépendait du KG200 mais son commandant, Werner Baumbach , opposé à l’idée du «suicide» de ses pilotes, opta finalement pour la formule du « Mistel », un avion sans pilote bourré d’explosifs, monté sur un avion porteur et largué à proximité de l’objectif.


(*) Le Messerschmitt Me 323 avait aussi été développé dans cet esprit, mais des difficultés de mise au point firent renoncer à son développement en faveur du Fieseler Fi103.
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