CAC "Boomerang"

Suite au bombardement de Pearl Harbour par les Japonais, le 7 décembre 1941, les Australiens réalisent combien ils seraient impuissants à contrer une telle attaque dirigée vers leur territoire. 

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Aussi la Royal Australian Air Force, pour renouveler ses forces vives, s’adresse-t’elle à son fournisseur habituel, l’industrie aéronautique britannique. Hélas, à cette époque, cette dernière est tout entière occupée à produire des appareils pour la Royal Air Force et ne peut donner suite à la demande des Australiens, qui n’auront pas plus de succès avec l’industrie aéronautique US.

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Il s’en suivra que l’industrie aéronautique australienne dans le chef de la CAC (Commonwealth Aircraft Corporation) décide de développer elle-même un chasseur et ce d’autant plus qu’elle disposait déjà d’une certaine expérience avec la construction (sous licence) du bombardier bimoteur Bristol Beaufort et du monomoteur CAC Wirraway (basé sur le North American NA-16).

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C’est ainsi que le nouvel appareil « Boomerang » devra (au départ) beaucoup pour sa silhouette au CAC Wirraway et pour sa motorisation au Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp (*) qui propulsait les Bristol Beaufort produits par la CAC. Lawrence Wackett, un des patrons de CAC, en confiera la conception au jeune ingénieur Fred David (**) nouvellement engagé.

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L’idée initiale est de produire un chasseur de petite taille (7,7m de long pour 11m d’envergure) ayant le plus de pièces en commun avec le Wirraway… tout cela pour aboutir finalement au plan d’un appareil bien différent beaucoup plus court au niveau du fuselage (afin de le rendre plus résistant) et de l’envergure des ailes.

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Et, le 2 février 1942, la RAAF passe commande de cent-cinq CA-12 «Boomerang» dont le prototype effectue son premier vol le 29 mai 1942. Bien que disposant d’un cockpit blindé et d’un armement impressionnant (***), l’avion au cours des essais, se révélera efficace seulement à basse altitude et autre faiblesse, sa vitesse maximum (490km/h) le rendait incapable de rivaliser avec les chasseurs nippons de type Mitsubishi Zero ou Nakajima ki 43 Oscar.

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Pour parer à ses défauts, quatre autres versions seront développées : CA-13 (95 appareils) ; CA-14/CA-14A (1 appareil) ; CA-19 (49 appareils - version reconnaissance). Toutefois, au final, la plupart des Squadrons de la RAAF qui recevront cet appareil l’emploieront avec succès dans des missions de guérilla ou de soutien des troupes au sol sur différents théâtres du Pacifique.

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L’appareil ici en photo, référencé A46-139, est une reproduction à l’identique introduisant pas mal de pièces d’origine. Il a longtemps été basé aux Etats-Unis (N32CS) avant d’être acquis par les Pays-Bas qui lui ont choisi pour nid l’aéroport d’Antwerpen-Deurne où il évolue ici ce dimanche 17 mai 2015, à l'occasion du "25e Antwerp-Stampe Fly-In" !

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En anglais "Phooey" désigne une interjection marquant le dégoût, le rejet ! Pourquoi est-elle associée à Donald surfant sur un boomerang, mystère, mystère ? …

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(*) La CAC avait obtenu la licence de construction pour ce moteur qui équipait le Grumman F4F Wildcat de la US Navy.

(**) Juif autrichien qui s’était exilé en Australie où il sera d’abord considéré avec méfiance par les services d’immigration… avant que tout ne s’arrange surtout que son parcours professionnel l’avait amené à travailler pour les firmes aéronautiques Heinkel ; Mitsubishi et Aichi. Ce qui lui faisait un Curriculum Vitae en or pour la CAC.

(***) Deux canons de 20 mm et quatres mitrailleuses 7,7 mm noyés dans le profil des ailes.
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