Transvalair

C’est au premier octobre 1973 que remonte la création de la compagnie Transvalair à l’initiative du pilote suisse valaisan Jean-Claude Rudaz. Son intention est alors d’acheminer, avec des avions d’une quarantaine de places, des touristes vers Sion et le Valais en général. Mais le destin en décidera autrement. En effet, le premier avion que Jean-Claude Rudaz a l’occasion d’acquérir est un Canadair CL-44 en version fret avec queue amovible.Cet avion racheté à la Transmeridian Air Cargo arrive à Sion le 20 mars 1974, est entièrement repeint, et son exploitation débute le 13 avril 1974 par un vol entre Londres Stansted – Lagos pour le compte de la compagnie IAS Cargo Airlines dans le cadre d’un contrat de trois ans. 

Canadair CL-44 de Transvalair en escale à Rotterdam

Les affaires prenant une bonne tournure, début 1976, Transvalair s’offre une filiale « routiers » (une vingtaine de camions pour acheminer le fret vers l’aéroport ou l’amener à destination) et une filiale technique spécialisée dans l’entretien du CL-44. Il est même envisagé de remettre (en continuant le fret) en œuvre le projet initial : développer une activité passagers avec des Fokker 27 A (de Hughes Airwest) ou ou des Convair CV580A (de Allegheny), mais cela n’aboutira pas faute d’un marché potentiel suffisant en Europe et en Suisse. A partir du 20 septembre 1977 débute un partenariat fructueux avec la compagnie aérienne argentine TAR (Transporter Aero Rioplatense). C’est aussi durant cette année là que Transvalair s’offre un deuxième CL-44. Dès novembre 1978 est initié un autre partenariat avec la compagnie sud-américaine ALAS (Atlantida Linea Sudamericana of Uruguay) pour exploiter en commun une ligne reliant Bâle à Montevideo. Alors au mieux de sa forme la Transvalair emploie 60 personnes (20 pour le personnel navigant et une quarantaine à son quartier général (Sion) et dans ses succursales de Bâle ; Paris ; Francfort ; Londres et Bujumbura.

Cependant dès 1979, Transvalair commence par subir une baisse d’activité du fait d’une série de facteurs liés autant : à la récession mondiale dans le transport aérien ; à l’augmentation du coût du pétrole ; mais aussi du fait que les compagnies passagers acquièrent au cours des années 70 des avions gros-porteurs mixtes (passagers – cargo) à fuselage large (B 747 ; DC-10 ; Airbus A 300 dont les capacités fret sont beaucoup plus élevées que celles de leusr prédécesseurs (Douglas DC-8 ; Boeing 707 ; Caravelle ; etc.). Commence alors pour Transvalair une activité de location d’avions. D’abord elle loue un de ces CL-44 à la STAC (Société de transports aériens centrafricains), le contrat débutant le 17 mai 1979 et en octobre de la même année, l’avion (le HB-IEO) est revendu à la compagnie libyenne UAA ou United African Airlines (basée à Tripoli) qui vient de racheter la STAC… et ce CL-44 est réimmatriculé 5A-DGE. Mais cette vente ne sauvera pas Transvalair de la faillite.

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Canadair CL-44 de Transvalair en escale à Rotterdam

Et c’est entre le 9 et le 10 mai 1980 que se déroulera le dernier vol (Madras-Sion via Sharjah ; Bagdad et Pise) du premier CL-44 de Transvalair, le HB-IEN qui aura accumulé au cours de sa vie au sein de cette compagnie 14562 heures de vol et effectué 3195 atterrissages. Ensuite il sera revendu à la compagnie UAA et réimmatriculé 5A-DHJ.Il n’empêche que toute au long de leurs carrière chez transvalair, les deux CL-44 totaliseront 18094 heures de vol (ce qui représente 4105 opérations)  et auront acheminé pas moins de 95000 tonnes de fret sur une distance couvrant 11 millions de km (275 fois le tour du monde). Ce qui est une belle performance et mérite un coup de chapeau au commandant de bord et PDG Jean-Claude Rudaz (cet article m’a été grandement inspiré par celui que Markus Seiler consacre ici à cette compagnie dont il fut le directeur technique)

Sur ce blog, Transvalair, c'est aussi : Les routiers du ciel

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