Deutsche Lufthansa (1926-1945)

L’histoire de cette compagnie remonte à la fin de la Première Guerre mondiale, alors même que l’Allemagne se voyant interdite de reformer une force aérienne, se tourna vers le vol à voile et le transport civil pour permettre à ses pilotes militaires de se reconvertir. Dès 1919, des services postaux sont assurés entre villes allemandes par la Deutsche Luftreederei et au cours des années suivantes une trentaine d’entreprises lui emboîtent le pas dans une activité similaire jusqu’en 1924, année où elles sont toutes fusionnées pour former d’une part Aéro Lloyd (dirigé par un consortium de banques) et Junkers Luftverkehr (sous la houlette du constructeur d’avions éponyme). Mais l’économie allemande connut par la suite une telle récession que ces deux compagnies périclitèrent et par souci d’économie l’Etat ne voulut plus donner de subventions qu’à une seule compagnie, la Deutsche Lufthansa, fondée en 1926 comme société privée dont le capital s’élevait à 25 millions de marks d’alors. Les débuts furent difficiles car cette compagnie devait maintenir des lignes déficitaires vers plusieurs villes alors que l’Etat encore le principal actionnaire, diminuait chaque année le montant des subventions trouvant les dépenses bien trop grandes en regard des recettes.Sous la dictature hitlérienne, la Deutxche Lufthansa (DLH) passa sous le contrôle du ministère de l’Air et non plus de celui des Transports et à partir de 1933 fut divisée en deux entités : la Deutsche Lufthansa (avions) ; la Deutsche  Zeppelin Reederei (dirigeables)… sans oublier les filiales dans le monde : Syndicato Condor (Brésil) ; Lloyd Aereo Boliviano (Bolivie) ; Eurasia.


Junkers Ju 52 à Haren (Bruxelles) dans l'entre-deux-guerres (#)

A partir de 1937, la DLH reprit à son compte les lignes assurées auparavant par la Nordbayerische Verkehrsflug (lignes domestiques) et par la Deruluft (compagnie germano-russe) avec des avions Junkers, Heinkel, BFW, et Messerschmitt. Elle fut la première compagnie dont les avions employèrent des moteurs Diesel plus rentables et plus sûrs à l’emploi que tous les autres de l’époque. Ses tarifs étaient inférieurs à ceux de la seconde classe du chemin de fer de l’époque, et à titre d’exemple, les Blitzstrecken (services-éclairs) reliaient Hambourg à Berlin en une demi-heure ; Cologne à Berlin en 40 minutes ; Berlin à Paris en 1h 45 ; etc. Les prix faibles conjugués à la rapidité des vols attirèrent de nombreux clients et contribuèrent à accroître les bénéfices, sans pour autant que la compagnie se repose sur ses lauriers, puisque pour un acheminement encore plus rapide des colis et du courrier, elle développa des formules combinées (train + avion, en Allemagne) et (bateau + avion, sur l’Atlantique, en coopération avec ses filiales sud-américaines). Donc à la veille de la Seconde Guerre mondiale, son réseau tant européen que international (Amérique du Sud, Extrême-Orient (Chine) via sa filiale Eurasia) est bien développé… mais la défaite des Allemands au terme de la Deuxième Guerre mondiale voit la dissolution par les alliés de la « Deutsche Lufthansa » sur ordre des alliés. Et ce n’est qu’à partir de 1950 que l’Allemagne se donnera une nouvelle compagnie la Lufthansa
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