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Paris - Orly

Si, pour la ville de Paris, l’aéroport du Bourget suffisait pour absorber tout le trafic national et international avant la Deuxième Guerre mondiale, il n’en ira plus de même à partir de 1945. Aussi « Aéroport de Paris » décida de se doter d’une deuxième plate-forme à Orly dont les premiers bâtiments datent du début des années cinquante.

Orly en 1952 survolé par un Douglas DC-4 d'Air France

Et ce sera le 24 février 1961, que sera inaugurée officiellement, l’aérogare d’Orly-Sud en présence du Général de Gaulle qui évoquera cet aéroport en ces termes : «Par contraste avec une autre époque où l’activité intérieure française semblait bloquée au-dessus d’un certain plafond, voici qu’en l’ère industrielle, notre pays s’aperçoit que toutes les limites s’éloignent, qu’il a en lui toutes les sources de la puissance et du rayonnement et qu’il peut se transformer au point d’être, une fois de plus, l’un des plus jeunes et des plus grands. Orly nous a, ce matin, confirmés dans cette certitude.» Cependant Air France n’avait pas attendu le Général pour déjà y opérer, dès 1959, un service par « Caravelle ».

Orly en construction (1960/1961). Sont parqués sur le tarmac le long de la jetée (et en allant de gauche à droite) une Caravelle d'Air France; un De Havilland  Comet 4 de Olympic Airways; un Boeing 707 de TWA; un Boeing 707 d'Air France. Les deux autres appareils sur la droite sont des Caravelle d'Air France.

L’aérogare, conçue par l’architecte Henri Vicariot, était d’une taille impressionnante. Son volume de 400 000 m3 s’étageait sur neuf niveaux. L’ossature métallique du bâtiment était de 7800 tonnes (le poids de la Tour Eiffel) et la façade en «murs-rideaux» d’acier inoxydable et de glace émaillée couvrait une surface de 10000 m2. Les matériaux de ce revêtement avaient le double avantage d’être bon marché et facile d’entretien. Par ailleurs, 2800 haut-parleurs étaient prévus pour transmettre les avis de départ ou d’arrivée aux passagers et visiteurs. De plus, cet aéroport fonctionnait déjà comme une ville autonome disposant d’une galerie commerciale (bijoutiers ; fleuristes ; libraires ; couturiers ; etc) ; d’un salon de coiffure ; d’une infirmerie ; d’un cinéma climatisé de 300 places (fermée en 1982).

Orly en construction (1960/1961)

Quant à l'habillage de l' intérieur de l’aérogare, Joseph André Motte s'en chargea et ne regarda pas à la dépense (association de matériaux modernes (formica ; aluminium ; acier inoxydable ; verre) et prestigieux (pierre ; marbre ; bois ; travertin ; comblanchien)) pour cet aéroport dont il voulait que la décoration soit à l’image de la France qui renouait alors avec la prospérité. Le résultat fut d’ailleurs si beau qu’il ne manqua pas d’inciter divers cinéastes à utiliser l’aérogare comme cadre pour l’une ou plusieurs scènes de films tels que «Rabbi Jacob» de Gérard Oury ; «Le grand blond avec une chaussure noire» de Yves Robert ; etc. 

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Et puis, Orly, c’était aussi à l’origine le belvédère des Terrasses (interdites d’accès depuis 1975) d’où les visiteurs pouvaient admirer la vallée de la Seine mais aussi, à leurs pieds, les avions sur le tarmac ou sur les pistes parallèles aux deux jetées du terminal. Ce beau point de vue contribuera, au même titre que la chanson de Gilbert Bécaud «Dimanche à Orly», à rendre cet aéroport très populaire auprès des visiteurs dont le nombre passera de trois millions en 1963 à quatre millions en 1965. 

Autre vue d'Orly, en 1967, avec sur le tarmac à gauche une caravelle de Finnair et à droite un Douglas DC-8 de TCA (Trans Canada Airlines)

Il en ira de même pour le trafic passagers qui passera lui de six millions en 1965, à neuf millions en 1969. Cette augmentation de trafic incitera « Aéroport de Paris » à créer, toujours sous la direction d’Henri Vicariot,  un nouveau terminal «Orly-Ouest» dont la construction débute en 1967 et qui à l’origine était destiné accueillir les passagers en provenance des lignes court-courrier ou intérieures.

Ici j'ai reproduit également le verso, pour montrer le beau cachet tout à la gloire de l'aéroport de Paris-Orly !

Intelligemment conçu, Orly-Ouest s’organise sur deux niveaux : l’un réservé aux arrivées (rez-de-chaussée) et l’autre aux départs (premier). Aujourd’hui Orly-Ouest a aussi une vocation internationale puisque à partir de ses quatre halls, le passager peut s’embarquer pour des vols à destination de l’Espagne ; du Portugal ; des DOM TOM (Départements d’Outre Mer Territoires d’Outre Mer) ou encore de Alger ; Djarba (dans ce cas à partir du Hall 3 entièrement occupé par Air France et par City Jet (vols pour Londres).

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Sur le tarmac, de l'avant-plan vers l'arrière-plan : Caravelle Alitalia; Caravelle Air France; Boeing 707; Caravelle Air France; Boeing 707 Air France

A gauche Orly, à droite Le Bourget

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Orly, de nos jours (photo Aigle Azur)

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