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Oostende-Brugge

Ce texte m'a été grandement inspiré de la lecture d'un article en néerlandais repris au bas de cette page.

D’Oostende-Stene (1920-1939)… 

Au début des années 1920, l’aéronautique militaire belge et la direction de l’aviation civile belge (qui dépend encore alors du ministère de la Défense) prennent leurs quartiers, à proximité d’Oostende, sur un pré (1) à Stene : la première avec l’intention d’y tester ses appareils ; la deuxième (2) avec celle développer un aéroport civil à partir de ce pré d’une superficie de 550m sur 480m. Pour faciliter la localisation à partir du ciel, étaient écrites à la chaux au sud du terrain les lettres du nom OOSTENDE. Et en fait d’infrastrutures, il n'y avait qu'une petite aérogare et deux hangars chacun d’une longueur de 66 m et d’une hauteur de 4,70m .


Stene-Oostende, vue d'artiste, en couverture du livre "Het Vliegveld te Stene-Oostende" de Walter Major 

Pour cet embryon d’aéroport, la SABENA sera l’une des premières clientes civiles, puisque le jour même de sa création, le 23 mai 1923, elle met en ligne un biplan monomoteur De Havilland DH-9, sur un vol postal entre Bruxelles et Lymphe (G-B) avec escale à « Oostende Stene ». Quatre ans plus tard, en 1927, elle repassera les plats en inaugurant une liaison régulière Bruxelles Londres en faisant également étape à Oostende-Stene. Parallèlement à ces premières activités et au fil des années, « Oostende-Stene » se dote de systèmes de navigation (équipements radio ; de radiogoniométrie ; etc)… si bien que, bientôt le terrain sera agréé aussi bien pour les vols de jour que de nuit. Ce qui est bien utile dans la mesure où Oostende-Stene sert alors essentiellement d’escale technique ou de repos pour les avions et leurs équipages franchissant la Manche. Toutefois jamais n’aura été entreprise la construction d’une piste en dur ou d’un tarmac, et cela peut se comprendre comme nous allons le voir à présent.

… à Oostende-Brugge (1947 -…)

En effet, en 1936, la direction constate que son champ d’aviation est désormais d’une superficie trop petite que pour pouvoir s’accommoder de l’expansion rapide du trafic aérien ou encore des nouveaux modèles d’avions civils toujours plus gros et plus lourds. Et commence alors la quête d’un nouveau terrain qui sera trouvé sur la commune de Middelkerke. La situation de ce bout de plaine situé en arrière d’une zone dunaire et également proche de la mer est alors idéale même si alors le problème des nuisances sonores ne se pose pas encore avec la même acuité qu’aujourd’hui… L’enquête publique et les procédures d’expropriation débutent en 1939 tout comme la guerre… (!) qui verra la défaite de notre pays.


De gauche à droite : un Vickers Viking de Channel Airways; un Vickers Viking de Air Ferry et un Douglas DC-3 de Starways.

Aussi, c’est par l’occupant allemand (3) que les travaux seront entrepris pour faire de ce terrain une base pour plusieurs jagdgeschwaders (4) engagés dans la Bataille d’Angleterre. Ainsi une piste de béton de 601m de long pour 101m de large est construite par des travailleurs du S.T.O. (5). L’Etat-major de la Luftwaffe locale prend alors ses quartiers dans une ancienne ferme (6) bientôt bordée sur sa gauche et sur sa droite par deux nouveaux hangars. Plus tard au cours de la guerre, tout ce travail sera réduit à néant suite à un bombardement de la Royal Air Force. Les dégâts occasionnés seront tels que les Allemands feront de ce terrain un élément stratégique de leur « mur de l’Atlantique » en y installant des mines et des dispositifs de pieux anti-blindés.


De gauche à droite : Bristol 170 Mk 32 de Channel Air Bridge;  Douglas DC-4 de BUA (British United Airways)

Un peu après la libération, un rapport d’août 1947, commandé par le ministère des communications, confirme ce qui précède : à savoir que la plupart des infrastructures de l’aéroport sont inutilisables tout comme la piste, alors en piteux état, défoncée par des cratères de bombes dont certains ont un diamètre de 10 m. Toutefois, après le déminage de la zone, la renaissance débute pour l’aéroport d’Oostende-Middelkerke. Une partie des bâtiments en ruine seront abattus et d’autres bâtiments construits ou restaurés. Puis l’aéroport d’Ostende sera équipé, avec le concours de la Régie des Voies Aériennes (7), d’un système moderne de navigation et d’une nouvelle piste en béton d’une longueur de 1645m ainsi que d’une piste auxiliaire en gazon de 950 m de long.


En haut à droite, Bristol 170 Mk32 de Channel Air Bridge

Et le 15 juin 1947, la SABENA ouvre une ligne régulière (durant l’été) Le Zoute – Ostende – Lymphe (G-B) assurée par un Douglas DC-3. C’est le début d’un développement qui verra se hisser l’aéroport d’Ostende au niveau de plate-forme internationale dix ans plus tard, le 4 juin 1957, avec l’arrivée d’une compagnie aérienne privée britannique « Air Charter Ltd »… suivie par d’autres au point qu’entre 1960 et 1964, le nombre de passagers passe de 213.362 à 486.000. 


En bas à gauche : Douglas "Carvair" de BUA British United Airways

Cet essor conduira, toujours grâce à la Régie des Voies Aériennes, à la construction d’une toute nouvelle aérogare, dont coût un demi milliard de francs belges, qui commencée en 1963 sera inaugurée le 4 avril 1968, en présence du roi Baudouin et d’Alfred Bertrand, ministre des Communications d’alors. 


Vickers Viscount de Channel Airways

Ce tout nouvel aéroport conçu pour accueillir jusqu’à deux millions de passagers comptait six étages offrant assez de place pour accueillir des locaux consacrés : aux services technique ; à la tour de contrôle ; à la gestion du fret ; à l’accueil des passagers. Par ailleurs un tarmac d’une superficie de 625m x 225m est également construit. Enfin, entre août 1975 et juillet 1976, des travaux sont entrepris qui portent la longueur de la piste à 3200 m, avec la bénédiction du ministre des Communications Jos Chabert.


En haut Boeing 707 SABENA survolant l'aérogare (c'est un montage !); en bas à gauche Douglas Carvair BAF (British Air Ferries) et Vickers Viscount Channel Airways; en bas à droite Douglas Carvair de BAF et Handley Page Herald de BUA à l'arrière-plan.

A nouveau cadre, nouvelles compagnies aériennes telles que la compagnie aérienne charter belge « POMAIR » (8)… ou encore au cours de l’année 1975 : « Laker Airways » qui y envoie un de ses Douglas DC-10 ; « Court Line » qui y fait atterrir un de ses Lockheed L-1011 Tristar ; « TEA » (Trans European Airways) autre compagnie charter belge avec un Airbus A300B dans le cadre d’un vol Bruxelles-Oostende. Et le 9 juillet 1976, à l’occasion de la présentation de la nouvelle brochure et de l’ouverture de la piste rallongée, c’est la compagnie américaine « Overseas National Airways » qui inaugure une liaison directe Oostende – New York. 


De gauche à droite, Handley Page Herald BUA (British United Airways) et Douglas "Carvair" BAF (British Air Ferries)

Par ailleurs, moins de trois mois après son ouverture, le centre cargo de l’aéroport traite un million de kilos de fret par mois, amené là par des compagnies aussi diverses que EFS Bahamas ; African Air Charter ; Centre Air Afrique… et redirigé vers Lagos ; Kinshasa ; Kano ; Libreville ; Singapore ; Dubai ; Hong Kong, Abu Dhabi faisant d’Oostende une plaque tournante au niveau de l’acheminement du fret partout dans le monde.

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Pour ce qu'il en est d'aujourd'hui, l’aéroport d’Oostende-Brugge connaît une activité moindre au niveau du fret, mais offre toujours des vols charters à destination principalement de la Méditerranée (Espagne et ses îles ; Grèce et ses îles ; Turquie) assurés par des compagnies aériennes telles que Jetairfly ;Thomas Cook ; Freebird Airlines…
 
(1) Ce terrain proche d’Ostende avait déjà servi comme base pour avions militaires durant la Première Guerre mondiale.
(2) Cependant il lui fallut d’abord s’affranchir de sa tutelle militaire et obtenir sa propre administration dépendante du ministère des transports. Ce qui sera chose faite en 1925 avec la création de l’administration de l’Aviation civile.
(3) qui se chargera aussi du déménagement des installations de Stene vers Raversijde.
(4) En français, « escadrilles de chasse ». Celles-ci dépendaient de 2e Luftflotte (de la Luftwaffe) dont le commandement général était à Bruxelles.
(5) Service du Travail Obligatoire
(6) qui servira de bâtiment administratif à l’aéroport jusqu’au 4 avril 1968
(7) Fondée le 20 novembre 1946, la RVA avait dans ses attributions principales: la construction, l’entretien et l’exploitation des aéroports et champs d’aviation ainsi que le contrôle de l’espace aérien belge… qu’elle continua d’assurer en collaboration avec Eurocontrol. Aujourd’hui, la RVA est devenue « Belgocontrol ».
(8) Hélas POMAIR tombera en faillite en 1974.

Luchthaven OOSTENDE
VAN WEIDE TOT "GATEWAY VAN EUROPA"





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