La representation du corps dans l'art

voir aussi "la sortie au Louvre" en pièce jointe.

et revisiter La sortie au louvre

Le portrait

La représentation du corps humain est absolument essentielle dans l’art et en particulier dans la culture occidentale.

l’Artiste s’est retrouvé confronté à la même difficulté pour se représenter que pour représenter le réel (se référer au cours sur la perspective.). Pour représenter de façon réaliste le corps par une image ou un volume les artistes vont, au fil du temps, acquérir une maîtrise technique qui va de pair avec une connaissance de l’anatomie humaine. L'image, que l'homme a de lui même, a évolué. Les corps sont représentés de diverses façons tout au long de l'Histoire de l'Art, en fonction de chaque époque.

En se représentant, l’homme affirme sa place dans le monde, et rivalise, en tant que créateur, avec la nature qui l’entoure. Dans les sociétés les plus anciennes, le corps humain représenté était surnaturel, incarnait des dieux et des esprits dans la forme humaine.

Depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, le corps humain, nu ou vêtu a donc été un des thèmes le plus traité dans l'art occidental et sa représentation reste le champ de prédilection de nombreux artistes contemporains.

Réel ou représenté, immobile ou en mouvement, le corps s’inscrit dans l’espace, par rapport à un contexte, à un décor, à un environnement, il peut être pensé en relation avec :

d’autres corps, des objets,le paysage, l’architecture...

Se pose alors la question de l’échelle mais aussi de la relation que l'homme entretient avec l'univers.


1 la préhistoire, l'origine de l'homme.

(se référer au cours sur les origines de l'art.)


On peut se demander, au vu de l'immense bestiaire représenté par les peintures rupestres de la préhistoire, pourquoi si peux de représentations humaines de cette époque ont été recensées?

Pourquoi les rares connues à ce jour sont si « maladroitement » réalisées par rapport aux véritables chefs d'œuvres que sont les peintures d'animaux?

Les premières images de la figure humaine apparaissent avec les grandes manifestations artistiques du paléolithique. Mais autant dans l'art pariétal la figuration humaine est frappante de misérabilisme et de maladresse; elle jure dans un art naturaliste où les auteurs ont dessiné avec un profond réalisme les animaux qu'ils voyaient tous les jours.

Comment expliquer ce contraste entre figuration animalière et humaine?

Pourquoi une telle maîtrise pour représenter le mouvement et la vie avec les animaux?

Pourquoi au contraire des attitudes si figées ou caricaturales pour les hommes?

Il nous est difficile de comprendre le rituel magico-symbolique du chamanisme (scènes de chasse et culte de la fécondité) qui semble être à l'origine de ces représentations.

Y a-t-il un refus de livrer aux forces magiques la personne humaine au travers de sa représentation?

Mais, au-delà de ce mystère, n'est-ce pas un premier signe où l'artiste exprime déjà la volonté de s'imposer aux forces de la nature encore si mystérieuse pour l'humanité?


Les Vénus : symboles de fécondité ?




La fonction exacte de ces statuettes représentant vraisemblablement la femme n’est pas connue.

Quelques unes présentent un trou de suspension au niveau de l’extrémité des membres inférieurs et ont été employées comme objets de parure. D’autres ont été trouvées dans un contexte archéologique évocateur de rituels.

Ces deux hypothèses, objets de parure ou de culte ne sont d’ailleurs pas exclusives.

Un certain nombre de caractères généraux peut cependant être dégagé :

La partie centrale du corps : seins, ventre, fesses, cuisses et sexe est toujours sur-représentée.

Les mains, les pieds, les membres supérieurs et, à un moindre degré, les jambes sont négligés.

Les traits du visage ne sont pas représentés sauf deux exceptions


Une petite fille très curieuse:

La Vénus de Brassempouy


La Dame de Brassempouy ou Dame à la Capuche est un fragment de statuette en ivoire de Mammouth.

Datant du Paléolithique supérieur, elle constitue l’une des plus anciennes représentations de visage humain.

Elle est haute de 3,65 cm, longue de 2,2 cm et large de 1,9 cm. Le visage est triangulaire et équilibré. Si le front, le nez et les sourcils sont figurés en relief, la bouche est absente. Une fissure verticale sur le côté droit du visage est liée à la structure de l’ivoire. Sur la tête, un quadrillage formé d’incisions perpendiculaires a été interprété comme une perruque, une capuche ou plus simplement une figuration de la chevelure (tresses). Si la représentation est réaliste, les proportions du crâne ne correspondent toutefois à aucun type humain, actuel ou disparu.

D'autres figures par exemple:

homme blessé?   

                                   Chaman, Sorcier?

 Tribu? (Tassili, massif montagneux situé au sud-est de l'Algérie)



2 La Mésopotamie et Les Cyclades


(en lien avec le cours sur l'origine de l'écriture.)

DES FORMES STYLISÉES DE LA FIGURE HUMAINE:

La Mésopotamie est un terme qui vient du grec et qui signifie : "entre les fleuves". Ces fleuves sont le Tigre et l'Euphrate. Actuellement, la plus grande partie de la Mésopotamie se trouve en Irak. La religion y joua un rôle essentiel: tout événement était considéré comme un message divin, tout geste humain revêtait une fonction sacrée.

L'évolution de la qualité et de la décoration de la céramique permet de distinguer plusieurs types de cultures selon les régions et les époques. A celles de Hassouna et de Samarra (VIe millénaire) succédèrent, en haute Mésopotamie, la culture de Halaf (milieu du VIe millénaire). Avec l'édification de sanctuaires en briques crues naquit une architecture véritable, dont la ziggourat, pyramide à étages, fut la caractéristique. Inventée par les Sumériens, l'écriture - d'abord pictographique, puis cunéiforme - apparut au IVe millénaire.

De nouveaux symboles de fécondité

Cette figurine féminine, caractéristique de la culture de Halaf, est représentée nue, assise, les bras repliés autour des seins, dans une position évocatrice de l'enfantement. Des lignes de peinture brune barrent le corps. Tandis que la tête est à peine ébauchée, que les mains et les pieds sont absents, les attributs de la féminité, que sont les hanches et les seins, apparaissent en revanche fortement marqués. La mise en avant de ces caractères évoque clairement la représentation d'un principe de fécondité sous les traits de la figure féminine de la "déesse-mère". Garante du renouvellement régulier de la vie.

Modelée dans l'argile et peinte, cette figurine féminine aux formes accentuées est caractéristique de la culture néolithique de Halaf.


Les Cyclades sont composées de 56 îles de tailles variables situées coeur de la mer Egée. Seules 30 d'entre elles sont habitées. A quelques exceptions près, dont celle de Naxos, ces îles sont arides.
Les îles de Kéros, Milos, Naxos, Syros, Paros et Antiparos révéleront cependant un important patrimoine archéologique recelant de nombreux vestiges de la civilisation cycladique.


La céramique commence à produire de véritables œuvres d'art. Les habitants des Cyclades commencent à utiliser le marbre comme matière première; les connaissances acquises dans le travail de la pierre furent à l'origine d'œuvres sculptées qui comptent parmi les plus grandes réussites de la création humaine.
Le mobilier funéraire se composait de figurines en marbre de formes et de tailles diverses.

Le type commun, dit de Spédos, représente une forme féminine. Les bras sont croisés sous les seins figurés par deux petites protubérances. Le sexe est représenté par des incisions. La tête ovale, de grande dimension avec le front légèrement incliné vers l'arrière, ne laisse apparaître que la forme du nez. Les statuettes sont représentées sur la pointe des pieds. Elles ne disposent d'aucun socle pour les tenir debout.
Elles sont sur la pointe des pieds et donnent l'impression qu'elles se lèvent. Il existe également d'autres types de statuettes, plus rares, représentant notamment un personnage assis, souvent de sexe masculin et qui joue de la harpe ou qui tient un gobelet dans sa main levée.



3 L'Egypte Ancienne


(en lien avec le cours sur l'origine de l'écriture.)


Religion et Croyance

L'époque de l'égypte antique a été une ère importante de la religion et des croyances. Les égyptiens croyaient que tous les évènements étaient sous le contrôle des Dieux, alors on offrait aux Dieux des présents pour que ceux-ci leur apportent le bonheur après leur mort. Ils croyaient en l'esprit de la momie qui, lors du décès prenait plusieurs formes, dont le Ba. Un esprit sous forme d'oiseau avec une tête humaine quittait le corps et une fois de retour apportait la vie éternelle. Ils recouvraient les sarcophages d'images des Dieux pour aider le défunt dans l'au-delà. Les égyptiens sont polythéistes, ils croient en plusieurs Dieux et les représentent sous forme humaine ou animale. Chacun des Dieux est associé à des croyances bien précises.


Les figures figées de l’art égyptien, se destinaient, avant tout, à être immédiatement compréhensibles pour le spectateur, et à conserver, sur terre, l’image d’un défunt. Ce sont alors plus des membres de la famille royale, des dignitaires ou des pharaons.

Mais sous l'apparence humaine ou sous l’effigie de dieux humanisés, la représentation de la figure évolue, s'hybride, devient polymorphe. La fascination de l'homme pour l'animal refait surface.

_ » Aurait-t-il du mal à quitter son animalité? Celle là même dont il tenait tant à se distinguer. »

L'Animal à nouveau adoré, est un lien entre les dieux et les hommes. Le mélange («hybride » ) de l'un et de l'autre inaugure alors une longue tradition qui perdurera dans la représentation des dieux, êtres fantastiques ou autres liés au monde des esprits et du surnaturel.

On voit divinisé toute sorte de représentation ou le corps humain apparaît:


hommes ailés à tête de chat, femmes à tête d'oiseau ou lion à tête d'homme...

Et ce jusque dans l'écriture figurative des hiéroglyphes, jusque dans la forme des temples et les peintures, jusque dans les objets de culte et les ornements.

Le Scribe accroupi

Représenté en activité, ce qui n'est pas courant dans la statuaire égyptienne. Si aucun roi n'a été représenté dans cette attitude, il semble qu'à l'origine elle ait été créée pour des membres de la famille royale, fils ou petit-fils de roi.

Assis en tailleur, la jambe droite croisée devant la gauche. Son pagne, blanc, tendu sur les genoux lui sert de support. De sa main gauche, il tient un papyrus partiellement déroulé. La main droite devait tenir son pinceau, aujourd'hui disparu. Ce qui frappe le plus, c'est le traitement du visage et plus particulièrement le travail soigné de l'incrustation des yeux : ils sont composés d'un bloc de magnésite blanc veiné de rouge dans lequel est enchâssé un élément de cristal de roche, dont la partie avant est soigneusement polie. La face postérieure est couverte d'une couche de matière organique, donnant sa couleur à l'iris et servant probablement d'adhésif. L'ensemble de l'œil est serti dans l'orbite par deux larges griffes de cuivre soudées à l'arrière. Un trait de peinture noire dessine les sourcils. Les mains, les doigts et les ongles sont sculptés avec une délicatesse remarquable. La poitrine est hypertrophiée et les mamelons sont notés au moyen de deux chevilles de bois. La statue a fait l'objet d'un nettoyage en 1998. Cette restauration a mis en valeur la polychromie antique très bien conservée.

Autres Figures par exemple:


Premières grandes statues de l’art égyptien (1,69 m de haut) et comptent parmi les plus grandes effigies de personnages non royaux de toute l’histoire de l’art pharaonique.
En effet, seul le pharaon bénéficiait du privilège de se faire statufier grandeur nature ou encore plus grand que nature ; les « colosses » étaient donc réservés au seul monarque. Pour jouir du privilège de statues aussi grandes, Sépa et son épouse devaient figurer parmi les personnes les plus importantes du royaume égyptien.




4 L'Antiquité Gréco-romaine

(PRAXITELE voir pièces jointes)


LE CANON ESTHÉTIQUE DE L’ÉPOQUE GRECO-ROMAINE: L’IDÉAL DE BEAUTÉ.

C’est en Grèce en effet qu’a lieu la première “révolution” fondamentale dans la représentation de la figure humaine. Au lieu de se contenter de conventions formelles établies, l’artiste grec se sert de ses propres yeux. Il cherche à rendre compte du corps de l’homme tel qu’il le voit, dans la réalité. Il veut montrer ses muscles, sa structure osseuse, l’articulation de ses membres. Et en même temps, il garde toujours le souci d’une certaine idéalisation.

Bien que très éclaté, le monde grec, organisé en colonies puis en cités qui se développent tout autour du bassin méditerranéen, est uni par une seule et même koine (langage artistique), que l’on retrouve décliné à travers les siècles et les régions.

(On distingue quatre grandes phases de l’art grec : les périodes géométrique, archaïque, classique et hellénistique.)



  • La période géométrique: introduit deux des valeurs fondamentales de l’art grec : la symétrie et l’harmonie des proportions.

Le style géométrique se caractérise par des éléments géométriques fait de lignes, de carrés, de croix, qui se superposent avec la représentation stylisée de personnages et d'animaux. Ce style correspond à la phase archaïque de la céramique grecque.








  • La période archaïque: se constituent les formes privilégiées de l’art qui vont structurer durablement l’ensemble de la production grecque. C’est à cette époque que la représentation de la figure humaine se codifie. Contraints par des règles strictes qui déterminent l’iconographie et la fonction des œuvres, les artisans font preuve d’une ingéniosité extraordinaire qui renouvelle sans cesse les formes et améliore les techniques. Conscients de leur acte créateur, ils sont d’ailleurs nombreux à signer leur production et bénéficient, au sein de la société, d’une position très respectable


Frontalité, forte symétrie, rigidité inspirée de la pose rituelle des sculptures égyptiennes ;

Articulation entre le haut et le bas du corps : la ligne des épaules est parallèle à celle du bassin ; la cuisse gauche est en avant ; le poids du corps est également réparti sur les deux jambes : pas de déhanchement

Rendu anatomique schématique, notation des muscles pectoraux et abdominaux, forte cambrure des reins ; arc graphique de la courbe de la cage thoracique.



  • La période classique: un développement extraordinaire de la

    production artistique. La recherche d’une harmonie parfaite se traduit notamment par la mise en place du canon qui règle les proportions idéales du corps humain (en adéquation avec les sujets représentés : dieux, héros et athlètes).

D’autre part, le goût pour l’illusion et la mise en concurrence de la représentation et de la réalité se lit dans la pratique très poussée de l’imitation (mimesis).


Les bases du débat entre idéalisme et réalisme sont ainsi posées, tandis que le style de la sculpture évolue vers de plus en plus de maniérisme (virtuosité technique du marbre au service d’une sensualité inédite des corps).



  • La période hellénistique: développe un art particulièrement expressif : goût pour le mouvement ; attention portée au rendu de l’émotion ; mode du drapé mouillé; faste et décoration des palais via la peinture et la mosaïque; culte des dirigeants à travers l’art du portrait.

La vénus de MILO 130-100 av. J.-


La statue représente une femme plus grande que nature (hauteur sans la plinthe : 2,04 mètres), debout, en appui sur la jambe droite et la jambe gauche légèrement fléchie, le pied (disparu) dépassant de la plinthe. Le haut du corps est dénudé ; le bas est revêtu d'un himation roulé autour des hanches. Les cheveux sont relevés en un chignon maintenu par un bandeau, dont s'échappent trois mèches tombant sur la nuque.




Dans l’art romain, l’artiste va non seulement chercher la vraisemblance, mais encore la ressemblance, par exemple dans les portraits d’empereurs.

La représentation du corps est réaliste et naturaliste, elle répond à des idéaux de beauté...