Duane HANSON

Qui est Duane Hanson.

C’est un artiste américain, né en 1925 dans le Minnesota et mort en 1996.

Après des études d'art à Seattle, le grand port nord-ouest des États-Unis, Duane Hanson fait son apprentissage dans le voisinage de l'Alaska, loin de l'effervescence new-yorkaise. A l'écart des modes, après de longs tâtonnements, c'est au moment où le déferlement du Pop Art se heurte à la banquise d'une abstraction minimal que Duane Hanson, la quarantaine bien tassée, donne une forme à une figuration tout aussi glaciale qu'efficace, qui le hisse d'emblée au sommet de l'hyperréalisme. Au côté du photo-réalisme des peintures aseptisées, ses " sculptures " grandeur nature font sensation comme autant de clones surgis du cauchemar réaliste qui hante le rêve américain. Jamais art du constat n'a fait preuve d'une telle maîtrise technique et d'un tel raffinement dans le moindre détail. L'illusion a pris soin de gommer toute trace artistique subjective pour s'apparenter, sans état d'âme, à la perfection d'un rapport d'autopsie. Clochards, brocanteurs occasionnels, ménagères et autres morceaux d'humanité, représentants ce que la classe moyenne produit de plus ordinaire.

Dans les années 60, il s’investit contre la guerre du Vietnam, il proteste contre les agressions racistes et les violences urbaines. Il dénonce la politique de Ronald Reagan. Il conçoit des installations à grande échelle en lien avec la contestation sociale de l’époque. Quelques années plus tard, et jusqu’à sa mort, il va consacrer son temps à témoigner sur la société de son temps, société de consommation, de culture de masse et de fausses promesses.

Il est considéré de nos jours comme une figure majeure de l’hyperréalisme américain.Est-ce un sculpteur ? Il est classé comme tel, mais il réalise en fait des moulages sur des personnes vivantes.
Est-ce un peintre ? Il maîtrise à la perfection la couleur. Il n’a pas son pareil pour reproduire la texture et le grain de la peau des êtres humains, particulièrement ceux des visages ou des mains.
Il s’agit de personnages grandeur nature, assis ou debout, entourés d’objets quotidiens, abandonnés sur le sol. Lorsqu’on les croise, dans la première salle, on pense d’abord qu’il s’agit de visiteurs et si on les heurte, on murmure spontanément « excusez-moi, pardon » .... Avant de se rendre compte de la bévue. Ils sont l’objet de notre présence. Vous pouvez, à votre tour prendre place sur une des chaises offertes aux visiteurs. Installez-vous et regardez.

La plupart des personnages sont représentés à l’arrêt. A l’immobilité de la sculpture s’ajoute l’immobilité des individus, saisis dans un instant de pause, de repos. La pause, c’est peut-être ce qui est capital dans les sculptures de Hanson. Elle traduit une lassitude d’hommes et de femmes aux épaules lourdes, tombantes, au regard abattu. Ils sont au bord du rêve américain, au bord d’eux-mêmes. Ils n’ont rien à faire, rien à dire, rien à penser. Ils sont vulnérables. Au mieux, ils affichent une résistance passive, au pire une résignation. Ils sont sur le point de choir. Le vouloir vivre les a abandonnés et ils n’attendent rien de l’avenir.


C’est dans les années 1960 qu’il est remarqué comme un des représentants les plus doués de l’art sculptural américain dans l'hyperréalisme. Réfractaire à l’idée d’infliger une interprétation subjective à ses œuvres, il se met à créer dans un atelier de Floride des personnages humains grandeur nature, sculptures à taille humaine, en effectuant des moulages directement sur ses modèles vivants (« lifecasting »).

Les personnages produisent un effet d’un réalisme saisissant. Pour parvenir à ce résultat, l’artiste a réalisé des moules sur des modèles en chair et en os, qu’il a remplis de matière synthétique. Certaines de ses sculptures sont également moulées en bronze. Au final, Duane Hanson a recouvert ses œuvres de peinture à l’huile et les a sprayées à l’acrylique, leur a patiemment cousu des cheveux. Il a peint des hématomes et modelé les inégalités de leur épiderme, comme il a soigneusement choisi leurs vêtements et accessoires.

Il privilégie la fibre de verre et la résine, ce qui lui offre la possibilité de reproduire les moindres finesses du corps humain, donnant ainsi vie à ses modèles avec une crédibilité toute nouvelle. Habillant et coiffant ses sujets avec un respect permanent de justesse fidèle à la globalité de la personne représentée, Hanson réussit à parfaire l’illusion de réalité quand il représente ses scènes hyperréalistes de la vie quotidienne américaine, véritable miroir de l’American way of life.

Le propos de Duane Hanson:

Le rêve américain comme synonyme de bonheur enfin acquis vu par son regard sans concession, teinté d’ironie et aussi de tendresse.

Les yeux baissés masquent une intériorité aussi vide que l’extériorité est massive. Ils sont souvent très corpulents, pour ne pas dire obèses. Autour d’eux traînent des boites de pizzas (marque Domino) des canettes de Coca-Cola... des sacs en plastique témoins d’une propagande commerciale de tous les instants. Ils sont victimes de l’american way of life, de ses excès et de ses manques, de l’abondance conjuguée à la misère.

Hanson se veut le sculpteur des situations moyennes, des classes à peine moyennes. Mais il les regarde avec une sympathie nostalgique : les gros bedonnants, les bébés encore innocents et les vieux déjà lézardés par le temps, car dit-il « chaque âge a sa beauté ».

Lucide, critique, humaniste, respectueux de la vie, aucun sujet épineux n’échappe à son esprit créatif et révolté. La palette de son inspiration couvre quasiment tous les sujets qui dérangent :

des multiples facettes du racisme, en passant par la pauvreté, la dépendance et la maltraitance.

Son but : transporter des scènes de la vie quotidienne banale ou provocante au musée pour les y immortaliser.

Une de ses œuvres majeures montre un policier blanc tabassant un Afro-Américain après l’assassinat de Martin Luther King.

Il aborde les thèmes dérangeants de son époque tels que la guerre du Vietnam, les femmes battues et les sans domicile fixe.

Son art représente une critique permanente de la société-type américaine (l’American way of life).

Ses œuvres sont un reflet critique(sorte de caricature) de la société où la médiocrité, la violence et aussi le ridicule l'emportent le plus souvent.

Il traite ses « sujets » avec tact, compassion et sympathie en mettant en évidence leur fragilité, leur résignation et, souvent, leur désespoir.

Malgré l’image peu flatteuse que ses œuvres renvoient de la classe moyenne américaine, elles sont accueillies favorablement par les amateurs d’art.

On le rapproche du courant du photoréalisme et du Pop Art.

(voir Pop-Art)

Au cours des années 1970, Duane Hanson déplace son attention, délaissant les thèmes politiques en faveur de la représentation de la vie quotidienne aux Etats-Unis, de l’ouvrier de chantier à l’employé de bureau en passant par la brocanteuse aux formes opulentes ( Il révèle à cet égard une grande empathie envers ses figures) la ménagère au caddy, les boxeurs, les cowboys, les victimes d'accidents, les clochards et les touristes.

Connu en Europe dès 1972, Duane Hanson s'est imposé comme le chef de file de l'hyperréalisme.

"Mon travail traite de gens qui vivent dans un désespoir silencieux. Je donne à voir le désarroi, la lassitude, le vieillissement et la frustration".

Duane Hanson


Supermarket Lady

Duane Hanson

1969

Disparu en 1996, Duane Hanson est moins connu que ses œuvres qui comptent parmi les plus populaires de l'art contemporain. " Supermarket Lady ", une ménagère épaisse, qui pousse son caddie bourré de victuailles avec ses bigoudis sur la tête, passe aujourd'hui pour la « Mona Lisa de l'américan way of life » ! Millésimée 1969, cette œuvre inaugure une longue série d'êtres génériques plus vrais que nature concoctés par l'habileté démoniaque d'un artiste hors norme, fier de " ne rien savoir de l'art "


 Autres œuvres :

Résine de polyester et fibre de verre polychromées à l'huile, technique mixte et accessoires


Duane Hanson

« Self-Portrait with Model »

1979 


Duane Hanson

« Queenie II »

1988


Duane Hanson
"Policeman and Rioter"
1967