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Historique

1943 : Premier essai d’implantation d’une salle d’armes à Sion

L’histoire de la Société d’Escrime de Sion est intimement liée à celle de Monsieur Michel Evéquoz. Celui-ci fait ses premières armes dans le domaine de l’escrime avec une dizaine d’amis en 1943 à l’Hôtel de la Planta (actuel emplacement de l’office des contributions, derrière l’immeuble de la rue de Lausanne 8) avec un Maître d’armes prétendant avoir été champion universitaire mais qui "enseignait passablement faux". Cet homme s’est débrouillé pour procurer aux nouveaux adeptes de ce sport un équipement sommaire : de vieux fleurets ainsi que des masques d’escrime. Monsieur Evéquoz y reste cinq ou six mois, jusqu’à l’obtention de sa maturité gymnasiale, époque où il quitte le club de manière à pouvoir effectuer son école de recrues. Entre temps, le club d’escrime de Sion a cessé son activité. Le Maître d’armes jugeant que son travail mérite salaire, il décide de faire payer une cotisation à ses membres ce qui vaut leur départ définitif. Une fois son service militaire achevé, Monsieur Evéquoz s’inscrit en droit à l’université de Fribourg où se trouve une salle d’armes. Soucieux de continuer l’escrime, il s’y inscrit. C’est à ce moment là qu’il se rend compte que son premier Maître d’armes ne lui a rien enseigné de valable.

Naissance du Club

Entre temps, un deuxième club d’escrime est crée à la salle de gymnastique de l’école des filles (actuel Lycée Collège de la Planta) sur les ordres du Cmdt Wyss qui pense que les « Valaisans ont un caractère bien fait pour la pratique de l’escrime ». Ce cercle militaire est principalement destiné aux officiers militaires de la ville mais reste néanmoins ouvert à tout le monde. Monsieur Evéquoz s’y inscrit et est formé par le Maître d’armes Francis Duret, personnage vivant en partie de sa solde et de la peinture. A l’époque, le club est principalement composé de collégiens et d’officiers de l’armée qui viennent s’entraîner une fois par semaine. Avec la fin de la guerre et la suppression de l’institution des maîtres d’armes militaires en 1944, Monsieur Duret se trouve sans ressources car sans solde. C’est à ce moment-là qu’il demande à Monsieur Evéquoz de s’occuper du club, charge que celui-ci accepte.

La Fondation du Club

Monsieur Michel Evéquoz fonde le club au mois d’octobre 1945. La réunion a lieu le 15 du mois à 19h45 au carnotzet de la Planta en présence de Mme Liselotte Bollier, Mme Agnès de Kalbermatten, Mme Elsig Thérèse, M. Evéquoz Michel, Mme Lanzinger Mady, Mme de Kalbermatten Françoise, Mme Kaspar Klairy, Mme Kuntschen Geneviève, M. Pitteloud Raphaël, Mme de Preux Irène, M. Perraudin André, Mme Perraudin, et M. de Rivaz Michel. La tâche de rédiger les statuts est attribuée aux MM. de Rivaz Michel et Evéquoz Michel.

 
M. Evéquoz est nommé président de la Société d’Escrime de Sion, secondé par M. Raphaël Pitteloud (vice-président) et Mme Lanzinger Hady (caissière). Au comité entrent également Mme Elsig Thérèse, Mme Bollier Liselotte, Mme de Preux Irène, Mme Kuntschen Geneviève, Mme de Kalbermatten Françoise et Mme Klairy Kaspar.
Les leçons sont prodiguées par maître Duret une fois par semaine.


En 1947, des changements ont lieu au sein du comité, Mme Bollier succéde à M. Pitteloud Raphaël à la vice-présidence et M. de Courten Alexis accepte la charge de caissier. Suite à la séance du 10 juin 1947, il est décidé de modifier l’article 11 des statuts de manière à convoquer l’assemblée générale deux fois par an, soit en juin et en novembre ainsi que de modifier l’article 19 au sujet d’une possibilité d’exonération de cotisation durant l’été en cas de vacances. Les statuts du club présentés en annexe sont postérieurs à la fondation du club. Désuets de nos jours, ils représentent néanmoins bien les règles qui régissent la Société d’Escrime de l’époque.

Structure de la Société d’Escrime de Sion

La société est ouverte aux personnes des deux sexes. Les demandes d’entrée au sein de la société d’escrime doivent être adressées par écrit au comité et parrainées par deux membres actifs de la société. Les membres de la société se divisent en trois groupes : les membres d’honneur, les membres actifs, les membres passifs.

Les membres d’honneur nommés par la société sont exemptés de cotisations (hormis les honoraires du Maître d’armes), ceux-ci sont choisis parmi les bienfaiteurs de la SES.
Les membres actifs sont les escrimeurs-pratiquants de la Société d’Escrime de Sion. Ils peuvent fréquenter librement la salle moyennant payement d’une licence et des cotisations de base.
Les membres passifs sont des amis de la société qui ne désirent pas s’adonner à l’escrime mais tiennent malgré tout à apporter une aide notamment financière à la société. Ils paient une cotisation annuelle de cinq francs.

Le comité est composé de quatre membres : le président, le vice-président, le caissier et le secrétaire. Une commission sportive composée de trois membres est élue annuellement par l’Assemblée Générale ; celle-ci a pour tâche d’organiser les manifestations sportives de la société.

Des débuts difficiles

La société d’escrime de Sion s’installe à ses débuts aux anciens abattoirs et déménage le même mois pour s’installer à la salle de boxe de Sion. L’hiver 1945 est rigoureux étant donné le manque de matériel et l’absence de chauffage, ce qui rend la pratique de l’escrime difficile. Par sa fonction, Monsieur Evéquoz doit mettre en place le premier système de cotisations dans le but de payer le maître d’armes à la hauteur de cent vingt francs par mois. La famille Evéquoz nourrit Monsieur Duret et, les cotisations ayant de la peine à rentrer, il faut souvent avancer l’argent afin de le payer. C’est de cette manière que fonctionne le club durant plusieurs années alors que M. Evéquoz étudie et pratique son sport en parallèle à l’Université de Fribourg. Avec le boom économique des années cinquante, Monsieur Duret quitte le club et arrête l’escrime pour aller s’installer et travailler à Genève en tant que ferblantier-appareilleur, sa formation de base. Privé de maître d’armes, le club tente quelques temps de partager un entraîneur une fois par semaine avec le Cercle des Armes de Genève qui est également entraîné par Maître Duret. Solution temporaire qui ne dure pas bien longtemps, le nouveau maître d’armes ayant décidé d’arrêter l’escrime à son tour. Un maître d’armes de Thonon est finalement trouvé. Celui-ci accepte de se mettre à la disposition du club à la hauteur d’une fois par semaine.

Les péripéties des salles d’armes

La Société d’Escrime de Sion connaît à l’époque de nombreux problèmes avec ses locaux d’entraînement. Après être resté à l’école des filles, l’entraînement se déplace à nouveau à l’Hôtel de la Planta, puis à l’Hôtel de la Paix, au café Industriel, à l’Hôtel du Midi (au-dessus de l’actuel cinéma Capitole), aux anciens abattoirs en compagnie des boxeurs (non loin de la place de la Majorie), puis à nouveau à l’Hôtel du Midi (mars 1947) et retour aux anciens abattoirs (mai 1948) que le club aménage totalement, sanitaires compris. C’est ensuite à l’ancien jeu de quilles au-dessus du Café des Sports que le club s’installe durant quelques années puis à l’Ancien Hôpital (1949), actuel Conservatoire Cantonal de Musique. Finalement la commune accorde la salle de gymnastique du Sacré-Cœur I à la société d’escrime, notamment suite à la victoire de Messieurs Evéquoz, Ribordy et Spahr aux Championnats Suisse d’épée par équipes de 1956.

Les premiers jeunes dans le club

Cependant, le club se retrouve à nouveau sans maître d’armes de 1950 à 1955, années où, autodidacte, M. Evéquoz commence à donner ses premières leçons d’escrime après avoir potassé divers manuels et traités d’escrime. A l’époque, la Société d’Escrime de Sion est composée seulement d’adultes, notamment des amis de M. Evéquoz, jusqu’au jour où celui-ci y amène ses propres enfants : d’abord Guy puis Jean-Blaise. Ce dernier, en 1960, amène un de ses camarades de classe: Ernest Lamon. Ils sont les premiers enfants-élèves de M. Evéquoz. S’y inscrivent dans l’ordre chronologique Michel Lamon, frère d’Ernest Lamon ainsi que Janine Nellen qui est la première élève féminine de Michel Evéquoz. Puis plus tard, en 1964, Gérald Pfefferlé, Grégoire Evéquoz, Nicolas Riand, et Béatrice de Wolf rejoignent le groupe. Avec le temps et par le bouche à oreille, un grand nombre d’élèves adhère au club. Mais la plupart y reste pour une période limitée car les méthodes d’enseignement de M. Evéquoz ne sont pas au goût de tous. En effet, celui-ci enseigne de manière disciplinée et en mettant l’accent sur un travail long et acharné dans le but de former des « champions ». Les leçons demandent un apprentissage méticuleux, basé sur la répétition. Pour en témoigner, certaines leçons peuvent durer plus d’une heure sans interruption à répéter le même mouvement et parfois, M. Evéquoz n’hésite pas à hausser le ton, pratique courante à l’époque, héritée des maîtres d’armes militaires. La Société d’Escrime de Sion grandit et, très occupé par sa profession, M. Evéquoz ne trouve pas toujours le temps pour s’occuper de tous ses élèves.

La reprise du flambeau

Jean-Blaise Evéquoz, et Ernest Lamon commencent à s’occuper des débutants et à leur donner quelques leçons. Quand Ernest et Jean-Blaise partent à l’université de Lausanne (où se trouvent également Guy Evéquoz et Janine Nellen), M. Evéquoz prend la peine de se déplacer une fois par semaine (le jeudi) pour leur donner la leçon.

En 1978, M. Ernest Lamon termine ses études de maître d’éducation physique et d’économie et retourne s’installer à Sion où l’attend un travail au Lycée Collège des Creusets, ce qui lui permet de revenir donner « des coups de main » à M. Evéquoz.
Par sa formation de professeur d’éducation physique, M. Lamon apporte de nouvelles idées au sein du club qui contribuent à augmenter le nombre de ses membres. En effet, la mini-épée remplace le fleuret chez les jeunes escrimeurs. Les règles de l’épée étant moins compliquées, l’attrait pour l’escrime devient plus important. De plus, il développe le concept de « sport-loisir », notion inexistante à l’époque. Ce principe donne la possibilité de se développer à sa guise, à son rythme et selon ses intérêts. Le choix de pouvoir pratiquer librement la compétition ou non est laissé à chaque escrimeur.

En 1983, la Société d’Escrime de Sion bénéficie de la construction de la salle de gymnastique « Sacré-Cœur II » entreprise par la Ville de Sion. M. Grégoire Evéquoz collabore à l’aménagement des installations propres à la pratique de l’escrime.

M. Evéquoz Jean-Blaise, de retour de ses études picturales à Florence, s’investit également dans le club en qualité d’entraîneur à la demande d'Ernest Lamon.

Extrait du travail de maturité d'Arnaud de Kalbermatten

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