RESEAU D'ENTRAIDE POUR L'ARIEGE
2 Octobre 2020
Moi, j’ai commencé à changer mes habitudes, je crois, j’ai changé la disposition des meubles dans ma maison, c’est important pour moi-même si ça surprend !
Faire du ménage autour de nous en mettant des distances avec certaines personnes, en faisant attention « à moi, surtout » !
Je commence à m’imposer un petit peu…Beaucoup de personnes autour de moi n’en n’ont plus l’habitude ! Même si ça ne leur plaît pas, il faut continuer !
Revenir dans le même environnement je savais que ça allait être difficile, néanmoins il fallait le changer…Se redonner des activités longtemps oubliées lecture, dessin etc…, refaire de la marche, ressortir, profiter de la nature.
Changer son ambiance intérieure.
Se sentir en cohérence et non plus en décalage avec le monde qui nous entoure.
Retrouver une vie sociale pour approcher plus de gens parce que ma vie est devenue triste, je me suis même coupé de mes collègues de travail !
Au début, j’étais un peu hésitant voire réticent pour aller à Fronton. Comme je suis d’un caractère indépendant, j’avais un peu de mal avec la promiscuité ! Si on reste ferme avec ce que l’on a décidé en évitant les patients pas complètement sérieux, il y a une équipe qui est capable de nous donner des outils et qui est proche de nous.
On peut mettre au centre de ce qu’on ressent la solitude et l’exposer à l’équipe soignante.
Ne pas avoir peur du futur….
C’’est bien que tu aies pu identifier ce problème que te pose la solitude, ton point de faiblesse et que tu puisses en parler avec l’équipe !
Je suis allée sur Toulouse, en maison de repos, j’ai vu mieux : un buraliste qui vendait des alcools forts… Je suis étonnée qu’il ait eu l’autorisation !
C’est un test, au fond, d’aller en postcure avec des commerces et des bars en face de l’établissement !
Je pouvais boire quatre ou cinq litres de vin par jour…
Les problèmes arrivent l’un après l’autre et on recommence à prendre de l’alcool pour oublier.
On est là pour s’entraider : les quatre numéros de téléphone et les séances du groupe !
Moi, j’ai tout changé, j’ai divorcé, un gros changement donc ! Après, je marche, je profite de ma famille beaucoup plus qu’avant même si je reste très solitaire !
Revenue chez moi, j’ai vu que rien n’avait changé : j’avais une ado. De 16 ans ! J’ai été hospitalisée aux Cèdres, le psy. m’a conseillé : là il faut partir de chez vous…. Je n’ai pas fait ce qu’il m’a dit, je suis revenue… Même mon ado. De 16 ans me disait « tu étais mieux avant ! » (Sous-entendu : quand tu buvais). Quand un enfant nous dit ça, ça déstabilise !
Je suis partie de chez moi me refaire une autre vie ! J’avais le privilège de choisir mes amis au fur à mesure…Je me disais : toi, oui, toi non.
Je me connais, je suis fragile, alors j’avance lentement. Depuis 13 ans je viens ici au groupe de parole, je livre mon expérience. Changer du sol au plafond, oui !!! Et même au sens propre !
Rester dans les clous avec soi-même, se débarrasser de la honte… Avant je ne croyais pas en moi parce que je ne me sentais pas capable !
FIN