La position géographique d’Emmaüs est décrite dans le Talmud de Jérusalem, traité Sheviit 9,2: «De Beth-Horon jusqu’a la mer, est-il dit, on ne compte qu’une province», tout le reste y est compris à titre de voisinage. Non, dit R. Yohanan, on y trouve bien des montagnes, la plaine et des vallées; de Beth-Horon jusqu’à Emmaüs (Amaus, אמאוס ) c’est la montagne; d’Emmaüs jusqu’à Lod, c’est la plaine; de Lod jusqu’à la mer, c’est la vallée». (Le Talmud de Jérusalem, Paris, traduit par Moise Schwab, éditions Maisonneuve et Larose, t. II, p. 416; voir le texte original ici)

Selon le Midrash Zouta, des espions envoyés par Moïse vers la terre promise, passèrent par Emmaüs: 

   «Quand Moïse a envoyé des espions, qu’ont-ils vu en arrivant à Hammat? Moïse leur avait dit: «N’entrez pas comme des voleurs, mais soyez courageux et prenez des fruits de la terre» (Nombres 13, 20). Mais les Amoréens commencèrent à dire: «Regardez, ces gens ne sont venus que pour couper nos arbres et brûler nos villes.» Des messagers sont sortis derrière eux. Les Amoréens les attaquèrent. Ahimane, Shishaï et Talmaï les ont poursuivis jusqu’à ce qu’ils arrivent à la vallée de Hammat en Judée חמת יהודה) et Caleb est tombé derrière un mur ...» (Midrash Zouta pour le Cantique des Cantiques 6, 8)


 Lors de la conquête de la Terre Promise, Josué combattit les rois de Canaan entre Gabaon et Azéka, près de l’actuel Emmaüs. Le Soleil et la Lune s’arrêtèrent au-dessus de la vallée d’Ayalon, afin que les Israélites puissent gagner la bataille, et que les ténèbres ne dissimulent pas leurs ennemis:

  «L’Éternel dit à Josué: Ne les crains point, car je les livre entre tes mains, et aucun d’eux ne tiendra devant toi. Josué arriva subitement sur eux, après avoir marché toute la nuit depuis Guilgal. L’Éternel les mit en déroute devant Israël; et Israël leur fit éprouver une grande défaite près de Gabaon, les poursuivit sur le chemin qui monte à Beth Horon, et les battit jusqu’à Azéka et à Makkéda. Comme ils fuyaient devant Israël, et qu’ils étaient à la descente de Beth Horon, l’Éternel fit tomber du ciel sur eux de grosses pierres jusqu’à Azéka, et ils périrent; ceux qui moururent par les pierres de grêle furent plus nombreux que ceux qui furent tués avec l’épée par les enfants d’Israël. Alors Josué parla à l’Éternel, le jour où l’Éternel livra les Amoréens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël: « Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée d’Ayalon! » Et le soleil s’arrêta, et la lune suspendit sa course, jusqu’à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis.» (Livre de Josué 10, 8-13).

  Josué partagea la Terre Promise entre les douze tribus d’Israël, et le territoire, où Emmaüs se trouve aujourd’hui, fut donné à la tribu de Dan. «La septième part échut par le sort à la tribu des fils de Dan, selon leurs familles. La limite de leur héritage comprenait Tsora, Eshthaol, Ir-Shémesh, Shaalabbin, Ayalon, Yithla, Élon, Thimnatha, Ékron, Eltheké, Guibbethon, Baalath, Yehud, Bené Berak, Gath Rimmon, Mé Yarkon et Rakkon, avec le territoire vis-à-vis de Jaffa» (Livre de Josué 19, 40-46). 

  Certains identifient Ir-Shémesh («Ville du Soleil»), mentionnée dans ce texte, avec Emmaüs, en se fondant, en particulier, sur l’un des manuscrits de la Septante, le Codex Vaticanus, qui traduit Ir-Shémesh par Polis Samaous.


Période du Second Temple


La première mention historique d’Emmaüs est liée à la révolte juive contre l’hellénisation qui fut imposée à la Judée par le roi syrien Antiochus IV. L’insurrection, qui commença en 167 avant notre ère, était dirigée par Mattathias Hasmonée de Modiîn, village situé à 10 kilomètres au nord d’Emmaüs. À sa mort, le commandement fut transmis à ses fils Simon et Judas, surnommé «le Macchabée». En 165 avant notre ère, Judas Macchabée remporta à Emmaüs une importante victoire sur l’armée gréco-syrienne, qui ouvrit aux Juifs la voie vers Jérusalem et la purification du Temple, dont le judaïsme célèbre chaque année le souvenir à la fête de Hanoukka. Ces événements sont décrits dans le 1er Livre des Maccabées, datant du début du Ier siècle avant notre ère:

   «Lysias choisit Ptolémée, fils de Dorymène, Nicanor et Gorgias, habiles capitaines et amis du roi; et il envoya avec eux quarante mille hommes de pied et sept mille cavaliers, pour envahir le pays de Juda et le ruiner selon l’ordre  du roi. Ils se mirent en marche avec toutes leurs troupes et, étant entrés en Judée, ils campèrent près d’Emmaüs (variantes des manuscrits: μμαούνμμαουμμαυ), dans la plaine. Quand les marchands du pays apprirent leur arrivée, ils prirent avec eux beaucoup d’argent et d’or, ainsi que des entraves, et vinrent au camp des Syriens pour acheter comme esclaves les enfants d’Israël. A cette armée se joignirent les troupes de Syrie et celles du pays des Philistins. Judas et ses frères, voyant que la situation avait empiré et que les armées ennemies campaient à leurs frontières, ayant eu aussi  connaissance de l’ordre qu’avait donné le roi de détruire et  d’exterminer leur peuple, se dirent les uns aux autres: «Relevons les ruines de notre peuple, et combattons pour notre peuple et notre sanctuaire!» L’assemblée se réunit donc pour être prête au combat, et pour prier et implorer pitié et miséricorde...  S’étant donc rassemblés, ils vinrent à Mitspa, vis-à-vis de Jérusalem, parce qu’il y avait autrefois à Mitspa un lieu de prière pour Israël... Puis l’armée se mit en marche et alla camper au sud d’Emmaüs (μμαούμμμαουςμμαους). Là Judas leur dit: «Ceignez-vous et soyez des braves, et  tenez-vous prêts pour demain matin à combattre contre ces nations assemblées pour nous perdre, nous et notre sanctuaire. Car mieux vaut pour nous mourir les armes à la main que de voir les maux de notre peuple et notre sanctuaire profané. Quelle que soit la volonté du ciel, qu’elle s’accomplisse!»

  Gorgias prit avec lui cinq mille hommes et mille cavaliers d’élite, et ils se mirent en marche pendant la nuit, pour s’approcher du camp des Juifs et les frapper à l’improviste; les hommes de la forteresse de Sion leur servaient de guides. Judas, l’ayant appris, se leva, lui et les vaillants, pour frapper l’armée du roi qui était à Emmaüs (Eμμαούμ, Ναμμαουμ, μμαουμ), pendant que les troupes étaient encore dispersées hors du camp. Gorgias arriva pendant la nuit au camp de Judas, mais il ne trouva personne; alors il se mit à leur recherche dans les montagnes, car il disait : «Ils fuient devant nous!» Dès que vint le jour, Judas apparut dans la plaine, avec trois mille hommes; seulement ils n’avaient, ni pour se couvrir ni pour frapper, les armes qu’ils auraient désirées. A la vue du camp fortifié des nations, des soldats couverts de cuirasses et des cavaliers qui faisaient patrouille autour d’eux, tous exercés au combat, Judas dit aux hommes qui étaient avec lui: «Ne craignez pas leur multitude, et ne redoutez pas leur attaque. Rappelez-vous comment nos pères ont été sauvés dans la mer Rouge, lorsque Pharaon les poursuivait avec une puissante armée. Crions maintenant vers le ciel, dans l’espoir qu’il daignera avoir pitié de nous, se souvenir de son alliance avec nos pères, et détruire aujourd’hui cette armée devant nos yeux. Et toutes les nations sauront qu’il y a quelqu’un qui délivre et sauve Israël.» Alors les étrangers levèrent les yeux et les aperçurent marchant contre eux; et ils sortirent du camp pour livrer bataille; en même temps ceux qui étaient avec Judas sonnèrent de la trompette. On en vint aux mains, et les nations furent abattues et s’enfuirent dans la plaine. Les derniers rangs tombèrent tous par l’épée, et les Juifs les poursuivirent jusqu’à Gazara, et jusque dans les plaines de Judée, d’Azot et de Jamnia, et ils leur tuèrent près de trois mille hommes. Alors Judas, avec son armée, revint sur ses pas et cessa de les poursuivre, disant au peuple: «Ne soyez pas avides de butin, car un combat nous attend. Gorgias et ses troupes sont près de nous dans la montagne; mais tenez ferme en ce moment contre nos ennemis, battez-les, et vous pourrez ensuite prendre sans crainte leurs dépouilles.» Judas parlait encore, lorsqu’une division de Gorgias se montra sortant de la montagne. Ils virent que les leurs étaient en fuite et que les Juifs avaient mis le feu au camp; car la fumée qu’on apercevait manifestait ce qui s’était passé. A cette vue, ils eurent une grande peur; et comme ils apercevaient en même temps l’armée de Judas rangée dans la plaine, prête à livrer bataille, ils s’enfuirent tous dans le pays des Philistins. Judas revint pour piller le camp; ils emportèrent beaucoup d’or et d’argent, ainsi que des étoffes de pourpre violette et de pourpre écarlate, et de grandes richesses. A leur retour, ils chantaient des cantiques, faisant monter vers le ciel des louanges au Seigneur: «Car il est bon, car sa miséricorde subsiste à jamais.» Une grande délivrance fut donnée à Israël en ce jour-là.» (1er Livre des Maccabées 3, 38 - 4, 25).

 

D'autres histoires de l'époque du Second Temple:


 Selon le Talmud, parmi les musiciens qui jouaient dans le temple de Jérusalem, il y avait des habitants d’Emmaüs:

  «Ceux (qui jouaient de la flûte devant l’autel) étaient des serviteurs des prêtres. Ainsi R. Meïr. R. Yose dit: «Ils étaient des familles de Bet-Hapégarim et Bet-Tsiporya et d’Emmaüs (variantes des manuscrits: עימאוס, עמאוס, אמאוס), ils se mariaient avec les prêtres (c’est-à-dire leurs filles étaient acceptées comme épouses par les prêtres)». R. Hanina ben Antignos dit: «Ils étaient Lévites».

(Traité Arakhin, ch. 2, Mishna 4).
   


« On raconte l'histoire d'un conducteur d'âne qui vint trouver Hillel l'Ancien. Il lui dit : « Rabbi, vois comme nous sommes mieux lotis que vous (les Babyloniens), car vous avez bien des soucis et des difficultés quand vous descendez de Babylone à Jérusalem, mais moi, je sors de ma maison et je loge à l'entrée de Jérusalem ». L'autre marqua une pause, et lui répondit :  « Combien devrais-je te donner pour que tu me loues ton âne d'ici à Emmaüs ? » (מיאם, אמאום) « Un denier.» « Et pour aller à Lod, combien ? » « Deux deniers ». Et pour Césarée, combien ? » « Trois ». « Eh bien, je vois que tu règles tes prix en fonction de la distance... » Il lui répondit :  « Oui, les prix sont en fonction de la distance ». Et l'autre ajouta : «  Alors, la récompense pour mes propres pieds ne vaudrait-elle pas au moins autant que celle d'une bête ? » C'est ce qu'affirmait Hillel  : « La récompense dépend de la peine que l'on prend »… » («Avot de Rabbi Nathan» (version B, ch. 27)


«On raconte que Rabbi Johanan (Ben Zakkaï ?) fut un jour pris de faiblesse à cause de la faim. Il vint à Emmaüs אימוניס)), s'assit a l'Est d'un figuier, et fut guéri.  On lui demanda : «D'où tiens-tu (que la figue est un remède) ?» Il répliqua : «De David, comme il est écrit : «On lui donna un morceau de gâteau de figue... et quand il l'eut mangé, ses esprits lui revinrent (1 Sam. 30, 12)». Et on lui appliqua ce texte: «L'avantage du savoir, c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent».

(«Midrash rabba» sur le Livre de l'Ecclésiaste, ch. 7,  v. 12)



Période Romaine Tardive



Une collection des commentaires juifs de la Tora, «Mekhilta de Rabbi Ishmaël»,  décrit ainsi la situation difficile du peuple juif après la destruction par les Romains de Jérusalem et  de son Temple:

  «Une fois que Rabbi Yohanan ben Zakkaï montait à Emmaüs en Judée (en fonction de manuscrits: מאוס, מעון יהודה, מעים), il vit une jeune fille qui ramassait des grains d’orge dans des excréments de cheval. R. Yohanan ben Zakkaï demanda à ses disciples : «Qui est cette fille?» Ils lui dirent: «C’est une jeune fille juive.» «Et à qui appartient ce cheval?» «A un cavalier arabe », - lui répondirent ses disciples. Alors Rabbi Yohanan ben Zakkaï dit à ses disciples: «  Toute ma vie j'ai lu ce verset et je n'ai pas réalisé tout son sens : « Si tu ne sais pas, ô toi la plus belle des femmes », etc (Cantique des Cantiques 1, 8). Vous avez été peu disposés à vous soumettre à Dieu, voici maintenant que vous êtes soumis à la plus inférieure des nations... Vous avez été réticents à payer l’impôt par tête à Dieu, «une béka par tête» (Exode 38, 26), voici maintenant que vous payez un impôt de quinze sicles par tête au gouvernement de vos ennemis, vous avez été peu disposés à réparer les routes et les rues menant au Temple, et maintenant, vous devez entretenir les postes et les stations sur la route des villes royales ...» («Mekhilta de Rabbi Ishmaël» ,  traité Bahodesh A)


   Après la destruction du Temple de Jérusalem, Rabbi Yohanan ben Zakkaï rassembla ses disciples à Yavné, où il fonda une académie et réforma le judaïsme, lui permettant ainsi de subsister en l'absence du Temple. R. Yohanan ben Zakkaï finit sa vie dans le village de Berur Haïl autour de 72 de notre ère. La tradition juive a préservé le récit suivant :

  «Rabbi Yohanan ben Zakkaï avait cinq disciples, et aussi longtemps qu'il vécut, ils étaient assis devant lui. Quand il mourut, ils se rendirent à Yavné. Rabbi Éléazar ben Arakh, cependant, rejoignit sa femme à Emmaüs (אמאוס), un lieu de bonne eau et de bel aspect. Il attendit que (les autres disciples) viennent à lui, mais ils ne vinrent pas. Comme il ne les voyait pas venir, il voulut aller à leur rencontre, mais sa femme l’en empêcha. Elle lui dit : «Qui a besoin de qui?» Il répondit: « Ils ont besoin de moi. » Elle lui dit : « Dans le cas d'un récipient [contenant de la nourriture] et de souris, qui va à qui? Les souris vont au récipient ou le récipient va vers les souris ? » Il écouta et resta là jusqu'à ce qu'il oubliât sa Thora... » (Midrash Qohelet Rabba, parasha 7)

  La même histoire est mentionnée dans la collection de légendes juives, «Avot de Rabbi Nathan» (B) :

 «Pourquoi (Rabbi Eleazar ben Arakh) n’a-t-il pas atteint la gloire à cause de son étude de la Thora ?  Parce que quand ils quittèrent Jérusalem, (chacun) d’eux dit : «Où irai-je?», et lui, il dit: «Allons à Emmaüs (מאוס), une ville belle, dont les eaux sont douces». Son nom n'est pas devenu célèbre à cause de la Thora, mais ceux qui ont dit: «Allons à Yavné, un endroit où les gens aiment la Thora, un endroit où les savants sont nombreux», ceux-là ont atteint la célébrité à cause de la Thora». («Avot de-Rabbi Nathan B», ch. 29.)


  Les premiers bains romains furent probablement construits à Emmaüs à la fin du Ier siècle de notre ère à cause de la présence d'une garnison romaine en cet endroit. Dans la version parallèle du texte mentionné ci-dessus ( «Avot de Rabbi Nathan», version A), au lieu du mot «Emmaüs» apparaît le mot «demosit», ce qui en grec signifie «les bains publics».

   (L'emplacement de l'Emmaüs du Rabbi Eleazar ben Arakh est sujet à la discussion, il est également possible qu’il soit allé aux sources chaudes près de Tibériade, au bord de la mer de Galilée, également connues sous le nom de Hammat et d’Emmaüs dans la littérature juive ancienne).

 

 

  La discussion suivante mentionnée dans la Mishna, appartient aussi à la fin du premier siècle de notre ère:

  «Rabbi Akiba dit:« J'ai demandé à Rabban Gamliel et à Rabbi Yoshua sur le marché d'Emmaüs (אמאוס, dans les textes parallèles dans le Talmud, en fonction de manuscrits:, אימאום, עימאוס, מימוס, אימאוס, אימעום, מעאוס, אימוס עימאום, עימעיס , עימאום) où ils sont allés pour acheter une bête pour les noces du fils de Rabban Gamliel, (et j'ai demandé:) «si un homme a eu un rapport avec sa soeur, et avec la soeur de son père, et avec la soeur de sa mère, doit-il (offrir un seul sacrifice) pour toutes ou (un sacrifice) pour chacune?». Ils me repondirent: «Nous n'avons reçu aucune tradition à ce sujet, mais nous avons reçu que si un homme a eu un rapport avec ses cinq femmes menstruées, il doit (offrir un sacrifice) pour chacune, et il nous semble que cela s'applique encore davantage pour ce cas-là.»...» (Mishna, traité «Keritot», 3, 7)



Le texte suivant du «Midrash Rabba» pour le livre des «Lamentations»  parle de l'extermination de la population juive dans la région d'Emmaüs après la répression de la révolte de Bar-Kokhba :

«Hadrien le maudit mis en place trois garnisons, l'un à Hamta (חמתא), une deuxième à Kefar Lekatia, et la troisième à Bethléem de Judée. Il dit: «Quiconque tente de s'échapper de l'une d'elle sera capturé par une autre et vice versa.»...» (Midrash Rabba pour le Livre des Lamentations (1, 45)




                                                                                                                                        Amulette juive (rouleau en argent) retrouvée  à Emmaüs 





Période Byzantine


Pendant la période byzantine les Juifs et les Samaritains continuent d'habiter la région d'Emmaüs:


Talmud de Jérusalem, Traité «Avoda Zara» (les événements du quatrième siècle de notre ère):

«Rabbi Aha alla à Emmaüs (מאוס) et mangea de leurs pâtisseries  (celles des Samaritains) »

(Talmud de Jérusalem, Traité «Avoda Zara», 5, 4)

 

 

  Lors des fouilles effectuées dans la région d'Emmaüs à la fin du XIXème siècle, une pierre tombale portant une inscription en hébreu fut découverte: «Mekom menuhato shel Eléazar ben Yehoshua. Shalom me-Emmaus (אמאוס). Shalom» - «Le lieu du repos d’Elazar, le fils de Josué, la paix d'Emmaüs, la paix» (actuellement au Musée archéologique de Jaffa).




La liste de toutes les mentions d'Emmaüs dans la littérature rabbinique peut être trouvée dans:


Strack & Billerbeck, «Kommentar zum Neuen Testament aus Talmud und Midrasch», München, 1924, 1989, t. II, p. 270; «ספר הישוב», עורך ש' קליין, ירושלים, תרצ"ט, t.1, p. 5-6 et 47-48, ainsi que dans: K.-H. Fleckenstein, M. Louhivuori, R. Riesner, «Emmaus in Judäa», Basel, 2003, p. 40-86.




Période du Moyen Age 


Salmon ben Yérouhim, «Commentaire sur l'Ecclésiaste» (Auteur karaïte du Xème siècle) 

«Le travail des sots les fatigue, et [pas un d'eux] ne sait trouver le chemin pour arriver à la ville». (Ecclésiaste 10, 15), comme un homme qui quitte Ramla pour aller à Jérusalem (Beït al-Maqdis), ce qui est un chemin bien connu; si cet homme veut faire un raccourci, il passera par ‘Imwâs (Emmaüs) et Qaryat al-‘anab; mais le sot ne prendra pas ce chemin, mais se dirigera vers Gaza, et ensuite vers Beït Jibrin, et de là vers Zoughar, et ensuite retournera à ‘Eïn Gédi, et de là à Jéricho, et de là à Jérusalem . . .»  (cité par Moshé Gil dans:   «A History of Palestine», Cambridge, 1997, p.203).


Benjamin de Tudèle visite la region d'Emmaüs autour de l'an 1170, il est le premier parmi les voyageurs médiévaux à mentionner la forteresse de Latroun (Toron de los Caballeros), élevée quelques trente ans auparavant:

«…De là cinq parasanges jusqu'à Beit Jaberim, l'ancienne Maresha, où il n'y a que trois habitants juifs. Et de là cinq parasanges jusqu'à Toron de los Caballeros, qui est Shounem, et il y a là autour de trois cent juifs. Et de là trois parasanges à Saint-Samuel de Shilo, qui est Shilo, à la distance de deux parasanges de Jérusalem…” (Voyages de Benjamin de Tudèle (Seconde moitié du XIIème siècle, I. D. Eisenstein "אוצר מסעות, A Compendium of Jewish Travels", NY 1926, p. 28).


Rabbi Itshak Helo d'Aragon, «Routes de Jérusalem» (vers 1334), «Deuxième route de Jérusalem»

«Le chemin qui conduit de la ville sainte à Japho, à l'extrémité de la tribu de Dan, est comme il suit : De Jérusalem à Saréa, la patrie de Samson. Au­jourd'hui on l'appelle Surah et on y montre la tombe de Samson. C'est un fort ancien monument, orné de la mâchoire d'âne avec laquelle il avait tué les Philistins. De là on se rend à Emmaüs, endroit fort connu dans les écrits de nos sages, dont la mémoire soit en bénédiction. Maintenant ce n'est plus qu'un pauvre village, habité par quelques Ismaélites, qui demeurent dans de misérables maisons. Il y a un antique monu­ment sépulcral à Emmaus, qu'on dit être le tombeau d'un seigneur chrétien, tombé dans la guerre du roi de Perse. D'Emmaüs on vient à Ghimzo, patrie de Rabbi Nachum, citoyen de Ghimzo.»  (I. D. Eisenstein "אוצר מסעות, A Compendium of Jewish Travels", NY 1926, p. 74).