La ville d’Emmaüs n’est pas mentionnée dans les livres de l’Ancien Testament écrits en hébreu. On ne sait pas quand elle a été fondée, et en ce qui concerne la période vétérotestamentaire, on ne trouve d’information au sujet d'Emmaüs que dans des légendes.

   Autour de 1250 avant J.-C., selon le Midrash (commentaire juif de la Bible), des espions envoyés par Moïse vers la terre promise, passèrent par Emmaüs: 

   «Quand Moïse a envoyé des espions, qu’ont-ils vu en arrivant à Hammat? Moïse leur avait dit: «N’entrez pas comme des voleurs, mais soyez courageux et prenez des fruits de la terre» (Nombres 13, 20). Mais les Amoréens commencèrent à dire: «Regardez, ces gens ne sont venus que pour couper nos arbres et brûler nos villes.» Des messagers sont sortis derrière eux. Les Amoréens les attaquèrent. Ahimane, Shishaï et Talmaï les ont poursuivis jusqu’à ce qu’ils arrivent à la vallée de Hammat en Judée חמת יהודה) et Caleb est tombé derrière un mur ...» (Midrash Zouta pour le Cantique des Cantiques 6, 8;

«ספר הישוב», עורך ש' קליין, ירושלים, תרצ''ט, 1 .p. 48, t)

 

     Autour de 1200 avant J.-C., lors de la conquête de la Terre sainte, Josué combattit les rois de Canaan entre Gabaon et Azéka, près de l’actuel Emmaüs. Le Soleil et la

Lune s’arrêtèrent au-dessus de la vallée d’Ayalon, afin que les Israélites puissent gagner la bataille, et que les ténèbres ne dissimulent pas leurs ennemis:

  «L’Éternel dit à Josué: Ne les crains point, car je les livre entre tes mains, et aucun d’eux ne tiendra devant toi. Josué arriva subitement sur eux, après avoir marché toute la nuit depuis Guilgal. L’Éternel les mit en déroute devant Israël; et Israël leur fit éprouver une grande défaite près de Gabaon, les poursuivit sur le chemin qui monte à Beth Horon, et les battit jusqu’à Azéka et à Makkéda. Comme ils fuyaient devant Israël, et qu’ils étaient à la descente de Beth Horon, l’Éternel fit tomber du ciel sur eux de grosses pierres jusqu’à Azéka, et ils périrent; ceux qui moururent par les pierres de grêle furent plus nombreux que ceux qui furent tués avec l’épée par les enfants d’Israël. Alors Josué parla à l’Éternel, le jour où l’Éternel livra les Amoréens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël: « Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée d’Ayalon! » Et le soleil s’arrêta, et la lune suspendit sa course, jusqu’à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis.» (Livre de Josué 10, 8-13).

  

   Josué partagea la terre promise entre les douze tribus d’Israël, et le territoire, où Emmaüs se trouve aujourd’hui, fut donné à la tribu de Dan. «La septième part échut par le sort à la tribu des fils de Dan, selon leurs familles. La limite de leur héritage comprenait Tsora, Eshthaol, Ir-Shémesh, Shaalabbin, Ayalon, Yithla, Élon, Thimnatha, Ékron, Eltheké, Guibbethon, Baalath, Yehud, Bené Berak, Gath Rimmon, Mé Yarkon et Rakkon, avec le territoire vis-à-vis de Jaffa» (Livre de Josué 19, 40-46).
   

Certains identifient Ir-Shémesh («Ville du Soleil»), mentionnée dans le texte, avec Emmaüs, en se fondant, en particulier, sur l’un des manuscrits de la Septante, le Codex Vaticanus, qui traduit Ir-Shémesh par Polis Samaous. Cet avis selon lequel Emmaüs existait déjà pendant la période de l’Ancien Testament et appartenait à la tribu de Dan, est partagé par saint Jérôme: 
«La septième (tribu) de Dan jusqu’à Joppé, là il y a les villes («turres») d’Ayalon, Selebi et Emmaüs, qui s’appelle aujourd’hui Nicopolis» («Commentaire du livre d’Ezéchiel», 48, 22, écrit en 414 après J.-C., PL XXV, 488 ).

«Les habitants de la Shephela, c’est-à-dire de la plaine côtière (à l’époque du prophète Abdias) vivaient à Lydda et Emmaüs, c’est-à-dire respectivement à Diospolis et Nicopolis, ils vivaient dans les cinq villes philistines : Gaza, Ascalon, Azotus, Accaron et Gath, situées sur la côte, appelée Saron dans les Actes des Apôtres» («Commentaire du livre du prophète Abdias», écrit en 396 après J.-C., PL XXV, 1113).

La plupart des chercheurs sont d’avis qu’Ir-Shémesh et Emmaüs sont deux endroits distincts. A propos de l’identification d’Ir-Shémesh avec Emmaüs, cf. Vincent & Abel, «Emmaüs», Paris, 1932, p. 285-286, 412-413; Edward Robinson, «Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petrae», t. III, London, 1841, p. 19, note 6 (voir ici).

 

  Une légende intéressante concernant Emmaüs pendant la période vétérotestamentaire vient de la tradition musulmane:

  «Au temps de Salomon, le Roc de Bayt al-Maqdis avait pour hauteur 12 pics. C’était le pic de sécurité qui équivaut à un pic, une palme et une poignée. La hauteur de la coupole élevée au-dessus du Roc était de 18 milles. On rapporte que c’était douze seulement. Au faîte de la coupole se dressait une gazelle en or, ayant entre les deux yeux une perle ou une hyacinthe rouge. Grâce à la lumière éclatante de cette perle, les femmes d’al-Balqâ’ (en Transjordanie) pouvaient filer pendant la nuit. Ce pays d’al-Balqâ’ est à plus de deux étapes de Jérusalem. Les habitants de ‘Amawâs se mettaient à l’ombre de la coupole, lorsque le soleil se levait à l’orient... ‘Amawâs est dans le voisinage de Ramlah de Palestine. Elle est loin de Jérusalem, à un barîd et demi. Vers le coucher du soleil, les gens de Bayt ar-Râmah et d’autres habitants d’al-Gawr (Transjordanie) se mettaient à l’ombre de la coupole. Bayt ar-Râmah est plus éloignée de Jérusalem que ‘Amawâs...» (Mudjir ad-Din, «L'histoire de Jérusalem et de Hébron» (fin 15e- début 16e s.), pris de: Marmardji, «Textes Géographiques Arabes sur la Palestine », Paris, 1951, p. 245)

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