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Biographie musicale

Né en 1956 à Paris, où j'ai vécu la plupart du temps, ma pratique musicale a été principalement autodidacte. Dès l'âge de huit ans, dès que je voyais un piano, j'allais tapoter dessus. Au bout d'un moment, je savais faire la gamme de blues et je me lançais dans des improvisations plus ou moins hasardeuses ...

Je suis exposé à la musique baroque dès l'âge de 11 ans, mais, mes parents étant séparés, seulement deux jours par semaine ! Comme je n'avais pas de moyens d'écouter de la musique pendant la semaine, je me récitais les airs de Bach dans ma tête ... Ensuite, en fouillant dans la discothèque de mon père (RIP), j'ai découvert le jazz avec Miles Davis, John Coltrane, Bill Evans, Dave Brubeck. A 14 ans, grâce à des cousins avec qui je passais les vacances, je découvre aussi l'immense poète George Brassens et du coup, je me mets à la guitare ...

A l'âge de 15 ans, sur les conseils d'amis rencontrés un soir sur la plage de Quiberon, j'ai acheté un disque de Alan Stivell, "à l'Olympia".



Puis, à 16 ans, parce que je devais faire de l'animation musicale pour un camp d'été avec les éclaireurs, je m'intéresse à Hughes Auffray, Leonard Cohen, Graeme Allwright. J'apprends le picking et je rencontre Marcel Dadi et Michel Haumont au Hootenanny de Lionel Rocheman ... Je tente alors un "Ligne Hollworth" en français (et en la mineur) sur la scène ouverte. Lionel commente alors ma prestation : "Oui, la guitare c'est pas mal, mais pour le chant, il y a encore des progrès à faire". OK ! Ce fut la fin de ma carrière de chanteur !


Au début, le disque de Stivell était un disque parmi d'autres, mais en l'écoutant de plus près, je me suis intéressé aux plages de musique irlandaise et écossaises. J'ai donc cherché à en savoir plus et je suis tombé sur le premier disque des frères Quefféléant : An Triskel, qui m'a donné l'envie d'apprendre la mandoline.



Pendant mes études d'électronique à Paris, je rencontre un jeune breton (Jean Yves Verré), qui m'initie à la bombarde et surtout au tin whistle.


Ma fréquentation du Hootenanny, puis de la Vieille Herbe et de la Tablarthure de Vincennes (folk clubs parisiens des années 70), m'ont permis de rencontrer quelques autres passionnés de musique irlandaise, qui m'ont alors aiguillés sur Planxty, Chieftains et Bothy Band.



A partir de là, mon intérêt pour cette musique est allé grandissant. J'ai commencé à monter quelques suites de Planxty avec Jean Yves. Je découvre le festival de Lorient en aout 75.

En aout 1976, je découvre l'Irlande et notamment le Fleadh Cheoil à Buncrana. Je suis alors, avec un Allemand, un des seuls élèves étrangers (et adulte !) à suivre le stage (Scoil Eigse) qui précède le weekend de concours.

Puis, au hasard d'une ballade dans le marais, je rencontre Jean-Christophe Brotel, qui faisait la manche à Beaubourg avec quelques amis. Passionné de Planxty, Jean Christophe avait bricolé un manche de guitare sur une caisse de mandoline, constituant un improbable bouzouki !  C'est avec lui que j'ai fait mon premier concert au lycée Jean de la Fontaine. Ensuite, notre petit groupe s'est étoffé, notamment avec Brieg Henry au violon. Nous avons élargi notre répertoire et fait quelques prestations, notamment dans le Marais, au Festival Estival de Paris ...

1978/79, c'est l'armée, dans la cavalerie. Dès les classes, je me fais remarquer en jouant du tin whistle pendant les couplets des chants guerriers (ça évitait d'entendre les paroles) pendant les marches au pas. Tout naturellement, je suis volontaire pour la fanfare et je fais 11 mois de trompette de cavalerie basse. Tranquille. J'avais évidemment apporté mes instruments avec moi (guitare, tin whistle) et je ne manquais pas de jouer dès que possible ... En aout 79, après avoir 'gagné' un mois de convalescence suite à une entorse obtenue de façon croquignolesque, aurait dit Brassens, je passe 10 jours au festival de Lorient avec, notamment, Michel Sikiotakis que j'initie rapidement au tin-whistle. Avant la fin de mon séjour sous les drapeaux, je modifie
ma guitare en bouzouki (GDAE), et je commence à découvrir les accords ...

Dès 1980 premier trio avec Michel (tin whistle, banjo, guitare) et Rachelle (bodhran), ma femme à l'époque. Après un premier concert avec mon pseudo bouzouki, 2 choses s'imposent : obtenir un vrai bouzouki et ajouter un violon à notre formation. Grâce à mes premières payes, je peux commander mon premier bouzouki à Peter Abnett, que j'obtiens début 81. Une merveille avec une table en cèdre rouge, un peu fragile, mais au son incroyable !
Il m'a malheureusement été volé en aout 1984, suite à une négligence de ma part ...

En aout 1981, Michel et moi avons l'immense privilège de faire un stage (Scoil Eigse) de tin-whistle avec Mary Bergin à l'occasion du Fleadh Cheoil de Buncrana.

Mary Bergin

Ce fut une rencontre décisive pour nous deux, car Mary, dotée d'une gentillesse et d'une disponibilité totale, nous a expliqué en détails les secrets de la bonne interprétation de cette musique ! Je ne la remercierais jamais assez pour ça !

Pour le violon, le hasard a voulu que nous rencontrions Michel Ferry à Ris Orangis. Après avoir hésité, Michel a accepté de monter un groupe avec nous. Nous avons alors fondé le groupe Shamrock, qui a eu une petite carrière entre 1981 et 1986. Premier concert à l'AGECA à Paris en 1981 dans des conditions rocambolesques. Au début, nous avons pas mal tourné en région parisienne, puis quelques tournées d'été dans les Alpes et dans le Massif Central, jusqu'à Hyères dans le Var ...
Dans le même temps, nous avons commencé à enregistrer "à la maison" un certain nombre d'arrangements, qui allaient donner le futur disque "Mo Cheol Thu", qui sortira en 1985

En 1983, Michel Ferry, qui n'aimait pas trop l'aspect professionnel de la musique, a quitté le groupe et a été remplacé par l'ancien violoniste de Siskin (le premier groupe de musique irlandaise de Paris), Olivier Darras. Le groupe a alors pris un nouveau départ. Nous nous sommes ardemment préparés au concours de groupe (Grupai Cheoil) de l'été 1984, à l'occasion du Fleadh Cheoil de Kilkenny. Mon bouzouki ayant disparu quelques temps avant; c'est avec un nouvel instrument que j'aborde le concours. Je ne sais pas si c'est la qualité de notre prestation ou la surprise de voir un groupe de seulement 4 musiciens (d'habitude, ils sont plutôt 10 ou 15), mais à notre grande surprise, nous avons remporté le premier prix ! Cela a permis la production du disque par Polydor Irlande, et sa diffusion.

Shamrock


Ensuite, nous avons obtenu des engagements réguliers dans des bars, notamment au Killian's Tavern au carrefour de l'Odéon (6è). A part le fait que nous avions un petit salaire régulier, et que ça nous a permis de faire une séquence mémorable dans le film "Marche à l'Ombre", je dois dire que cette expérience, qui a duré plus de 2 ans, m'a complè
tement lessivé. Tourner en boucle les mêmes 18 suites, 2 à 3 fois par semaine, non. Ce n'est pas mon truc. J'avais un travail à mi-temps à l'époque, et donc peu de temps pour monter d'autres suites ...

Durant cette période (1981-1986), j'ai participé à la création du CMI (Centre de Musique Irlandaise) qui était une association culturelle au service de la musique et de la danse irlandaise. Avec les membres les plus avancés de l'association, nous avons fondé le Paris Ceili Band :



Je rends mon tablier en 1986, le temps de faire quelques enfants avec Sylvie, ma compagne de l'époque. Je finis même par vendre mon bouzouki. Saturé ! Ce break salutaire pendant lequel ma compagne fait partie du groupe Gan Ainm, avec, notamment, Denis Lafon au bouzouki, me permet de prendre un peu de recul. Je n'ai pas complètement arrêté, continuant à jouer du synthé (basse) pour Fubu ou pour Ty Jaz et un peu de piano en session. La pause prend fin en 1993 à l'occasion du mariage d'un cousin de Sylvie avec une irlandaise. Je suis contacté par le violoniste Vincent Blin pour faire la musique. Je reprends avec douleur ma mandoline et c'est, les doigts en sang, que je termine la première répétition ...

Finalement, je retrouve mes sensations et ma mère (RIP, qu'elle soit remerciée) m'offre mon 3 ème bouzouki Abnett en décembre 1993. C'est celui que j'utilise actuellement. Je me réapproprie alors rapidement cet instrument, en décidant d'explorer des positions que je n'avais pas encore expérimentées. J'ai découvert plein de choses intéressantes, et je me suis alors mis à fréquenter assidument les sessions du Quiet Man et du Tig Johnny's. Dans les années 93, 94, j'y ai rencontré plusieurs musiciens de talent comme Jean Christophe Girard (flute), Benoit Trémolières (pipes), Sophie Bardou (violon) et surtout Jean-Paul Moreau (accordéon). A l'époque, Jean-Paul était encore un peu "vert", et la combinaison de son talent naissant et de mes modestes conseils ont fait qu'il est devenu un des accordéonistes reconnus, y compris en Irlande. Je rencontre aussi le guitariste Fred Mathis que j'initie au bouzouki. Entre-temps, je commençais à me mettre au banjo, et nous avons commencé à jouer en trio, puis, nous avons été rejoints par une autre étoile montante, la violoniste Céline Rivaud. Je me suis ensuite retiré du groupe, pour cesser mon rôle d'ancien, et laisser les jeunes s'exprimer. Ils ont fondé le groupe Inis et ont sorti un excellent disque, "Welcome Home Grainne".


En 1997/98, je remonte le Paris Ceili Band avec de nouveaux musiciens : 


  • Jean-Christophe Girard (flute)
  • Benoit Trémolières (Pipes)
  • Peyo (drums)
  • Sophie Bardou (Violon)
  • Laurent Delahaye (Tin-whistle)
  • Céline Rivaud (Violon)
  • Fabrice Bonin (Banjo)
  • Michel Ferry (violon)
  • Emmanuel Delahaye (Piano)
  • Gilles Poutoux (Accordéon)
  • Ronan Guilcher (Violon)

Dans les années 2000, j'ai été recontacté par Michel Sikiotakis (flute, guitare) pour remonter le groupe Taxi Mauve, avec Jean-Claude Philippe (violon) et successivement, les chanteuses Grainne Boyce et Ann Boyce. Nous avons fait quelques concerts. Depuis, je rejoue régulièrement avec Michel (flute, pipes), notamment le 4ème dimanche de chaque mois au pub Connolly's Corner (Paris 5è). Nous nous produisons aussi pour des concerts ou des animation, avec la participations de musiciens de renom comme Lucrezia Testa (Bodhran), Micha Rabova ou Benoit Volant (Violon) ou encore Robin Bullock (Basse, Guitare) ou la chanteuse et conteuse Caroline Sire.

En 2004, je suis sollicité par l’Association Irlandaise pour monter un atelier multi-instrumental. Celui-ci existe toujours et se tient régulièrement les lundis soirs au pub le Quiet Man (Paris 3è). Il est maintenant connu sous le nom d'Atelier de Musique Irlandaise (AMI)

En juillet 2006, suite à un licenciement économique, je développe mes activités musicales, notamment vers l'enseignement des instruments (tin-whistle, mandoline, banjo, bouzouki) et de la musique irlandaise (ensemble, arrangement, coaching de groupes).

En septembre 2010, je rejoins le Balkansambl, orchestre de musique des Balkans (bouzouki, flutes, basse, tapan) dirigé par José Ponzone, ce qui me permet de rencontrer Gilles Kusmeruck (Accordéon), et de jouer dans ses groupes de musique roumaines et bulgares, le plus souvent pour la danse. Dans le même temps, je me remets à jouer régulièrement avec Jean-Paul Moreau, notamment au Bogman's (Paris 2è), un mardi sur deux.

J'enregistre 2 plages d'accompagnement sur le "In the Mist", le disque de Jean-Paul :



En
juillet 2011, notamment suite un mémorable concert double avec le Balkansambl en mai 2011 dans un square parisien, je crée l'Orchestre de Musique Irlandaise (ou O.M.I.), composé d'une vingtaine de musiciens amateurs issus de l'AMI (courants et anciens). Nous organisons quelques sorties, notamment dans des maisons de retraites, des hôpitaux, pour la fête de la Saint Yves (Paris 14è), la CNT, diverses fêtes de l'Europe ...

De 2012 à 2015, j'ai joué régulièrement avec Jean-Paul Moreau au pub Le Green Linnet (Paris 4è).

En 2013, j'ai participé à une expérience 'balkanique' de haute volée autour de l'excellente violoniste Elise Kusmeruck, avec
son père Gilles Kusmeruck (accordéon), José Ponzone (guitare, percussions, basse), et moi même (bouzouki, basse) lors d'un concert donné le 22 juin 2013 à Vitry sur Seine ...

En 2013, j'apprends la tambura bulgare et je fais partie des fondateurs du groupe Efta un quatuor de chanteuses accompagné par un duo de musiciens, dans un répertoire principalement originaire des Balkans.



En 2014, nous relançons le groupe Ships are Sailing, en compagnie de Michel Sikiotakis (flutes, pipes), de mon fils Laurent (whistles, bodhran, piano) et de la chanteuse d'origine irlandaise Melody Caroll. Ma fille Alice (violon) se joint à nous occasionnellement.

Cette même année, je crée le groupe Matchka, dans lequel je joue de la tambura, avec Caroline Sellier (kavals) et Marianne Arnaud (tapan). En 2015, nous sommes rejoints par le bassiste Steeve Lafourcade.

En 2016, je participe au disque de Hervé Cantal "
TWO SHORTEN THE ROAD", sorti en 2017.


Cette même année, je m'installe dans un appartement du 14è où je fais faire une salle de musique permettant de recevoir pour des cours, des répétitions ...




Dessin de Armelle Bourgeault


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