Economie des Emirats arabes unis

Longtemps basée sur le commerce par caravanes bédouines, puis sur la culture des épices, de l'encens, et enfin sur l'exportation des perles, l'économie des Emirats arabes unis est aujourd'hui très largement basée sur le pétrole.

Chose intéressante, les mécanismes financiers des Emirats arabes unis sont très différents de ceux qui peuvent exister en Europe par exemple.

Le pétrole aux Emirats arabes unis 

Le pétrole, découvert à la fin des années 60, est la principale ressource naturelle des Emirats, avec le gaz. C'est l'émirat d'Abu Dhabi qui a la quasi-totalité des ressources en "Oil and gas".

Les Emirats arabes unis exportent environ 2 millions de barils de pétrole par jour, et ce chiffre devrait quasiment doubler en 2030 (d'après les prévisions du gouvernement). A raison d'environ 75 $ le baril, cela fait un revenu relativement confortable de 150 000 000 de dollars par jour. Oui, vous avez bien lu ! Cela fait près de 2000 dollars par seconde. Une coquette somme...

Et cela n'est pas près de s'arrêter. Les réserves des Emirats arabes unis sont les troisièmes au monde, et elles devraient durer pendant 80 ans au moins (110 ans au rythme actuel, qui devrait s'accélérer). Avec un prix du baril qui devrait vraisemblablement augmenter, cela donne des revenus qui feraient tourner la tête à Bill Gates lui-même.

Cet argent revient en très grande partie à la famille dirigeante d'Abu Dhabi, la famille Al Nahyan, qui redistribue ensuite cet argent, alimentant ainsi toute l'économie du pays.

Redistribution de l'argent du pétrole 

La famille Al Nahyan ne garde pas tout pour elle, vous vous en doutez. Elle redistribue la richesse de l'or noir à ses compatriotes par différents moyens. Les statistiques officielles sur les revenus exacts du pétrole et les mécanismes de redistribution n'existent pas, mais il est possible d'en avoir une idée.

Chaque Emirati reçoit du gouvernement une pension mensuelle d'environ 4000$ par mois, complétée par une allocation pour payer un véhicule. Pour chaque mariage (puisqu'un homme peut se marier jusqu'à 4 fois), la famille reçoit une prime de 25000$ et une villa en cadeau. Le couple touche également une prime pour chaque naissance.
Bien sûr, il faut avoir la nationalité émiratie pour pouvoir bénéficier de ces primes, et cette nationalité ne s'acquiert pas autrement qu'en épousant un Emirati pour une femme.

Au niveau des institutions, la famille Al Nahyan redistribue une importante proportion de sa fortune aux autres Emirats, et notamment aux Emirats du Nord, ainsi qu'aux différentes institutions gouvernementales.

Investissements

Les Emiratis se rendent compte que le pétrole n'est pas éternel (à l'inverse des diamants, qu'ils apprécient également beaucoup), et ne souhaitent pas retourner à leur condition d'avant le pétrole. 
Pour éviter de se retrouver dépourvu quand la bise viendra, ils investissent massivement leur argent, par l'intermédiaire des puissants fonds souverains. Ces fonds, généreusement dotés, achètent massivement des appartements, des sociétés, des usines, des bons du trésor, des clubs de foot... un peu partout dans le monde, et notamment en Europe. New York, Londres et Paris sont parmi leurs endroits préférés pour acheter des immeubles, qu'ils relouent ensuite.

Encore une fois, les statistiques officielles sont très rares sur le sujet, mais on estime qu'aujourd'hui, les investissements émiratis leur rapportent presque autant que l'extraction et l'exportation du pétrole, soit un peu plus de 100 millions de dollars par jour. Voila en effet de quoi passer tranquillement les difficultés inattendues.

Diversification de l'économie

En dehors des investissements à l'étranger, les Emirats arabes unis veulent également diversifier leur économie. Leur objectif affiché est de faire passer la part du pétrole dans le PIB à 40% (contre plus de 60% en ce moment). 
Parmi les secteurs privilégiés, on trouve la métallurgie (les EAU veulent devenir le 3e producteur mondial d'aluminium d'ici 2025), l'automobile, l'aéronautique, l'éducation (la New York University et la Sorbonne Abu Dhabi ont ouvert récemment leurs portes), les médias, et dans une moindre mesure, le tourisme.

Malgré cette volonté de diversification, l'économie reste très liée au pétrole, ne serait-ce que parce qu'un grand nombre des secteurs précédemment cités (la métallurgie, l'automobile et l'aéronautique en particulier) restent très liés au prix et à la disponibilité des ressources en pétrole.

Economie de Dubaï

Dubaï, en tant que grand rival d'Abu Dhabi, a voulu réellement exister face à Abu Dhabi. N'ayant que très peu de pétrole, il a fallu trouver un autre moyen d'exister. 
Hormis le commerce, c'est le tourisme, et notamment le tourisme de luxe qui ont été choisis comme pôle d'activité. Cette stratégie a bien fonctionné dans un premier temps. 

Pour attirer d'avantage d'investisseurs le gouvernement dubaïotte a décidé d'ouvrir le secteur du logement aux investissements étrangers. Ces investissements étrangers ont été la porte ouverte à une spéculation importante, donnant lieu à une crise du logement importante. La crise financière passant par là, l'économie de Dubaï a été durement touchée, et il lui a fallu compter sur l'aide de son riche voisin pour se relever. Pour plus d'informations, lisez notre article sur la crise à Dubaï.
Cependant, depuis 2012, l'économie Dubaïote repart lentement, mais sûrement. Cela dit, de nombreux projets fous ne repartiront sans doute jamais.

Les Emirats du Nord

Les Emirats du Nord n'ont pas la chance d'Abu Dhabi ; ils n'ont pas de pétrole. Aujourd'hui, les Emirats du Nord vivent grâce à la générosité de l'émirat d'Abu Dhabi, qui y possède quasiment tout (les compagnies d'eau, d'électricité...). Seul Sharjah fait un peu de résistance, et refuse l'aide de la capitale. Car cette aide se monnaye, bien entendu. Toutes ces négociations sont souterraines, mais vous imaginez bien que la générosité d'Abu Dhabi n'est pas complètement sans contrepartie.