› video : Edmond Carrère
› création interactive,programmation : Ludovic Burczyckowski
› musique pour cet extrait : Silent Journey DeciBel
› Design sonore : Fabien Bourdier
› direction technique : David Löchen
soutien logistique : Traverse, leGdRA

› Obia


Obia se définît de deux façons différentes. Il désigne soit un remède en médecine Bushinengué, soit une force spirituelle. Afin de trouver une solution à un problème, de prendre une décision ou d’obtenir un soutien dans une action, l’obia-man (guérisseur) communique avec des forces spirituelles.

L’installation explore les similitudes entre les pratiques spirituelles animistes qui tendent à disparaître chez les tribus Bushi-Nengé en Guyane et les rites de dévotions qui périclitent depuis quelques années dans le Limousin. Elle s’intéresse tout particulièrement aux liens entre les autels des ancêtres (Faaa tiki en nengué-tongo) et les bonnes fontaines (ou fontaines de dévotions, las bonas fonts en occitan). Malgré les milliers de kilomètres qui séparent les deux territoires, l’affinité entre ces traditions et coutumes est curieusement incontestable.

L’installation visuelle et sonore interactive a été imaginée comme une invitation à la déambulation dans un espace semblable à un lieu de culte. Le parcours laissé au libre choix du public est jalonné de neuf écrans sur lesquels sont projetées différentes vidéos tournées en forêt. Elles mettent chacune en scènes des pangui - vêtements traditionnels Bushi-Nengé -, mystérieusement soumis au mouvement répétitif d’une torsade. Une force invisible paraît leur donner vie. C’est le passage des visiteurs qui déclenche la vidéo et la mise en mouvement des pangui. Le dispositif interactif propose au public de prendre directement possession du lieu, de le construire et composer au gré de son cheminement. Cet « espace-miroir » réagissant au moindre geste est propice au questionnement intérieur. Il met en avant le lien privilégié que l’homme entretient avec la nature. Les vidéos-miroirs, sans refléter directement l’image du corps, interprètent les gestes et déplacements des visiteurs et les traduisent en torsades. Ils sont ainsi pleinement engagés dans cette mystérieuse cérémonie.