Le Numéro 1 de la dictée musicale sur CD

Le point de vue de J.-P. Couleau sur la dictée musicale 



 

  



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 







 



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   Beaucoup de choses ont été dites concernant la dictée musicale, et il y a encore beaucoup à dire.

    La dictée musicale est une discipline de la formation musicale. On peut dire qu'elle est le corollaire du chant. En effet, la lecture chantée est l'art d'associer un son à un signe, la dictée musicale est l'art d'associer un signe à un son (en général joué au piano) .

    Mais la différence, pour que le corollaire soit parfait, c'est que lorsqu'un élève chante, il est accompagné au piano (on peut le souhaiter). Il est donc tout de suite "immergé" dans une ambiance tonale. Son effort pour trouver la note juste est limité. Il se moque des altérations constitutives, puisqu'elles lui sont naturellement suscitées par l'accompagnement. Même les altérations accidentelles sont souvent préparées par l'harmonisation. Seuls les mouvement disjoints, les grands écarts en particulier, vont être les vraies difficultés. Je ne parle pas, évidemment, des épreuves de bravoure des hauts niveaux. Restons dans le cadre du premier apprentissage.

    En revanche, dans la dictée musicale, il n'y a pas d'accompagnement (en tout cas pour les dictées à une voix, les plus difficiles à mon sens). Si les mouvements disjoints restent toujours les plus difficiles, même un mouvement conjoint peut n'être pas évident, pour peu qu'il y ait une altération accidentelle. 

    La dictée musicale devient de fait une discipline à part où excellent d'abord et avant tout, les élèves qui possèdent l'oreille absolue. Je vais y revenir. Et puis il y a les pianistes, parce que la dictée musicale est souvent énoncée au piano, qui, instinctivement, se sentent dans la condition du jeu et qui vont vers la note directement, sans même vérifier, simplement parce que l'écart entendu correspond à un écart de doigts. Pour un clarinettiste, par exemple, le seul fait de n'être ni dans sa tonalité, même s'il n'a pas, ou pas encore, l'oreille absolue, ni dans son élément sonore habituel, peut être déroutant.

    On parle beaucoup de l'oreille absolue, surtout dès lors qu'on parle de dictée musicale. Qu'est-ce que l'oreille absolue ? C'est le fait de reconnaître une note pour elle-même, hors de tout contexte. Celui qui possède l'oreille absolue n'entend pas un klaxon de voiture, il entend une note ! Je parle là de l'oreille absolue naturelle, le don. Prendre une dictée musicale n'est alors pas un problème. Ce n'est qu'une question de concentration.

    Dès lors que certains élèves bons musiciens mais n'ayant pas l'oreille absolue se sont plaints de l'injustice de la dictée musicale qui les laissaient sur la touche, se sont élevées les voix de grands musiciens qui ont clamé qu'une bonne oreille relative est bien suffisante. Ils en parlent à l'aise, ceux pour qui la dictée musicale n'a jamais été un problème... Surtout que l'oreille relative (la reconnaissance d'une note par rapport à une autre note, connue celle-là) n'est pas la panacée. Comment faire dans le cas d'une dictée musicale atonale, pour peu qu'elle soit un trop volubile, car à la première erreur il n'y a plus de point de repère.

    Et la dictée musicale atonale fait partie de la panoplie des outils éliminatoires à l'accession des grandes classes d'écriture.

    Je pense qu'il faudrait que les maîtres aient la franchise de dire que sans l'oreille absolue, le chemin sera plus difficile ! Mais d'autre part, je pense simplement qu'ils ne se rendent pas compte, étant eux-mêmes nantis. "La dictée musicale, c'est de la comptabilité" me disait Pierre Barbizet. Pour lui, sans doute. Le dicton "L'argent ne fait pas le bonheur" a dû être inventé par un riche... mais qui n'était pas moins sincère pour autant ! 

    Et malgré ces belles et rassurantes affirmations, on continue à faire de la dictée musicale ! Parce que personne ne peut dire, à coup sûr, que la dictée musicale ne prouve rien.

    L'oreille absolue s'acquiert, il faut le savoir, à force de pratique de son instrument. Beaucoup de musiciens, d'ailleurs, ont l'oreille absolue pour leur instrument uniquement. Ce qui favorise, encore une fois, et il faut le dire, les pianistes pour la dictée musicale, parce que, je le répète, celle-ci est en général énoncée au piano. 

    Même si cette oreille absolue "acquise" n'est pas clairement et ostensiblement révélée, une espèce d'instinct se met en place, et, pour peu que la dictée musicale ne soit pas faite dans de mauvaises conditions de stress, l'élève finit par trouver la note, sans savoir comment. Dans le cadre de la dictée musicale, l'écueil est qu'il faille réfléchir, pour des raisons de forme (parce qu'il y a une forme de la dictée musicale, même si elle change de temps en temps), ou pour des raisons de tournure déroutante de phrases. Et puis surtout parce qu'il y a le côté scolaire, on ne doit pas se tromper, il y aura à la fin le couperet de l'évaluation. Le même élève qui a trouvé une note instinctivement, est prêt à changer la note qu'il vient de prendre, simplement si on lui demande de réfléchir. L'oreille absolue appartient au cerveau droit, le raisonnement au cerveau gauche. 

    Je crois beaucoup qu'une fois que ce modus operandi de la dictée musicale est devenu routinier, l'élève peut se laisser aller à son instinct, à son cerveau droit. Et c'est dans ce but que j'ai créé ce cours de dictée musicale, pour que l'élève puisse, chez lui, hors de tout stress, s'entraîner et ne plus dramatiser l'erreur. Une dictée musicale peut ainsi être recommencée. On peut même, grâce au bouton "pause", allonger le temps de réflexion entres deux lectures. On peut aussi commencer par des niveaux faciles.

    La dictée musicale n'est pas une formalité, sauf pour les "titulaires" de l'oreille absolue. Et il est très frustrant pour un élève de musique d'être considéré comme un élève qui "n'a pas d'oreille". Surtout que cette frustration ne risque de ne lui être révélée que pendant la classe de formation musicale. Son professeur d'instrument peut ne pas s'en rendre compte (preuve en est qu'il ne faut rien dramatiser). Parce que le but des études instrumentales, c'est tout de même de jouer de son instrument, et non de prendre une dictée musicale.

    Il est rare que des études, quelles qu'elles soient, ne soient pavées, çà et là, de matières où l'on éprouve plus de difficulté. Pour un élève musicien, que la dictée musicale soit un écueil n'a rien d'extraordinaire. L'essentiel est de trouver le bon outil pour se perfectionner.

    C'est mon ambition avec ce cours de dictée musicale, qu'il soit, justement, ce bon outil.

J.-P. COULEAU