Actualité


  • Le Front national en campagnes. Les agriculteurs et le vote FN
  • Avec Jérôme FOURQUET
  • Le vote des agriculteurs lors de l’élection présidentielle de 2017 devrait être scruté de près car on observe depuis le début des années 2000 une montée notable de la popularité des idées du Front national au sein du monde agricole. En 2017, Marine Le Pen pourrait donc y effectuer une nouvelle percée spectaculaire. Or le vote des agriculteurs continue à compter, même si leur part dans la population active, et a fortiori dans la population française totale, est devenue aujourd’hui très marginale, et à pencher vers la droite et désormais de plus en plus souvent vers l’extrême droite.
  • Pourtant, jusqu’au début des années 2000, les agriculteurs figuraient parmi les catégories les moins sensibles au discours du Front national. Le tournant s’est opéré le 21 avril 2002, lorsque les agriculteurs ont apporté un soutien significatif à Jean-Marie Le Pen. En 2012, Marine Le Pen a également enregistré un score élevé au sein du monde agricole. Différents facteurs semblent expliquer ce phénomène : une déception des agriculteurs vis-à-vis des politiques, l’impression d’être victimes d’une mutation économique liée à la mondialisation, un sentiment de déclassement social, la perception d’une montée de l’insécurité, la progression d’un euroscepticisme et une profonde crise identitaire traversée par la profession.
  • Fondation pour l'innovation politique, octobre 2016
  • Etude intégralement consultable en ligne
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  • Les zadistes (1) : un nouvel anticapitalisme
  • Les « zones à défendre » (ZAD) et les zadistes ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières années. Ce fut tout notamment le cas à l’occasion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore de la ZAD du Testet, dans le Tarn, où un militant écologiste est décédé en octobre 2014. Une ZAD est une « zone à défendre » pour les activistes qui occupent, la plupart du temps de façon illégale, une « zone d’aménagement différé », c’est-à-dire une zone au sein de laquelle un projet d’aménagement doit être réalisé. Il existe actuellement près d’une dizaine de « zones à défendre » en France.
  • Les occupants de ces ZAD sont communément appelés « zadistes ». Ce sont souvent des jeunes qui ont décidé de rompre avec une société dont ils rejettent les valeurs et qui entendent vivre autrement. Ces zadistes s’opposent à ce qu’ils appellent des « grands projets imposés inutiles ». Ils souhaitent aussi mettre en place une alternative sur les ZAD , qui se réfère en particulier aux idéaux de la décroissance et de la transition post-pétrolière et aux pratiques libertaires. Cette articulation entre luttes et alternative est sans aucun doute l’une des principales singularités des « zones à défendre ».
    Même si, à ce stade, il est difficile de parler d’un « zadisme » en tant que tel, on peut néanmoins considérer que ce phénomène est vraisemblablement appelé à durer car il est le symptôme de différentes évolutions de la société française.
  • Fondation pour l'innovation politique, avril 2016
  • Etude intégralement consultable en ligne
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  • Les zadistes (2) : la tentation de la violence
  • Les « zones à défendre » (ZAD) et les zadistes ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières années. Ce fut tout d’abord le cas de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore de la ZAD du Testet, dans le Tarn, où un militant écologiste est décédé en octobre 2014. Ils suscitent néanmoins de très forts clivages et de nombreuses interrogations.
  • Les ZAD et les zadistes possèdent, en effet, plusieurs zones d’ombre. Les principales sont l’illégalité des occupations, transformant les « zones à défendre » en de véritables zones de non-droit sur le territoire national, et un rapport des zadistes à la violence qui est très ambigu et le recours à cette même violence de la part des éléments les plus radicaux en leur sein, avec un questionnement plus spécifique sur le rôle joué par les individus qui agissent en formant un Black Bloc et sur l’importation éventuelle en France des techniques des écoguerriers.
    La multiplication un peu partout en France des « zones à défendre » et des formes de contestation de projets d’aménagement soulève en définitive une question de fond, celle du choix du modèle de société que nous voulons : souhaitons-nous une société axée sur la croissance ou bien sur la décroissance, alors qu’une infime minorité s’arroge le pouvoir d’appliquer de facto une transition écologique dans une partie du territoire et d’imposer sa vision décroissante aux autres soi-disant au nom des intérêts supérieurs de la planète ?
  • Fondation pour l'innovation politique, avril 2016
  • Etude intégralement consultable en ligne
  • COUV-ZAD022 Déf