Pierre Serna - Quelle place pour les animaux dans les SHS sans parler à leur place ?

Colloque Interdisciplinaire Et International 2017 - Les Etudes Animales Sont-Elles Bonnes A Penser ? 8-10 nov 2017


Pierre Serna, professeur d’histoire moderne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Institut d’histoire de la Révolution française

Titre :  Quelle place pour les animaux dans les SHS sans parler à leur place ?

Résumé : Cette communication se propose de poser la question de la place du chercheur face, contre, devant, derrière, dessous et au-dessus mais jamais à la place de l’animal que l’on ne saurait faire parler, sentir ou s’exprimer à sa place, au risque de confondre empathie et vrai questionnement sur l’étrange étrangeté de cet autre être vivant à côté des animaux humains. 
Pour ce faire, sera étudié le travail de Frédéric Cuvier, méconnu par rapport à son frère. Il se trouve à la tête de la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle (1803-1838) et va mettre au point une méthode d’observation d’études et d’analyse des animaux le faisant aboutir à deux types de constats aussi paradoxaux que neufs et encore à explorer.
Dans un premier temps il va poser les fondements de la sociabilité des animaux, terme jusque-là réservé aux humains civilisés. Cuvier soutient la justesse de ce terme après de longues observations des mœurs des animaux dont il a la responsabilité, allant plus loin que le fait de société, ayant l’intuition que les relations entre eux les améliorent et construisent des liens qui tissent la sociabilité comme forme de relations privilégies et constructrice de mieux-être entre les membres d’un même groupe. Le second temps de la communication sera consacré au constat de la mélancolie possible et la pathologie complexe mais bien réelle parmi les animaux lorsque cette sociabilité se détériore et en vient à altérer la santé mentale des animaux, leur conférant une richesse psychologique en leur propre. Ainsi la spécificité dans le monde animal de deux formes de relations ou de dégradation de relation le plus souvent pensées pour et par l’homme permet de poser un jalon qui constitue un lien entre des thèmes des SHS et l’originalité du monde animal, encore à découvrir, en enrichissant le mode de connaissance de cet Autre sans avoir à se substituer à lui ou à le remplacer pour mieux « le dire ». 

Comments