Georges Chapouthier - Recherche animale : de l’animal-objet à l’animal sensible

Colloque Interdisciplinaire Et International 2017 - Les Etudes Animales Sont-Elles Bonnes A Penser ? 8-10 nov 2017


Georges Chapouthier, directeur de recherche émérite au CNRS

Titre : La Recherche animale : de l’animal-objet à l’animal sensible

Résumé : Dans beaucoup de civilisations, l’animal a été humanisé, voire divinisé. A la suite de Descartes et son élève Malebranche, la pensée occidentale a préféré opter pour le modèle de l’animal-objet, qui a guidé toutes les recherches en biologie animale bernardienne. Par un original retour des choses, les résultats mêmes de la recherche animale ont montré de nombreuses ressemblances entre l’homme et les animaux, aussi bien dans les domaines « naturels » (génétique, anatomie, physiologie, pathologie…) que dans les domaines culturels, où l’éthologie moderne a souligné la proximité de l’être humain et de certains animaux. La théorie de l’évolution a fait de l’espèce humaine une espèce animale parmi d’autres. La plupart des animaux sont des êtres dotés, comme l’homme, d’une sensibilité nerveuse et sont proches de l’être humain sans lui être exactement identique. Certains animaux « céphalisés » possèdent, comme l’être humain, des aptitudes à la douleur et à la souffrance consciente. Cette conception moderne de l’animal sensible amène à envisager la recherche animale sous un tout autre angle que la conception traditionnelle occidentale de l’animal–objet et à faire davantage de place à la réflexion morale. La notion de « droits de l’animal », telle qu’elle est comprise par la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal, pourrait être une bonne manière d’aborder cette question dans les états de droit.

Référence : G. Chapouthier, Kant et le chimpanzé, Belin, Paris, 2009

Comments