Enrique Utria - L’abolitionnisme en éthique animale

Colloque Interdisciplinaire Et International 2017 - Les Etudes Animales Sont-Elles Bonnes A Penser ? 8-10 nov 2017

Enrique Utria, doctorant en philosophie à l'Université de Rouen

Titre: L’abolitionnisme en éthique animale : au confluent de la théorie de l’évolution, de la nutrition, du droit et de la politique

Résumé: Dans cet exposé, je me propose de montrer comment les courants contemporains d’éthique animale se sont construits sur des analyses qui ne relèvent pas uniquement de sa discipline mère, la philosophie morale. Les abolitionnistes s’appuient sur des considérations scientifiques, éthologiques, nutritionnelles, juridiques et politiques. Pour sortir des pièges tendus par le cartésianisme, le père contemporain des droits des animaux, Tom Regan, en appelle au darwinisme, et la philosophe française, Florence Burgat, s’appuie sur la pensée des pionniers de l’éthologie comme Uexküll, Buytendijk et Lorenz. Pour répondre aux objections centrées sur la nature omnivore de l’être humain, les éthiciens de la cause animale s’appuient sur la science de la nutrition. Si des carences graves en protéines, calcium, fer, etc., menaçaient les partisans du véganisme, la libération animale s’en trouverait compromise. Sans la découverte de la vitamine B12 dans les années 70, et sa production synthétique industrielle, le véganisme eût été impossible.

Enfin, les abolitionnistes, comme Tom Regan ou Gary Francione, étayent leur argument par une réflexion sur le concept de droit, compris comme « intérêt protégé », suivant en cela Bentham et Ihering. La dernière génération de philosophes abolitionnistes, comme Sue Donaldson et Will Kymlicka, pensent à nouveau frais la question politique, considérant que les catégories de « citoyen”, « résident », et « nation souveraine » peuvent être appliquées aux autres espèces animales.


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