Cédric Sueur - L’anthropomorphisme, entre le bien fondé et la dérive risquée

Colloque Interdisciplinaire Et International 2017 - Les Etudes Animales Sont-Elles Bonnes A Penser ? 8-10 nov 2017


Cédric Sueur, Maître de Conférences à l'Université de Strasbourg, Ethologue et Primatologue, responsable du master "Droit et Ethique de l'animal"

Titre: L’anthropomorphisme, entre le bien fondé et la dérive risquée

Résumé: L’anthropomorphisme est l’attribution des caractéristiques humaines à d’autres entités telles que des dieux, des animaux, des objets et des phénomènes. Dans le cadre de notre relation avec l’animal, ceci correspond à attribuer aux animaux de différentes espèces des intentions, des sentiments et des émotions derrière les comportements que ces derniers vont présenter quelles que soient nos connaissances de l’éthologie de l’espèce. Ce même phénomène d’attribution se produit aujourd’hui avec l’émergence de la robotique, et particulièrement si les robots ont une apparence humaine ou animale. Cette capacité cognitive de projection aurait évolué chez l’Homme afin qu’il puisse mieux comprendre le monde qu’il l’entoure et qu’il puisse mieux interagir avec lui. Cependant, nous voyons aujourd’hui que cet anthropomorphisme, qui devrait plus être utilisé comme un principe de précaution, devient systématique dans notre relation à l’animal. Doit-on attribuer les mêmes capacités cognitives à une fourmi qui présente un comportement d’altruisme similaire à celui d’un éléphant ? En science, à l’inverse, le principe de parcimonie ou le simplisme est le mot d’ordre dans la compréhension du monde biotique et abiotique. La question est de savoir si la sur-utilisation non fondée d’un de ces concepts nous permet de mieux gérer le bien-être des espèces animales et de leurs représentants ou au contraire met un frein à notre relation avec ces derniers.

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