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 Dr Marc Pilliot

Martin Winckler
(Dr Marc Zaffran)
 

Dr Dominique LEYRONNAS
 



Olivier Maurel
 



Juliette Binoche
 
 
Dr Edwige Antier
  
James Akré
 
Claude Didierjean
 
 Dr Jack Newman
 
 
 
 



La CoFAM
 

La Leche league France

 
 
 



IHAB France
 
 
 L'association Galactée
 
 

Témoignage de soutien de Juliette Binoche, depuis son lieu de  tournage à Vancouver (12-05-13)

 

L'allaitement est un des liens premiers qu'une mère peut donner à son enfant pour le rassurer, le combler, c’est le début de la confiance, de l’écoute, de l’échange…

L'allaitement est aussi les premiers pas du langage, quand le bébé après avoir pris le sein regarde sa mère et commence à émettre des sons, à ouvrir la bouche, à sourire, souvent dans le bonheur d'avoir été comblé, il sent les bras, la voix, l'amour et la  présence de la mère.

J'ai allaité mes deux enfants, cela n'a pas été facile car les débuts sont souvent douloureux et on est souvent mal informé. Grâce à quelques conseils ingénieux 

et à l'association Leche League France, j'ai pu dépasser la difficulté et avoir une vraie rencontre avec mes deux enfants pendant ce temps de partage privilégié. 
 
Juliette Binoche
 
 

Dr Marc PILLIOT, pédiatre Pôle Mère-Enfant du CH de Tourcoing (labellisé « Ami des Bébés » en 2010), membre fondateur de IHAB France, membre de la CNNSE* du Ministère

 



Signataire de la pétition avec le commentaire suivant :
 
Madame la Ministre,

Plusieurs éléments m’ont conduit à soutenir pleinement cette pétition :

 

 

1. Lorsqu’une maman ne réussit pas son projet d’allaitement, elle en conclut toujours qu’elle en est responsable : incompétence de sa part, lait insuffisant ou de mauvaise qualité… De cette façon, subrepticement, sa relation avec son enfant commence par une perte de confiance dans ses capacités de mère. Cela peut être lourd de conséquences par la suite.

 
 

2. Or, si on analyse la situation, l’échec est le plus souvent en rapport avec des conseils inadaptés et contradictoires, reçus en maternité et/ou pendant le 1er mois.

 
 

3. Quand une mère réussit son allaitement et le prolonge plusieurs mois, elle rencontre très souvent des professionnels qui l’incitent rapidement à commencer le sevrage, alors que les instances scientifiques conseillent un allaitement exclusif pendant 6 mois et avec une alimentation diversifiée jusqu’à 2 ans.

 
 

4. L’allaitement commence en maternité et les 1ers jours sont cruciaux pour un bon démarrage. Certes la lactation est physiologique, mais l’allaitement et la façon de le conduire sont des comportements culturels qui ont besoin d’un accompagnement et d’un apprentissage. Celui-ci peut être difficile si le bébé s’y prend mal pendant les 1ers jours.

 
 

5. Puisque, de nos jours, il n’y a plus vraiment de transmissions intrafamiliales (les grand-mères actuelles ont peu ou pas nourri au sein), il est fondamental d’avoir, en maternité, des professionnel(le)s qui accompagnent les mères et les bébés dans le respect de leurs besoins et de leurs rythmes et dans le respect du choix des parents. Pour ce faire, l’OMS conseille au minimum 20 heures de formation pour les professionnel(le)s. En France, les sages-femmes et les puéricultrices ont un nombre d’heures bien inférieur, variable selon les régions et les écoles. Quant aux auxiliaires puéricultrices, qui sont souvent avec les mères en maternité, leur enseignement est souvent obsolète. Il en résulte des échecs d’allaitement, non visibles en maternité puisque les séjours sont de plus en plus courts. Ainsi, beaucoup de mères arrêtent leur allaitement dès les 1ères semaines, avec une sensation d’échec.

 
 

6. Bref, beaucoup de professionnels croient savoir et ne savent même pas qu’ils ne savent pas. Certes, ils connaissent les bienfaits de l’allaitement maternel pour la santé de l’enfant et de sa mère (documents PNNS). Ainsi ils encouragent les femmes enceintes à allaiter, mais ils ne savent pas les aider après la naissance. Il en résulte des échecs, des impressions d’être forcées, des pertes de confiance en soi, puis finalement des refus d’allaiter lors d’une naissance suivante. Il ne sert à rien de chercher à augmenter à tout prix le pourcentage d’enfants allaités, mais il est fondamental que les femmes ayant choisi d'allaiter puissent mener à bien leur projet, sans difficulté et sans être confrontées à des conseils inadaptés.

 
 
Tout en vous remerciant d’accueillir cette pétition avec bienveillance, je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’expression de ma haute considération
 
 

Dr Marc PILLIOT, Pédiatre
Pôle Mère-Enfant du CH de Tourcoing, labellisé « Ami des Bébés » en 2010
Membre fondateur de IHAB France
Membre de la CNNSE* du Ministère
 
 
*CNNSE = Commission Nationale de la Naissance et de la Santé de l’Enfant

 

 
 

 Communiqué de la CoFAM
 

 

La Coordination Française pour l’Allaitement Maternel  (CoFAM) regroupe au plan national les associations, les professionnels de santé, les professionnels de l’enfance et les réseaux périnatals qui oeuvrent pour l’allaitement maternel. En France les femmes qui font le choix d’allaiter rencontrent encore des difficultés pour être accompagnées et aidées par des professionnels compétents c’est-à-dire formés en allaitement. En effet tous n’ont pas reçu une solide formation en allaitement maternel pendant leurs études ou après. La Cofam déplore ce triste constat : elle pense que chaque projet d’allaitement doit être respecté et soutenu par des professionnels compétents et ce, à tous les niveaux : des pédiatres aux auxiliaires de puériculture, des dentistes aux anesthésistes, des sages-femmes aux pharmaciens, etc....

La CoFAM très sensible à cette question de la formation des professionnels de santé a constitué un groupe de travail chargé de rassembler les informations sur les différentes filières de formation  des professionnels et de faire des propositions : elle constate en effet qu’il y a plus d’heures de formation consacrées aux préparations pour nourrissons et à l’alimentation des nourrissons non allaités qu’à l’allaitement maternel. Les bénéfices de l’allaitement et les risques du non-allaitement ne sont pas expliqués suffisamment. Cela induit une inégalité flagrante au regard des conseils et soins prodigués par la suite par ces professionnels aux mères ainsi qu’à leurs bébés.

Les professionnels de santé possédant les formations adaptées au soutien à l’allaitement (Consultants en lactation IBCLC, DIULHAM) ne sont pas facilement identifiables (la publication d’un annuaire n’étant pas autorisée par les différents Conseils de l’Ordre). Par manque de temps ils ne peuvent multiplier les consultations d’allaitement qui sont toujours longues et sont mal rémunérées. Certains professionnels formés exerçant à l’hôpital, en maternité ou en PMI ne sont pas remplacés pendant leurs congés et les postes dédiés à l’allaitement dans ces services publics sont de plus en plus souvent supprimés en premier quand des contraintes budgétaires s’imposent aux services. Ceci est inacceptable.

 

Aussi, la CoFAM a-t-elle  soutenu la pétition “Droit au soutien à l’allaitement maternel” dès qu’elle a été sollicitée par Mme Delavarenne. Elle reflète en effet le désarroi (parfois la colère) de plus en plus important des femmes qui n’ont pas pu allaiter par manque d’informations objectives et/ou qui ont rencontré des difficultés les ayant obligées à sevrer leur bébé à contrecoeur. Pas par manque de dévouement ou d’implication des professionnels rencontrés mais par manque de formation, de connaissances et de temps.

La recherche sur l’allaitement maternel avance de plus en plus vite, la formation initiale et continue de toutes les professions de santé en rapport avec la petite enfance ne suit pas.
La seule alternative pour les familles à ce jour est de pouvoir se reposer sur les associations  de terrain dynamiques qui oeuvrent bénévolement, avec peu de moyens, pour le soutien de l’allaitement.
Quelle belle chaîne de solidarité verrait alors le jour, si la formation initiale des professionnels de santé était enrichie des nouvelles connaissances sur l’allaitement, si les professionnels compétents avaient le temps nécessaire au soutien à l’allaitement, et si tout établissement (maternités, PMI...) ou toute personne en lien avec les mères ( pédiatre, pharmacien,...) relayait  les informations concernant les associations de soutien. Un travail efficace en réseau pourrait ainsi se mettre en place pour accompagner les parents dans leur projet d’allaitement quel qu’il soit. L’égalité au regard des soins serait alors respectée : chaque femme ayant le droit de bénéficier des meilleurs soins possibles pour son suivi et celui de son enfant, qu’elle allaite ou pas.

 

La CoFAM

 

 

James Akré, sociologue et membre de l’International Board of Lactation Consultant Examiners

Signataire de la pétition avec le commentaire suivant :
Madame la ministre,

C’est avec conviction que je soutiens cette pétition pour un renforcement de la cohérence dans la politique française concernant la protection, l’encouragement et le soutien apporté aux mères, aux nourrissons et aux jeunes enfants en matière d’allaitement maternel.

Je félicite le Gouvernement français pour son rôle précieux lors de la formulation de la Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant qui a été adoptée, par consensus, le 18 mai 2002 par la Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé.

Sous la rubrique « Application de mesures prioritaires » la Stratégie mondiale met en exergue diverses interventions critiques dont a) la formation des agents de santé qui s’occupent de la mère, de l’enfant et de la famille en ce qui concerne les compétences, entre autres, en matière de conseil et d’assistance nécessaires pour l’allaitement et b) la révision et le remaniement des programmes d’études de tous les agents de santé afin de fournir des informations et des conseils appropriés sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.

Je vous remercie de faire bon accueil à cette pétition pleine de bon vouloir et de bon sens.

James Akré, auteur et commentateur, Genève
Les éditions du Hêtre : 7 questions à James AKRE
 
 

Olivier Maurel, auteur de "la fessée, questions sur la violence éducative", fondateur de l'Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (OVEO)

 
 
Je ne peux apporter que le témoignage d'un père qui a vu sa femme allaiter ses cinq enfants, l'un d'entre eux jusqu'à 18 mois, les autres au moins un an. Et cela souvent contre l'avis des professionnels qui essayaient de la décourager, qui prétendaient qu'il fallait attendre au moins un jour avant de donner à téter, qu'en allaitant trop longtemps un enfant on l'exposait à manquer d'éléments essentiels, etc.
Inutile de dire que les cinq enfants en question sont aujourd'hui des adultes en bonne santé.

Olivier Maurel 
 
 

Claude Didierjean-Jouveau, Auteur,  rédactrice en chef de la revue de la Leche League France, “Allaiter aujourd'hui”

 

On sait que l’enseignement reçu par les professionnels de santé au sujet de l’allaitement est pour le moins succinct (une heure et demie pour les médecins pendant toutes leurs années d’études) et parfois inexact, non fondé sur les recherches les plus récentes en matière d’anatomie-physiologie de la lactation.

Résultat : de nombreuses femmes souhaitant allaiter ne reçoivent pas l’information et le soutien dont elles auraient besoin pour bien démarrer l’allaitement et pour le poursuivre dans de bonnes conditions.

 

C’est souvent dès la maternité que les choses se gâtent : quand le professionnel ne sait pas observer une tétée et voir si la succion est efficace ou pas, et que la mère sort avec un bébé qui ne tète pas vraiment et ne va pas prendre de poids ; quand un frein de langue court n’est pas diagnostiqué et coupé, entraînant douleurs de mamelons et faible prise de poids ; quand la mère reçoit le conseil de limiter les tétées, que ce soit en nombre ou en durée, etc.

 

Par la suite, le manque de formation des professionnels de santé continue à avoir des conséquences dommageables sur l’allaitement : chaque jour, des mères allaitantes et des enfants allaités sont mal diagnostiqués et/ou mal soignés, voire pas soignés du tout.

Mal diagnostiqués parce que l’allaitement opère très souvent comme un rideau de fumée qui empêche, évite ou donne une excuse pour ne pas aller voir derrière. C’est le bébé qui ne prend pas de poids, bien sûr parce que le lait de sa mère n’est pas suffisant, alors qu’il a peut-être une infection qui l’empêche de grossir. C’est la femme anormalement fatiguée à qui le médecin dit qu’il suffirait qu’elle arrête d’allaiter, alors qu’elle souffre d’hypothyroïdie ou est gravement anémiée. Etc., etc.

Mal soignés parce que les médecins se contentant, en matière de pharmacopée, de regarder dans le Vidal, croient presque tous les médicaments incompatibles avec l’allaitement, et refusent donc de les prescrire si la mère n’arrête pas – totalement ou temporairement – l’allaitement (alors qu’il leur suffirait de connaître des sources d’information fiables, comme le site lecrat.org ou le réseau Médic-Al, pour savoir quoi prescrire).

Pas soignés si la mère refuse d’arrêter l’allaitement et préfère ne pas se soigner, au risque de compromettre plus ou moins gravement sa santé.

 

Heureusement, depuis quelques années, un certain nombre de professionnels de santé ont entrepris de se former sur le sujet, soit en suivant des enseignements ad hoc (DIU de lactation humaine, préparation à l’examen de consultante en lactation), soit en assistant à des formations dispensés par des organismes spécialisés (Am-F, Co-naître…).

Espérons qu’ils seront de plus en plus nombreux à entreprendre une telle démarche, et espérons aussi que l’enseignement dans les facultés de médecine, les écoles dentaires, les écoles d’auxiliaires de puériculture, etc., soit enfin à la hauteur de l’enjeu : permettre à toutes les femmes qui choisissent d’allaiter leur bébé de recevoir les conseils et les informations exactes leur permettant de réussir.

 

Claude Didierjean-Jouveau

 

 

Edwige Antier, pédiatre, auteur et ancien députée de Paris

 

Comment on « casse » l’allaitement maternel en France :

 

Lorsqu’une femme française allaite :

-       plus 3 semaines, c’est une « bonne maman »;

-       plus de 3 mois, c’est « un héros » ;

-       plus de 6 mois, elle doit « aller chez le psy ».

Nous sommes dans un pays où les seins sont faits pour s’exhiber dans la transparence des défilés de mode, se dénuder sur les plages, mais les voir dans la bouche des bébés dérange vite !

C’est pour ce problème culturel que l’on ne forme pas les professionnels de maternité à l’allaitement maternel. Ou plutôt qu’on les déforme :

-         bébé n’est même pas encore né que l’on demande à la future maman si elle va allaiter ou non ? Alors qu’elle aurait 48h après la naissance pour décider, et plusieurs semaines pour découvrir l’allaitement avec son bébé, ce bébé là (chaque allaitement est différent selon le bébé)…

-         Au moindre pleur, on intime de donner une sucette au lieu du sein : « c’est pas l’heure ! » Alors que c’est la succion qui fait venir le lait…

-         Puis on décide que la mère « n’a pas assez de lait ! » même si les françaises ont autant de lait que les nordiques qui n’en manquent jamais…

-         L’entourage persuade la mère que son lait « n’est pas bon » (alors que si elle le donne au lactarium, on sait qu’il est toujours bon pour les prématurés…)

-         Qu’elle va abîmer ses seins (même s’il n’y a pas plus de demandes de chirurgie esthétique chez celles qui ont allaité…)

-         Alors, c’est une inflation de bébés qui pleurent, auxquels on donne tant de médicaments, anti-coliques, anti-reflux… de vraies armoires à pharmacie, alors qu’il aurait fallu simplement soutenir la mère dans son allaitement…

 

Passées les 3 premières semaines, avoir bébé au sein est un bonheur infini. Pas une jouissance rivale du rapport amoureux, non ! La sérénité de voir ce petit être si dépendant se construire dans la douceur. Et la mère peut continuer 3 mois, 6 mois, 1 an, à la suédoise, autant qu’elle le veut. Elle peut mixer en douceur quand elle reprend le travail et garder des tétées câlins, reposantes pour tout le monde la nuit. Le père est alors le premier fan !

Pousser les femmes vers le biberon, c’est de l’archéoféminisme. Le néofeminisme, c’est savoir aider une jeune mère à réussir ce que la plupart d’entre elles souhaitent : réussir l’allaitement de son enfant.

Edwige Antier
 

Sylvie Ricochon, présidente de LLL France

 

Madame la Ministre,

Je suis très heureuse au nom de toutes les animatrices de La Leche League France que je représente d'apporter la voix de LLL à cette pétition. Nous trouvons réjouissant de voir une telle initiative de la part de « parents anonymes » et souhaitons qu'elle ne reste pas lettre morte.

Depuis bien longtemps LLL France, association basée sur le partage d'expérience et la solidarité entre femmes, mères et plus généralement parents, a compris l’importance de la formation des professionnels de santé : un département de notre association est consacré à cette activité. Des formations sur 2 ou 4 jours et des journées spécifiques comme dernièrement la Journée Internationale de l'Allaitement à la Cité des Sciences de Paris La Villette sont proposées aux professionnels de santé afin de leur offrir des informations de qualité, à la pointe de la recherche dans ce domaine particulier qu'est l'allaitement. Nous participons ainsi à la formation continue des médecins comme le font d'autres organismes et associations. Mais cela ne suffit pas. L'idée que les professionnels de santé doivent recevoir une formation de qualité au cours de leurs études doit être encouragée et établie par l'État.

Les mères souhaitant allaiter sont largement majoritaires en France aujourd'hui : selon l’étude ÉPIFANE dont les conclusions sont parues en septembre 2012, plus des deux-tiers des nourrissons (69%) recevaient du lait maternel à la maternité (60% de façon exclusive, 9% en association avec des formules lactées). Dès l’âge de 1 mois, ils n’étaient plus que la moitié (54%) à être allaités, et seulement 35% de façon exclusive. Si les taux baissent de la sorte c'est bien que quelque chose ne va pas. L'allaitement en soi n'est ni une maladie, ni une mode, c'est tout simplement ce que la nature a prévu pour nourrir le petit d'homme. À ce titre il a besoin d'être reconnu à sa juste valeur et soutenu, par les professionnels de santé mais également la société toute entière et les autorités sanitaires de notre pays. Les progrès sont tangibles et il est nécessaire que les recommandations ô combien importantes édictées par le ministère de la santé aillent plus loin : mettre en place la formation initiale des professionnels de santé. Il n'est pas acceptable d'entendre encore de nos jours des mères souhaitant allaiter dire : « je voulais mais je n'ai pas pu... »

En vous remerciant d'accueillir avec un intérêt bienveillant cette initiative, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.

Sylvie Ricochon
Présidente de LLL France
Au nom de toutes les animatrices de l'association

 

 

Dr Jack Newman, pédiatre

 
 
Fondateur de la première clinique d’allaitement en milieu hospitalier au Canada en 1984.  Ancien consultant pour l’UNICEF dans le cadre de l’Initiative Hôpital Ami des Bébés il et a évalué les premiers Hôpitaux Amis des Bébés au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Canada.

Il nous autorise à partager ici le chapitre 2 de son premier livre (L'allaitement, comprendre et réussir avec dr Jack Newman -Jack Newman, Teresa Pitman) qui concerne le rôle des professionnels de santé dans le soutien à l'allaitement maternel...

Vous y trouverez notamment des indices vous permettant de déterminer si votre soignant est en mesure de soutenir votre allaitement.

 
En voici un extrait :

"Cette incapacité à soutenir les mères vient parfois de leurs propres expériences parentales. C’est difficile d’offrir beaucoup de soutien et d’encouragements aux mères à propos de l’allaitement si leurs expériences d’allaitement (ou celles de leurs conjointes) ont été empreintes de douleur, que le bébé était très maussade, ou s’il y a eu un sevrage rapide vers le lait industriel. C’est également difficile lorsque leur formation médicale ne comporte pas vraiment d’information sur la gestion de l’allaitement et ses techniques, comment favoriser un bon démarrage ou résoudre un problème qui survient. Après la fin des études, la situation ne s’améliore pas. Au lieu de recevoir de bonnes informations sur l’allaitement, le médecin est inondé de publicités provenant des fabricants de préparations commerciales pour nourrissons, et d’invitations à des séminaires sur la nutrition infantile commandités évidemment par ces mêmes fabricants… !

Nombre de professionnels de la santé soutiennent l’allaitement uniquement lorsque tout va bien et que c’est facile. Certains ne le favorisent pas du tout. Dès qu’il y a des difficultés, que la croissance du bébé correspond moins aux courbes de croissance ou que le mode de vie de la nouvelle mère n’est pas irréprochable, trop de professionnels suggèrent que le bébé soit sevré ou supplémenté avec des préparations commerciales pour nourrissons. Cela est presque toujours inutile et pourrait être évité avec un soutien à l’allaitement adéquat."

 

Communiqué de IHAB France (Initiative Hôpitaux Amis des Bébés France)

 

 
La formation des professionnels de santé sur l’allaitement maternel est essentielle pour que toutes les femmes puissent décider d'allaiter de façon éclairée et objective, puis poursuivre leur allaitement le temps qu’elles souhaitent, tout en trouvant  un soutien  compétent en dehors des pressions commerciales et des préjugés culturels.

Protéger, encourager et soutenir l’allaitement maternel  sont trois piliers sur lesquels s’appuie l’Initiative Hôpital Amis des Bébés (IHAB), lancée par l’UNICEF et l’OMS depuis 1991. Pour ce faire, le programme Ami des Bébés est basé sur la formation de tous les professionnels de santé du service, sur l’organisation des soins dans le respect des rythmes et des besoins du bébé et de la maman, et sur le soutien parental.
Les établissements Amis des bébés travaillent aussi en réseau avec les associations et les autres acteurs de la santé de leur territoire et participent ainsi à l’accroissement des compétences de chacun.

Actuellement, sur 530 maternités qui existent en France, il y a seulement 18 maternités et services de néonatologie qui ont reçu ce label, montrant bien qu’il y a encore beaucoup à faire dans le cadre de la formation des professionnels sur l’allaitement maternel, sa physiologie et son accompagnement.

C’est pourquoi IHAB France soutient cette demande d’un véritable effort de formation de tous les professionnels  de santé, en commençant par les formations initiales.

IHAB France : http://amis-des-bebes.fr/


L'association de soutien à l'allaitement "Galactée"


      L'association Galactée est une association de soutien à l'allaitement dans la région lyonnaise qui réuni plus de 130 membres et une quarantaine d'actives.
Nous tenons à apporter notre soutien à l'initiative "Pétition pour le droit à un soutien à l'allaitement maternel".
Chaque jour, nous rencontrons ou nous recevons des appels téléphoniques de mamans à la recherche d'informations, d'écoute et de soutien qu'elles ne trouvent pas auprès des professionnels de santé.
Victimes de discours discordants, d'informations erronées, d'absences d'encouragements, et parfois d'erreurs mettant en périls leur allaitement, elles se tournent vers les associations pour être entendues, écoutées et informées, parfois quelques jours après la naissance de leur bébé.
 Nous sommes persuadées qu'une meilleure formation des professionnels de santé, médicaux et paramédicaux et des professionnels de la petite enfance aurait une incidence significative sur la qualité de démarrage de l'allaitement, sa durée. Il s'agit d'un véritable enjeu de santé publique.
Chaque projet d'allaitement devrait être accompagné au mieux pour que chacune puisse le mener à bien, tel qu'elle le souhaite, sans regret ni culpabilité de "ne pas avoir su..."
Galactée est engagée auprès de la COFAM et de IPA CERDAM, du réseau Aurore autour de la périnatalité en Rhône Alpes, et participe à la Semaine Mondiale Allaitement Maternel auprès des hôpitaux et PMI de la région.

C'est donc avec toute notre conviction que nous soutenons cette pétition.

Sarah Troullier, pour toutes les actives de l'association Galactée
 
 
 
 
 

Dominique LEYRONNAS, pédiatre et auteur de  Le guide de mon BB au naturel et Le guide de mon BB de A à Z

 
 
Actuellement pédiatre dans une maternité de plus de 3000 naissances, c'est tous les jours qu'on doit trouver les meilleures réponses aux situations qui risquent de déraper. Le raccourcissement du séjour nous fait nous tourner vers les recours en ville qui ne sont pas toujours bien coordonnés. il y a donc une véritable action à mener.
Je porte une moustache et n'ai donc jamais allaité mais depuis que j'ai posé le pied en maternité, ce sujet m'a interpelé et j'ai guidé plusieurs mémoires de sage-femme autour de ce thème pour mieux comprendre pourquoi l'allaitement est si problématique dans notre pays.

À côté des points déjà évoqués, je veux en souligner trois :
  • si l'allaitement est naturel, il est aussi culturel. Or les jeunes françaises ne voient nulle part la représentation et la valorisation de l'allaitement. On commence à y penser quand on est enceinte, ce qui est bien tard. Il y a donc une action de sensibilisation à mener vers les jeunes.
  • les jeunes mamans sont de nos jours trop souvent isolées et n'ont pas le soutien du groupe qui existe dans les cultures traditionnelles; ce sont les soignantes qui prennent ce rôle dans les limites étroites de leur disponibilité et de leur formation.
  • le statut de la mère au travail est en France catastrophique ce qui décourage à l'avance bien des femmes; nous ne seront jamais la Suède mais un assouplissement pendant quelques mois permettrait à plus de bébés de renforcer leur immunité par l'allaitement avant d'être exposés aux risques de la collectivité. Il pourrait en résulter une substantielle économie de santé.
Puisse notre voix être entendue,
Dominique LEYRONNAS



Martin Winckler (Dr Marc Zaffran), Medecin, romancier, essayiste




Les résistances pour améliorer la formation des professionnels de santé sur le sur le sujet de l'allaitement maternel proviennent aussi bien de l'absence d'enjeu économique commercial dans l'allaitement (y a rien à vendre, puisque les mères ont tout ce qu'il faut sur elles...), des préjugés archaïques d'un trop grand nombre de professionnels, et du dogmatisme de certaines féministes. 
En Amérique du Nord, où l'on est très conscient de tout ça depuis plus longtemps qu'en France, l'attitude est centrée essentiellement sur le respect du choix individuel. Et je pense que le combat à venir est là : il faut se battre, en France, pour que les choix individuels (allaiter ou non, avoir des enfants ou non, accoucher à l'hôpital ou à domicile) soient respectés également, et non soumis à l'appréciation ou au jugement du discours médical dominant. 
Autant dire que je suis de tout cœur avec vous.

Marc Zaffran
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