Articulations Philosophiques et Psychanalytiques

Que nommons-nous : corps ?

Séminaire de recherche organisé et animé par Dorothée Legrand 
(CNRS-ENS, Archives Husserl)

 

Que nommons-nous : corps ?

Comment reposer cette question trop vite occultée par nos évidences immédiates et nos savoirs construits ?

Du corps, que pourrait-on dire, que l’on ne saurait déjà ?

Que dire, du corps qui ne se sait pas ?

Le corps est vécu, vivant, mortel, et si la langue phénoménologique veut que Leib ne soit pas Körper, c’est en deçà de cette dissection technique que nous tenterons de penser la complexité insécable que nous nommons : corps. En ce complexe corporel, touché et touchant s’enlacent sans jamais se confondre, sans jamais réduire l’intouchable. Telle est la pudeur du corps irréductible à l’exhibition exorbitante de sa matière et à la positivité de son expérience sensible. Le corps n’est pas seulement une donnée de l’expérience, ni de l’expérimentation ; il est donné : corps don de l’autre, donation à l’autre. Ni Etre, ni Avoir, c’est en tant que le corps que je suis n’est pas tout, que le corps, je l’ai, je l’aime, le hais, l’habite, l’habille d’une image, qui se forme sous le regard de l’autre, à qui je la donne afin qu’il m’y nomme. La structure de ce corps est celle de l’écart qui œuvre entre les corps et au creux de ce corps singulier qui n’est jamais tout-à-fait moi-ici-maintenant mais trace d’un lieu utopique, passé immémorable qui, ne sachant se décrire, ne cesse de s’écrire.


Pour l'année
2016-17, le séminaire se tiendra

 

de 20h à 22h 

les Jeudis :

 

22 septembre

3 novembre

8 décembre*

19 janvier

2 mars

20 avril**

18 mai

1 juin

 

* Intervention de Nicolas de Warren le 8.12

Torture de la chair du monde: Jean Amery et l'impossible du pardon


**Intervention de Emmanuel de Saint Aubert le 20.04

Suis-je mon corps ? Difficultés et paradoxes de la constitution du corps comme sujet



Ecole Normale Supérieure – 45 rue d’Ulm
Salle Simone WEIL




Bibliographie indicative –mise à jour progressivement

 

La Bible, Genèse.

« J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai frémi; oui, moi-même je suis nu et je me suis caché »

 

Jean Améry. Par-delà le crime et le châtiment. Essai pour surmonter l’insurmontable. 1966.

« Se transposer en paroles au-delà de l’existence réelle était devenu un luxe inadmissible et un jeu non seulement futile mais ridicule et méprisable » ; « les énoncés philosophiques avaient perdu leur transcendance » ; « la pensée […] se heurtait à ses propres frontières infranchissables » ; « la parole s’éteint partout où une réalité pose une revendication totale » ; « la coïncidence de l’homme et de sa chair devient totale ».

« [ne plus] dissocier la mort du vécu de la mort »

 

Renaud Barbaras. La vie lacunaire. 2011.

« Le propre du désir est que le désiré l’exacerbe autant qu’il le comble, de telle sorte que l’alternative de la satisfaction et de la déception ne fait pas sens pour lui »

 

Renaud Barbaras. Désir et manque dans L’être et le néant : le désir manqué. Dans : Sartre, désir et liberté. 2005.

« à un désir ainsi décrit correspond un « objet » qui échappe  à  l'alternative  trop  simple  de la présence  et  de  l'absence »

 

Patrick Declerck. Les naufragés. Avec les clochards de Paris. 2001.

« la parole pour être véritablement parole est faite d’un double temps : celui de l’ouverture et celui de la fermeture. La bouche – tout comme son double mal-aimé, l’anus, qui lui fait pendant à l’autre extrémité du tractus digestif – est un sphincter. Ce qui en sort, tout comme ce qui y rentre, est régi par une logique sphinctérienne. Il est un moment et un lieu pour l’ouvrir, comme il est un temps et un lieu pour la fermer. […] Trop souvent, l’idéologie dominante du soin, dans une sorte de caricature soldée de la psychanalyse, met en avant l’importance de la parole sans s’interroger ni sur son sens, ni sur son intérêt. Car enfin, dire quoi ? A qui ? Et pour quoi faire ? La parole, hors de tout cadre, de tout sens, de tout projet, et de toute écoute compétente, non seulement n’a pas valeur en soi, mais, de plus, se révèle une obligation intrusive, humiliante, épuisante et désespérante pour ceux qui y sont contraints »

« La neutralité bienveillante [est] une distance viable entre les intérêts et investissements structurellement divergents des soignés et des soignants. Le thérapeute a l’obligation éthique de bienveillance vis-à-vis de son patient. Il lui veut du bien, mais ce bien est indéfini. Il appartient aux logiques, désirs, besoins et possibilités du patient »

 

Jacques Derrida. La voix et le phénomène. 1967.

« Dès que l’on admet l’espacement à la fois comme « intervalle » ou différence et comme ouverture au dehors, il n’y a plus d’intériorité absolue »

« Penser la présence comme forme universelle de la vie transcendantale, c’est m’ouvrir au savoir qu’en mon absence, au-delà de mon existence empirique, avant ma naissance et après ma mort, le présent est. […] C’est donc le rapport à ma mort (à ma disparition en général) qui se cache dans cette détermination de l’être comme présence, idéalité, possibilité absolue de répétition »

 

Jacques Derrida. De la grammatologie. 1967.

« L’espacement comme écriture est le devenir-absent et le devenir-inconscient du sujet […] Comme rapport du sujet à sa mort, ce devenir est la constitution même de la subjectivité »

 

Jacques Derrida. Psyché, invention de l’autre (1984-86). Dans : Psyché, inventions de l’autre. 1998.

« inventer, ce serait alors « savoir » dire « viens » et répondre au « viens » de l'autre. Cela arrive-t-il jamais ? »

« Sa différence fait signe vers une autre survenue, vers cette autre invention dont nous rêvons, celle du tout autre, celle qui laisse venir une altérité encore inanticipable et pour laquelle aucun horizon d'attente ne paraît encore prêt, disposé, disponible. Il faut pourtant s'y préparer, car pour laisser venir le tout autre, la passivité, une certaine sorte de passivité résignée pour laquelle  tout  revient  au même, n'est pas de mise »

 

Jacques Derrida. Le Toucher, Jean-Luc Nancy. 2000.

« La bouche s’attache au sein […] la bouche se détache aussi du sein. Elle interrompt le contact pour parler-penser. Première ouverture, initial espacement d’origine »

« L’expérience en général commencerait par là : elle commencerait à se sentir toucher une limite […c’est] une certaine interruption dans le contact »

« Cette expression courante (leibhaftig) […] ne renvoie pas nécessairement […] à de la chair vivante, seulement à ce qui se rapporte à l’ipséité (Selbstheit) de la chose même […] et cela même si cette chose, pas plus que l’expérience qui s’y rapporte, n’est essentiellement vivante et n’a chair ou os, ni personne qui permette de dire, comme on le fait si souvent et trop facilement en français, qu’elle se présente alors « en chair et en os », « en personne » »

 

Pierre Fédida. Corps du vide et espace de séance. 1977.

« le corps est devenu pour nous une figure idéologique qui, de la sorte, a perdu le pouvoir de ne pas être une pensée »

« C’est précisément dans le rapport au silence que le corps présent aux fantasmes vient remplir les mots : ceux-ci, dans leur contenu phonématique, sont pour un entendu le seul lieu possible du corps absent »

« le corps est toujours nié par l’affirmation plénière de son contenu »

 

Didier Franck. Chair et corps. Sur la phénoménologie de Husserl. 1981.

« L’intuitivité originaire est donation incarnée […] La donation incarnée […] ne doit pas être prise pour une métaphore […] toutes les analyses de Husserl affirment que la chair accompagne chaque perception. Donation incarnée où la chair est tout à la fois donnée et donatrice »

 

Sigmund Freud. Esquisse d’une psychologie scientifique. 1895.

« L’excitation ne peut se trouver supprimée que par une intervention […qui] exige que se produise une certaine modification à l’extérieur (par exemple un apport de nourriture […]) […]. L’organisme humain, à ses stades précoces, est incapable de provoquer cette action spécifique qui ne peut être réalisée qu’avec une aide extérieure et au moment où l’attention d’une personne bien au courant se porte sur l’état de l’enfant. Ce dernier l’a alertée […] (par les cris de l’enfant, par exemple). La voie de décharge acquiert ainsi une fonction secondaire d’une extrême importance : celle de la compréhension mutuelle. L’impuissance originelle de l’être humain devient ainsi la source première de tous les motifs moraux »

 

Sigmund Freud. Deuil et Mélancolie. 1915. Dans : Métapsychologie. Tr. J. Laplanche et J.B. Pontalis.

« défaite de la pulsion qui oblige tout vivant à tenir bon à la vie »

 

Sigmund Freud. Inhibition, Symptôme, angoisse. 1926.

« La situation traumatisante créée par l’absence de la mère s’écarte, en un point essentiel, de la situation traumatisante de la naissance. Alors aucun objet présent n’était susceptible de causer un trouble en disparaissant »

 

Thomas Fuchs. Corporealized and disembodied minds. A phenomenological view of the body in melancholia and schizophrenia. In: Philosophy, Psychiatry & Psychology. 2005.

« Instead of being transparent, the body may, as it were, regain its materiality and turn into an obstacle; this is the case in severe depression or melancholia, which may be described as a corporealization of the lived body »

 

Stéphane Habib. In medias res. Dans : Les Temps Modernes. 2012.

« encore faut-il [ne pas] croire au Même pur et à l’Autre pur. [Ne pas] Croire à ces catégories et à leur stricte opposition. Encore faut-il [ne pas] s’arrêter à penser non seulement qu’il y a du pur, mais encore qu’il y a du Même et qu’il y a de l’Autre. Et que tout cela ne se contamine pas sans terme dans un mouvement infini »

 

Michel Henry. Philosophie et phénoménologie du corps. Essai sur l’ontologie biranienne. 1965.

« notre corps n’est primitivement ni un corps biologique, ni un corps vivant, ni un corps humain, il appartient à une région ontologique radicalement différente qui est celle de la subjectivité absolue »

 

Edmund Husserl. Ideen I, Les Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures. 1913.

« Avec le principe des principes, nulle théorie imaginable ne peut nous induire en erreur : à savoir que toute intuition donatrice originaire est une source en droit pour la connaissance ; tout ce qui s’offre à nous dans « l’intuition » de façon originaire (dans sa réalité corporelle pour ainsi dire) doit être simplement reçu pour ce qu’il se donne, mais sans non plus outrepasser les limites dans lesquelles il se donne alors. Il faut bien voir qu’une théorie ne pourrait, à son tour, tirer sa vérité que des données originaires. Tout énoncé qui se borne à conférer une expression à ces données par le moyen d’une simple explicitation et de significations qui leur soient exactement ajustées, est donc réellement, comme nous l’avons dit dans les lignes d’introduction de ce chapitre, un commencement absolu appelé au sens propre du mot à servir de fondement, bref un principium »

« la conscience transcendantale n’est pas entamée dans son sens par l’hypothèse d’une destruction du monde »

« il est certain qu’on peut penser une conscience sans corps »

 

François Jullien. L’écart et l’entre, Leçon inaugurale de la Chaire sur l’altérité. 2012.

« j’insiste donc, ici, sur la vertu de l’écart générant de l’entre, et de l’entre générant de l’autre »

« Quel plus beau mot en français, mais si modeste, ou quelle plus belle ressource de notre langue, précisément, que ce verbe-ci : « entre-tenir » »

« L’écart se borne à […] marquer le lieu d’une séparation »

« la perspective […est] celle de l’espace que, par déplacement, je peux ouvrir entre […] »

« l’écart relève de la seule opération d’espacement »

 

Jacques Lacan. Propos sur la causalité psychique. 1946.

« j’espère qu’on renoncera bientôt à user du mot inconscient pour désigner ce qui se manifeste dans la conscience »

 

Jacques Lacan. Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je telle qu’elle nous est révélée dans l’expérience psychanalytique. 1949.

« le point important est que cette forme [primordiale qu’est l’image de mon corps] situe l’instance du moi, dès avant sa détermination sociale, dans une ligne de fiction ».

 

Jacques Lacan. Les psychoses. Le séminaire, Livre III. 1955-56.

 « commencez par ne pas croire que vous comprenez […] Le sujet a voulu dire ça. Qu’est-ce que vous en savez ? Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il ne l’a pas dit »

 

Jacques Lacan. Les formations de l’inconscient. Le séminaire, Livre V. 1957-58.

« le rapport de l’enfant à la mère comporte une triplicité implicite, puisque ce n’est pas elle qu’il désire, mais son désir. C’est déjà un rapport symbolique »

« Par cette symbolisation, quelque chose est institué, qui est subjectivé à un niveau premier, primitif. Cette subjectivation consiste simplement à la poser [la mère] comme cet être primordial qui peut être là, ou n'être pas là »  

 

Jacques Lacan. Le transfert. Le séminaire, Livre VIII. 1960-61.

« l’angoisse est le dernier mode, mode radical, sous lequel le sujet continue de soutenir, même si c’est d’une façon insoutenable, le rapport au désir »

 

Jacques Lacan. L’angoisse. Le séminaire, Livre X. 1962-63.

« C'est ce surgissement du manque sous une forme positive, qui est source d'angoisse »

 

Jacques Lacan. Encore. Le séminaire, Livre XX. 1972-73.

« tous les besoins de l’être parlant sont contaminés par le fait d’être impliqués dans une autre satisfaction […] la satisfaction de la parole »

« les effets de lalangue, déjà là comme savoir, vont bien au-delà de tout ce que l’être qui parle est susceptible d’énoncer […] Lalangue nous affecte d’abord par tout ce qu’elle comporte comme effets qui sont affects » 

 

Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis. Fantasme originaire, Fantasmes des origines, Origines du fantasme. 1985.

« la règle analytique serait à comprendre comme épochè, suspension absolue de tout jugement de réalité »

« L’épochè exprimée dans la règle analytique : « Tout dire et ne faire que dire. » n’est pas suspension de la réalité des évènements extérieurs au profit de la réalité subjective. Elle crée un champ nouveau, celui du dire […] Non pas « c’est vous qui le dites », mais « c’est vous qui le dites »

 

Emmanuel Levinas. La signification et le sens. 1964. Dans : L’humanisme de l’autre homme.

« La philosophie transcendantale de Husserl, n’est-elle pas une espèce de positivisme remontant, pour toute signification, à son inventaire transcendantal ? […] Toute absence a pour terminus a quo et pour terminus ad quem le donné »

« le langage se réfère à la position de celui qui écoute et de celui qui parle […] il est évident, dès lors, que le langage par lequel la signification se produit dans l’être, est un langage parlé par des esprits incarnés »

 

Emmanuel Levinas. Autrement qu'être ou au-delà de l'essence. 1974.

« La subjectivité est structurée comme l’autre dans le Même, mais selon un mode différent de celui de la conscience »

« Le psychisme c’est l’autre dans le même sans aliéner le même […] comme avoir-l’autre-dans-sa-peau »

 

Emmanuel Levinas. Totalité et infini : essai sur l'extériorité. 1971.

« L'être séparé est satisfait, autonome et, cependant, recherche l'autre d'une recherche qui n'est pas aiguillonnée par le manque du besoin ni par le souvenir d'un bien perdu – une telle situation est langage »

« Ce  livre  se  présente  donc  comme  une  défense  de  la subjectivité […] Ce  livre présentera  la  subjectivité  comme  accueillant  Autrui, comme  hospitalité »

 

Jean-Luc Nancy. Corpus. 1992.

« le corps donne lieu à l’existence »

« le corps est la matière plastique de l’espacement »

« Les corps ont lieu à la limite, en tant que la limite : limite – bord externe, fracture et intersection de l’étranger dans le continu du sens, dans le continu de la matière. Ouverture, discrétion. Un corps est le lieu qui ouvre, qui écarte, qui espace »

 

Maurice Merleau-Ponty. Les relations avec autrui chez l’enfant. 1950-1951.

« L’image spéculaire a une fonction déréalisante en ce sens qu’elle détourne l’enfant de ce qu’il est effectivement pour l’orienter vers ce qu’il se voit être, vers ce qu’il s’imagine être »

 

Maurice Merleau-Ponty. Le philosophe et son ombre. 1959.

« Quand on dit que la chose perçue est saisie « en personne » ou « dans sa chair » (leibhaft), cela est à prendre à la lettre : la chair du sensible, ce grain serré qui arrête l’exploration, cet optimum qui la termine reflètent ma propre incarnation et en sont la contrepartie »

 

Ovide. Métamorphoses, Livre III : Narcisse et Echo. 50 B.C.

« Que ne puis-je me séparer de mon corps ! »

 

Jean Oury. Le corps et la psychose. Dans : Institutions, Revue de psychothérapie institutionnelle. 1976. http://www.revue-institutions.com/articles.html

« Mais, qu’est-ce que le corps ? […] simplement une limite. Autrement dit, je n’ai pas les pieds à côté de mes pompes »

 

Marcel Proust. Albertine disparue. 1925.

« Il était bien, me disais-je, qu’en me demandant sans cesse ce qu’elle pouvait faire, penser, vouloir, à chaque instant, si elle comptait, si elle allait revenir, je tinsse ouverte cette porte de communication que l’amour avait pratiquée en moi, et sentisse la vie d’une autre submerger, par des écluses ouvertes, le réservoir qui n’aurait pas voulu redevenir stagnant »

« je pensais avec désespoir à tout ce tégument de caresses, de baisers, de sommeils amis, dont il faudrait bientôt me laisser dépouiller pour jamais. L’élan de ces souvenirs si tendres, venant se briser contre l’idée qu’Albertine était morte, m’oppressait par l’entrechoc de flux si contrariés que je ne pouvais reste immobile »

« Ainsi l’on prend l’habitude d’avoir pour objet de sa rêverie un être absent, et qui même s’il ne le reste que quelques heures, pendant ces heures-là n’est qu’un souvenir. Aussi la mort ne change-t-elle pas grand-chose. […] une sorte de bouture prélevée sur un être et greffée au cœur d’une autre, continue à y poursuivre sa vie même quand l’être d’où elle avait été détachée a péri »

 

Georges Rodenbach. Bruges-la-Morte. 1892.

« Les ressemblances ne sont jamais que dans les lignes et dans l'ensemble. Si on s'ingénie aux détails, tout diffère »

 

Jean Starobinski. Brève histoire de la conscience du corps. Dans : Revue française de psychanalyse. 1981.

« Il n'est question que du corps, comme si on le retrouvait après un très long oubli : image du corps, langage du corps, conscience du corps, libération du corps sont devenus des mots de passe »

 

Henry Wallon. Les origines du caractère chez l’enfant. 1934.

« Si simple que [la reconnaissance dans le miroir] puisse paraître à un adulte, [elle suppose le pouvoir] de subordonner les données de l’expérience immédiate à la représentation pure ; et de multiplier, par l’intermédiaire des représentations, le jeu de plus en plus différencié des distinctions et des équivalences. C’est le prélude de l’activité symbolique, par laquelle l’esprit arrive à transmuter en univers les données de la sensibilité »

 

Nicolas de Warren. Husserl and the Promise of Time. 2009.

« My lived-body is primordial in two senses, as that manner of being that most properly belongs to me and as the source of “primordiality,” [Such is] the transcendental meaning of incarnation within subjectivity »