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Michel Landi-affichiste


12 JUILLET 2010

Michel Landi sera l’affichiste de Mitraille. C’est après avoir pris connaissance du scénario et d’une série de clichés de tournage, que l’artiste et le réalisateur de Mitraille se sont rencontrés le 10 juillet 2010, pour évoquer ce projet.


Le réalisateur de Mitraille et Michel Landi devant la maquette
de l'affiche du Plus grand cirque du monde de Henry Hathaway
avec John Wayne, Claudia Cardinale et Rita Hayworth
.
Ci-dessous l'affiche finale.



Du haut de ses mille cinq cents affiches, dont la plupart ont été créées pour le cinéma, Michel Landi aime rappeler que l’affiche c’est la première image que l’ont voit d’un film. Elle doit donc percuter, en respectant un certain nombre de règles : exprimer un sentiment en accord avec l’œuvre qu’elle illustre, ne pas la trahir, et par ailleurs, donner envie aux spectateurs d’aller en salle.

Le réalisateur de Mitraille, par ailleurs grand amateur et collectionneur d’affiches de cinéma anciennes dessinées, souhaitait depuis longtemps proposer à un affichiste de la grande époque de cette profession (qui s’est quasiment éteinte à la fin des années 80), de réaliser l’affiche d’un de ses court-métrages.

Mitraille étant un hommage à un certain cinéma, d’une période révolue, le sujet se prêtait particulièrement à l’exercice, et c’est donc Michel Landi qui a accepté de créer ce qui sera la première image visible de Mitraille.

Installé dans son atelier de la région parisienne, Michel Landi parle avec passion de son métier, avec modestie aussi, lui qui fut pourtant l’un des affichistes les plus prolifiques du cinéma français.
Il travaille en véritable concepteur de l'affiche et non en simple illustrateur. Il crée de A à Z un concept en se basant sur le film lui-même, le scénario, des clichés de tournage. Parfois, il doit se battre pour imposer son point  de vue, avec des réalisateurs qui ont souvent des idées en tête, pas toujours pertinentes. 

Il avait commencé en peignant de grand panneaux de bois qui ornaient les façades des cinéma dans les années 50-60 (si l'affiche de cinéma existe encore cette activité a en revanche complètement disparu).
Sa première affiche date du début des années 60 et illustrait une reprise de L’Idiot avec Gérard Philipe pour le producteur Sacha Gordine. Il y eut ensuite Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone, Bullit de Peter Yates, Duel le premier film de Spielberg, Les trois Mousquetaires de Richard Lester (une affiche réalisée dans la nuit sans aucun support: ni photo, ni scénario...), Danton de Wajda…etc.

Impossible, bien évidemment, de toutes les citer.

En 1986 il reçoit le premier César de la meilleure affiche pour Harem de Arthur Joffé. Ce César n’existera que 4 ans, car à cette époque les affiches commencent à ne plus être signées d’un affichiste mais d’une agence de pub au sein de laquelle il est difficile d’identifier un réel auteur de l’œuvre.


Illustrateur de couvertures de livres également (chez J’ai lu), d’affiches de théâtre (on retrouve sa signature sur bon nombre des affiches des spectacles de Robert Hossein : Kean, Cyrano…), de festivals (plusieurs fois pour Cannes), Michel Landi continue à exercer son métier même si le rythme a maintenant changé. Au début des années 80 il réalisait plus de 50 affiches de film par an.

Pour réaliser ses affiches, Landi se constitue peu à peu une collection de photos de plateau importante. Il a ainsi en tête le visage et l’allure de centaines d’acteurs. Sympathisant avec certains réalisateurs, il lui arrive de suggérer des noms pour les casting de telle ou telle production, et il a parfois la surprise de voir que ses propositions ont été suivies (même si les dits réalisateurs font mines de ne pas se souvenir que Michel était à l’origine de l’idée…). Il joue aussi parfois les décorateurs, signant notamment les décors de La fiancée du pirate de son amie Nelly Kaplan, pour qui il signera plusieurs affiches.
 
Lorsque le réalisateur de Mitraille l’a rencontré en juillet 2010, Michel Landi mettait la touche finale à une affiche commandée par Jacques Maillot, destinée à illustrer le prochain spectacle du théâtre des deux-ânes (un détournement humoristique de l’affiche de Siry pour les Tontons flingueurs). Car Michel Landi a gardé intacte la passion de son métier. Et quand on évoque le rythme effréné qu’il avait dans les années 80 il pointe son mac dernier cri du doigt et dit : « si j’avais eu ça à l’époque j’en aurais fait deux fois plus… »

En 50 ans de carrière Michel Landi a touché à tous les styles de l’affiche de cinéma : magnifiques oeuvre peintes en début de carrière, il a eu une période « aérographe » durant laquelle on reconnaît immanquablement son style (Pulsions, Blow out de Brian de Palma, entre autres), mais il a également suivi les traces de son confrère Ferracci en se tournant vers les photo-montages, et les photos tramées de diverses sortes, et selon divers procédés.

Il fallait des solutions techniques pour suivre le rythme imposé par les distributeurs.

Pour un parcours de sa carrière nous vous conseillons l’ouvrage de Jean Claude Bey
« Landi – AFFICHES – Cinéma, théâtre, festivals » aux éditions d’Assalit.

Un documentaire a également été réalisé en 2009 par Jean Pierre Mattéi, mais il n'est pas disponible en DVD pour le moment (Profession affichiste: signé Landi)

Harem: L'affiche qui vaut un César à Michel Landi en 1986.

Quant à l'affiche de Mitraille, il est bien trop tôt pour dire ce qu'elle sera... Si la lecture du scénario et la cinquantaine de clichés de tournage dont dispose Michel Landi ont d'ores et déjà fait naître chez lui des idées, des premières pistes, il préfère rester évasif quand à ce qu'il a en tête.
Souvent, à la sortie de projections organisées avec tel ou tel réalisateur, ces derniers venaient le voir, impatients: alors, tu as une idée...qu'en penses-tu...comment vois-tu l'accroche?

Mais Michel Landi préférait rester muet, et attendre d'avoir réalisé une maquette. Il savait d'expérience que ses idées pouvaient évoluer plusieurs fois pendant sa période de réflexion... Alors patience !

Outre le scénario et les clichés, un bout à bout du film (premier montage brut) sera remis à l'affichiste dès qu'il sera achevé, afin que ce dernier perçoive au mieux l'esprit du film.
Nul doute que Michel Landi saura magnifier le sujet de Mitraille qui offre notamment quelques clins d'oeils à Jacques Tati, avec lequel Michel Landi avait eu le plaisir de travailler…

MISE A JOUR: vous pouvez trouver l'affiche de Mitraille ici



Don Giovanni, l'une de ses affiches que Michel Landi juge les plus abouties



Nous profitons de cette page pour remercier chaleureusement Michel Landi d’avoir accepté de participer à l’aventure Mitraille.









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