Chantiers des Lumières

« Chantiers des Lumières :

L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert

à l’âge de la numérisation »

 

Colloque international, Paris VII-Denis Diderot, 28-29 mars 2013

Lettres et sciences humaines, sciences et humanités numériques

 

Amphi Buffon

15 rue Hélène Brion, 75013 Paris

9h30-17h30

 

Organisateurs :

Pierre Chartier et Florence Lotterie

Université Paris VII – Denis Diderot, UFR LAC, CERILAC

 

Partenaires co-organisateurs :

Université Paris-Ouest – Nanterre (Marie Leca-Tsiomis)

Université de Chicago (Robert Morrissey)

 

Patronages :

Société Diderot

Société française d’étude du XVIIIe siècle

GF-Flammarion (spectacle)

 

 

Argumentaire scientifique

 

Les éditeurs de l’Encyclopédie, à la fois somme des savoirs et projet philosophique, entendaient, comme le disait Diderot, « changer la façon commune de penser ». Que savons-nous aujourd’hui de cette mémorable entreprise d’édition des Lumières ? Qu’en faisons-nous ?

Ce n’est que dans la seconde moitié du 20e siècle que sont apparues les premières grandes études montrant la richesse et l’importance de l’Encyclopédie, dont la connaissance avait été jusque-là souvent confinée à des extraits ou aux textes d’escorte. « Il faut entrer dans la forteresse ! » avait écrit Jacques Proust en 1970.

De nombreux travaux sur le Dictionnaire raisonné des arts, des sciences et des métiers se sont alors développés conjointement avec ceux consacrés à l’histoire du livre et de la diffusion, l’histoire des sciences, des réseaux savants, des dictionnaires, etc. En 2000, un colloque international organisé à Paris par la Société Diderot, et intitulé « L’Encyclopédie en ses nouveaux atours électroniques : vices et vertus du virtuel », a permis de faire le point sur les premières numérisations du Dictionnaire raisonné.

Où en sommes-nous donc aujourd’hui des études sur l’Encyclopédie ? Où en est la numérisation de l’équipe ARTFL, dirigée par Robert Morrissey ? Quelles corrections ont- elles été apportées ? Quelles innovations ont-elles été conçues, et dans quel esprit ? Comment les recherches peuvent-elles être articulées, mises en valeur, voire facilitées par la conception d’outils qui exploitent les possibilités nouvelles permises par le numérique ? De nouvelles démarches de recherche se dessinent-elles et, avec elles, de nouvelles pistes pour l’histoire culturelle et intellectuelle des Lumières ?

Le colloque offrira ainsi l’occasion de situer ce retour sur l’Encyclopédie dans une interrogation sur la dynamique actuelle de la numérisation des textes anciens et modernes ainsi que les bases de données qui leur sont consacrées, et de questionner les problématiques des « humanités numériques » (« digital humanities ») dans les rapports que leur désignation même entend maintenir (ou créer ?) avec les cadres intellectuels et épistémologiques de la recherche en sciences humaines  : choix des corpus, transparence de ces choix,  profits pour le chercheur et pour le simple lecteur, distance critique procurée à l’utilisateur face à ces nouveaux outils, etc.

Le questionnement attendu implique naturellement la (re)prise en charge de l'Encyclopédie dans sa version imprimée originale. La confrontation du numérique à l'imprimé du point de vue des « humanités » nourrira aussi la réflexion générale sur les modalités, les visées et l'avenir possible de l'écriture et de la lecture du savoir encyclopédique.

 

Chacune des deux journées comportera une présentation d’un objet ou projet numérique de l’Encyclopédie, à partir desquels la discussion pourra s’engager, et des contributions qui s’y articuleront, soit par inscription directe dans le débat sur la numérisation et ses attendus, soit par confrontation aux objets de la recherche impliquant le support « papier » et les diverses perspectives disciplinaires qui s’y rattachent (histoire des idées, histoire du livre, histoire intellectuelle de la forme-dictionnaire, etc.)
 

Programmation

 

 

Ouverture par la vice-présidence Vie culturelle Université dans la ville.

 

Milad Doueihi (Université Laval, Québec, histoire et cultures numériques) : « Tâtonnements encyclopédiques à l’ère numérique » (conférence inaugurale)

 

·         Wilda Anderson (Johns Hopkins University, chimie) : « Que veut dire ‘lire autrement’ ? »

·         Nicholas Cronk (Voltaire Foundation, Oxford, littérature) : « Les usages de l’outil ARTLF : l’exemple des Questions sur l’Encyclopédie de Voltaire »

·         Luigi Delia (IRPhil – Université Lyon 3, LABEX COMOD, philosophie) : « De Felice et le Code de l’Humanité (1778). Un dictionnaire des droits de l’homme ? »

·         Olivier Ferret (Lyon 2, UMR LIRE, littérature) et Alexandre Guilbaud (UPMC, IMJ, mathématiques et histoire des sciences) : « Présentation et démonstration d'un outil permettant de visualiser des processus de genèse de textes (ORIGAMI) » et « Proposition d'un outil d'édition électronique, critique et commentée de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert »

·         Martine Groult (CNRS, Centre Jean Pépin, philosophie) : « L'édition électronique et la classification du savoir : état des lieux et nouvelle ouverture pour les recherches futures »

·         Tatsuo Hemmi (Université de Niigata, Japon, littérature) : « Diderot et James : l’Histoire à l’épreuve »

·         Takeshi Koseki (Hitotsubashi University, Japon) : « Des récits de voyages au dictionnaire encyclopédique : quelques remarques sur le Recueil d’observations curieuses (1749) de Claude-François Lambert »

·         Marie Leca (Université Paris-Ouest Nanterre, littérature et histoire des idées) : « L’Encyclopédie, observatoire du travail intellectuel au XVIIIe siècle »

·         Robert Morrissey (Benjamin Franklin Professor, littérature), Mark Olsen (histoire), Glenn Roe (Digital humanities), Clovis Gladstone : équipe ARTFL, Université de Chicago : « L'Encyclopédie électronique ARTFL: une édition vivante » (http://encyclopedie.uchicago.edu/)

·         Irène Passeron (CNRS, IMJ, mathématiques et histoire des sciences) : « La question des classifications dans L’Encyclopédie »

·         Philippe Roger (DR, EHESS, littérature) : « Déliaisons dangereuses »

·         Céline Spector (PU, Université Bordeaux 3, philosophie) : « Jaucourt dans l’Encyclopédie »

·         Joanna Stalnaker (Colombia University, New York, littérature et histoire des idées) : « La question de la physiologie dans l’Encyclopédie : le corps »

·         Yoichi Sumi (Université Keio de Tokyo, Japon, littérature et histoire des idées) : « Chantiers italiens des Lumières : quelques remarques sur les Encyclopédies toscanes ».
 
Une présentation grand public de l'outil ARTFL de Chicago se donnera à Langres le 30 mars.
 

29 mars, amphi Vilgrain, Paris VII, site Grands Moulins, 18h30

« Diderot, bande sonore : autour de La Religieuse »

Spectacle de lecture avec accompagnement musical par ensemble baroque, ouvert au public

En partenariat avec GF-Flammarion.

 
Pour toute information, s'adresser à Pierre Chartier (chartierpierre@neuf.fr) ou à Florence Lotterie (florence.lotterie@univ-paris-diderot.fr)
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Eric Vanzieleghem,
21 mars 2013 à 10:18
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