Comportementaliste équin

Anne Coirié,

comportementaliste équin.


Pourquoi suis-je devenue comportementaliste équin ?


Par amour des chevaux et de la relation avec eux. Il est fascinant de dialoguer avec un cheval, et d'apprendre à le comprendre.

Beaucoup de chevaux ne sont pas aussi sereins qu'ils pourraient l'être. Des propriétaires, souvent très bien intentionnés les mettent en danger, ou pire se mettent eux même dans une situation périlleuse.



Comportementaliste, c'est quoi ?

Mon rôle consiste à aider les propriétaires, soigneurs etc, d'un cheval à le comprendre. Il consiste à aider l'homme et le cheval à avoir une relation saine et agréable pour eux-deux. Enfin, sans nécessairement, car ce n'est pas toujours possible, remonter aux origines d'un trouble, il s'agit de chercher les causes des comportements et de trouver ce que l'homme pourrait faire pour aider le cheval

Le travail du comportementaliste est fondé en particulier sur des connaissances en éthologie et en psychologie, bien entendu, en ce qui concerne le comportementaliste équin, une connaissance du cheval est indispensable.

Il me faut m'adapter à chaque cheval, et chaque propriétaire n'attend pas nécessairement la même chose de l'équidé. Il n'y a donc ni ''truc'' ni méthode prédéfinie mais différentes techniques, applicables en fonction de la situation.



En quel cas puis-je intervenir ?


La liste de ma sphère d'intervention ne peut pas être exhaustive. Pour résumer, on peut dire que je peux apporter mon aide dans tout ce qui touche le comportement :

Chaque fois que le cheval pose un problème : Ce peut-être sous la selle* (par exemple, un cheval qui embarque son cavalier) au box (qui ne donne pas ses pieds) ou au pré (qui ne se laisse pas attraper), en cas de tic (à l'ours, à l'appui...)

Pour des apprentissages (le van, l'extérieur, le débourrage ...)

Je peux vous conseiller sur la conduite et les aménagements à tenir afin d'éviter que votre cheval ne développe des troubles du comportement ou qu'il ne vous mette en danger.

Tout simplement afin de vous assurer qu'il soit le plus serein possible, en effet, de nombreux chevaux ne présentent pas de trouble, mais ne sont pas aussi sereins qu'ils pourraient l'être.

Tout changement dans le rythme de vie du cheval peut être source de problème, là aussi je suis à même de vous apporter mon aide.

Lors du choix d'un nouveau cheval, je peux vous donner mon point de vue sur certaines de ses caractéristiques comportementales.

Enfin, certains cas de maladie chroniques peuvent trouver leurs explications dans la psychologie équine. Un comportementaliste pourra résoudre ainsi certaines composantes du problème, en appui avec le vétérinaire.


En tout état de cause, un problème avec un cheval peut être la conséquence d'une douleur, il est conseillé de le faire examiner  par : le vétérinaire, un ostéopathe, un dentiste et/ou le maréchal ferrant.

Dans bien des cas, une partie de la solution consiste à donner plus de liberté au cheval, lui trouver un compagnon et / ou modifier son alimentation. Cela doit souvent être fait de manière progressive et mesurée : tout changement brutal pouvant traumatiser le cheval.


* Attention : je ne donne pas de cours d'équitation : je ne suis pas monitrice.




 Une ordonnance a été votée en été 2O11 qui met fin aux professions « non-diplômées d'état » de dentiste équin, de thérapeute en médecines alternatives comme le shiatsu, l'étiopathie etc., et de comportementaliste pour animaux, si ceux qui l'exercent ne sont pas vétérinaires, et à la profession de pareur si ceux qui l'exercent ne sont pas maréchaux-ferrants.

Lire l’ordonnance :

 http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000023456319&dateTexte=&categorieLien=id


Je ne vais parler ici que des comportementalistes, je ne comprends pas ! Alors, le texte jurique dit : "acte de médecine des animaux : Tout acte ayant pour objet de déterminer l'état physiologique d'un animal ou d'un groupe d'animaux ou son état de santé, de diagnostiquer une maladie, y compris comportementale, une blessure, une douleur[...]" Je ne vois pour le moment, que très peu de chevaux. Mais enfin, j'ai beaucoup de mal à comprendre en quoi le débourrage d'une pouliche pas trop aimable a à voir avec la médecine vétérinaire ? A la limite, si il se pose une question de problème d'ovaire, il est très simple de dire au propriétaire de consulter un vétérinaire ! Et on ne dit pas "elle a un problème d'ovaire" on dit "elle est mal à l'aise lorsque je touche par là, l'agressivité peut venir d'un problème hormonal, mais ce peut être autre chose : à votre place, je consulterais un vétérinaire"
Bien, et si le vétérinaire vient, qu'il diagnostique effectivement un problème d'ovaire, va-t-il revenir plusieurs fois pour manipuler la pouliche et montrer au propriétaire comment s'y prendre ? Car même si la pouliche n'est plus gênée, ceux qui connaissent les chevaux savent que si les mauvaises habitudes sont prises, ce n'est pas une série de piqures qui va résoudre le problème ! C'est ça, mon travail : expliquer à la pouliche que "non ! On ne tape pas"" ;" non ! On n'arrache pas l'oreille du deux pattes avec les dents" ; "oui ! On avance gentiment, mais franchement en longe" etc.... Mais cela ne s'improvise pas, pour faire cela, le faire bien, je veux dire, dans le respect du cheval, de sa nature, j'ai étudié. J'ai étudié les travaux des éthologues, un peu de psychologie, pas seulement équine d'ailleurs etc ... J'ai aussi pratiqué, observé, bénévolement le plus souvent...

Dans le texte, il est question de diagnostiquer une maladie comportementale, ... Alors, je ne fais pas ça, je ne suis même pas sûre de bien comprendre ce que cela signifie. Je fait une étude de comportement. Ce n'est en aucun cas un diagnostique médical : il s'agit d'un état des lieux du comportement de l'équidé : Est-il calme ou agité ? Est-t-il craintif ? Monte-t-il sur les pieds de son propriétaire ? ... ? Alors, bien sûr, j'observe aussi son poil, son état, si il semble souffrir... c'est évident ! Mais mon diagnostique ne se base pas là-dessus, il se base sur ce que montre le comportement du cheval en terme de ... comportement et non de pathologie. 

Mon travail, mon premier but, est le bien être animal. Plus qu'une question d'éthique, c'est un besoin. Les professionnels du cheval traitent du bien être équin, chacun dans sa profession et chacun à sa manière. C'est un sujet vaste et complexe, qui regroupe de nombreuse facettes, qu'il me parait bien délicat de toutes maitriser. Il me parait même présomptueux de penser en maîtriser entièrement une un jour, car chacun sait que dans le domaine équestre, nous n'avons jamais fini d'apprendre. 
De plus, la diversité des professionnels de ce bien être permet au propriétaire d'avoir plusieurs points de vues, issues de différentes origines, car chacun le voit par le biais de sa profession : un vétérinaire abordera le problème sous un angle médical, un ostéopathe sous un angle structurel ou énergétique, un comportementaliste sous un angle comportemental, sous le biais de l'organisation du quotidien du cheval. Cet ensemble de perception donne alors aux chevaux une meilleure chance d'être le mieux possible. Cela donne au propriétaire une palette d'éléments à apporter à son cheval, sur laquelle il peut choisir ce qui convient le mieux.