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Perspectives

La perspective est l'art de représenter les objets à trois dimensions sur une surface plane (en deux dimensions), en tenant compte des effets de l'éloignement et de leur position dans l'espace par rapport à l'observateur.




La Ligne d'Horizon

La ligne d'horizon (LH) se situe à la hauteur des yeux, là où le ciel touche la mer.

Chaque personne voit et situe la ligne d'horizon en fonction de sa position et de sa taille.

Si je suis debout au milieu d'un chemin, je vois ceci:


Maintenant,si je m'assois,
 je vois ceci:


Maintenant, si je me couche,
 je vois ceci:



Un objet proche se trouve en bas de votre plan de tableau (PT) appelé aussi champ de vision.
Plus les objets sont éloignés, plus ils sont hauts dans votre plan de tableau.
Plus les objets sont loin, plus ils se rapprochent de la ligne d’horizon (LH).





Par exemple: Les nuages les plus proches de l'observateur se trouvent en haut du plan de tableau et les nuages lointains sont en bas, car ils se situent proche de la ligne d'horizon.





L'artiste, aussi appelé observateur, se place devant le modèle et trace mentalement un tableau sur lequel il situe le sujet et détermine sa dimension.

On appelle ce plan : Le plan du tableau (PT).

Il correspond dans ses proportions à la forme et à la taille du support (toile ou papier) utilisé par l’artiste.




Par Chevauchement


Ce qui est loin peut être caché par ce qui est proche.
Lorsque je dessine un objet en le superposant en partie sur un autre objet, cela va créer une illusion de profondeur.


Sans chevauchement :

Avec chevauchement :




Par Changement de taille

 






Elle donne la profondeur et influence la perception.
Ce qui est proche semble plus grand de ce quoi est loin.

Deux objets
de même taille rapetissent en s’éloignant.




Atmosphérique

Elle se fait dans les détails et les contours.
L'image est nette au premier plan et devient floue et légère vers l'arrière plan.
Les contrastes sont plus prononcés au premier plan et soutenus à l'arrière. Au fur et à mesure que la distance augmente, les détails s’atténuent jusqu’à disparaître à l'horizon.
Au premier plan, couleurs sont chaudes et vives et elles repoussent les tons bleus-froid vers l'arrière.

Joachim Patinir :
           




Perspective Frontale




La perspective frontale est utilisée lorsque la face avant d’un volume est parallèle au front de l’observateur. 

Les arêtes du cube sont prolongées par des fuyantes ou lignes de fuite vers le point de fuite unique (PF) qui se trouve toujours sur la ligne d’horizon. 

Les lignes horizontales et verticales restent toujours parallèles.
  





Perspective oblique


L’arête du cube est frontale.

En perspective oblique, l’angle formé par la base du cube doit toujours être supérieur à 90°.

Il y a deux points de fuite –
PF1 à droite et PF2 à gauche qui se trouvent toujours sur la ligne d’horizon.

Les lignes verticales restent toujours parallèles.








Le Cercle en Perspective

Le cercle s’inscrit dans un carré vu en perspective frontale ou oblique.

Comment dessiner un cercle en perspective frontale : 

  • Dessinez un carré qui servira de cadre à la circonférence et dessinez les points de repère par des diagonales et par des axes. 
  • Pour obtenir d’avantage de points de repère, divisez la moitié d’une diagonale en trois parties, à vue d’œil. Prenez le premier tiers de la division (a) et tracez un autre carré. Vous avez ainsi 8 points de repère qui facilitera le tracé du cercle.
  • A présent, dessinez un carré en perspective frontale. Tracez les diagonales et les axes. Choisissez la ligne horizontale la plus proche pour la diviser en trois parties afin de tracez le deuxième carré en perspective. 
 
 








Le Cylindre en Perspective

Pour dessiner un cylindre en perspective, il est nécessaire de construire tout d’abord un prisme rectangulaire.  

Comment dessiner un cylindre en perspective frontale :  



Dessinez un cercle dans le carré de la face supérieure et un autre dans le carré inférieur, que l’on réunit par deux droites verticales. 

Le cercle formé à la base sera plus ouvert, que celui de la partie supérieure, si le point de fuite (PF) est situé au-dessus de l’objet. 

Cette plus grande ouverture diminue lorsque celle-ci s’approche de la ligne d’horizon (LH). 


La base d’un cylindre ne doit pas donner l’impression de se terminer en angle. Elle doit être toujours circulaire.

Lorsque la position du point de fuite en perspective frontale est trop latérale par apport au sujet, le cube et le cylindre apparaissent déformés. 
 







La Mosaïque en Perspective

Pour dessiner des formes qui se répètent et qui fuient vers l’horizon à une même distance, comme par exemple les carreaux d’une mosaïque (une rangée d’arbres…), nous avons besoin d’un point de fuite complémentaire. Ce point de fuite est appelé le point de fuite des diagonales (PFD). 

Ces diagonales détermineront l’espace et la profondeur entre les rangées de carreaux.

Comment dessiner une mosaïque en perspective frontale :


  • Déterminez la position de la ligne d'horizon et du point de fuite.
  • Dessinez la largeur de la mosaïque sur la ligne de terre (LT), ainsi que le nombre de carreaux.
  • A partir de ces divisions, tracez les lignes de fuite. Déterminez à vue d'oeil la profondeur d'un carré dans lequel entrent deux carreaux par côté, puis dessinez ce carré dans les angles.
  • Tracez une diagonale coupant le carré ainsi que toute la mosaïque. Si vous prolongez cette diagonale jusqu'à la ligne d'horizon, vous aurez le point de fuite des diagonales (PFD). 
  • A présent, à chaque intersection, tracez toutes les droites horizontales construisant la mosaïque.

  • Si vous souhaitez étirer la mosaïque, il suffit de tracer une autre diagonale vers (PFD), en partant d'un carré de deux carreaux de côté situé dans la partie supérieure droite.






A travers l'histoire

Art Egyptien :

Il en émane une solennité et une simplicité. 

Les artistes dessinaient de mémoire, suivant des règles strictes. On ne leur demandait pas d’être original, au contraire. Le meilleur artiste était celui qui faisait des oeuvres les plus identiques possible. C’est pour cela que l’art égyptien n’a pas beaucoup changé pendant trois mille ans. Les artistes ne s’intéressaient qu’à l’essentiel. 

Ils savaient observer la nature avec acuité. Leur méthode ressemblait plus à celle d’un cartographe qu’à celle d’un peintre. Ils devaient présenter tout ce qui leur semblait important, sous l’angle le plus caractéristique. Cependant, rien n’est laissé au hasard. Ils avaient une grande connaissance de la couleur, du contour et de la composition, car les éléments peints ne semble pouvoir être disposé autrement.
 

Art Persan :

Dans l’art perse, le dessin est délicat et raffiné.

Le ciel est souvent doré ou bleu nuit piqueté d’étoile.
La composition est équilibrée, réfléchie et aérée.
Les éléments semblent posés les uns à côté des autres sans tenir compte des lois de la perspective.
Comme par exemple dans le Shâh Nâmeh, le Livre des rois, un poème retraçant l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée de l’islam, écrit aux environs de l’an mille par Ferdowsi.

Art Japonais :

Les artistes préféraient les courbes et les ondulations.
Ils n’esquissaient pas en plein air « sur motif », mais après longue réflexion et concentration.
La nature était matière à méditation sans souci de décoration.
Après avoir acquis une maîtrise technique, les artistes interrogeaient directement la nature pour essayer de saisir l’expression du paysage. Une fois chez eux, ils rendaient cette expression par le pinceau et l’encre.
Ils créaient une succession de plans.
 Par la une ligne ondulante et par le trait, ils savaient suggérer une forme et créer un mouvement.


Art Médiéval :

L’art était au service de la religion.
Le but n’était pas de créer des images fidèles de la nature, mais de communiquer l’histoire sainte.
Les artistes ne se souciaient pas de l’illusion spatiale. Ils disposaient les formes dans un esprit purement décoratif comme une sorte d’écriture.
La représentation de la forme et de la couleur étaient simplifiées, sans effet d’ombre ou de volume.
Peu soucieux de l’effet de profondeur, ils se soumettaient à la "loi du cadre". C'est-à-dire qu'ils adaptaient les éléments représentés à la forme du cadre. Par conséquence tout était mis à plat ou compressé.

A la fin du Moyen-Âge, un artiste nommé Giotto di Bondone (1267 , Florence-1337) ouvre une nouvelle époque artistique. Il peint sur des fresques, l’illusion de la profondeur. Sa peinture n’est plus un substitut de l’écriture, mais comme une scène de théâtre.






« Légende de Saint François », Giotto, fresque, 1297-99, 270 x 230 cm

La Renaissance:

A la fin du XIVème, les artistes désirent de plus en plus associer des scènes de la vie réelle à l’art religieux. Ils veulent surtout développer la science du corps humain et des lois d’optique, comme l’illusion de la profondeur, dans le but de faire des dessins précis qui reflète la réalité.
Une nouvelle époque naît, la Renaissance.

La Renaissance naît d’abord en Italie et gagne progressivement l’Europe. C’est une rénovation artistique, une re-naissance. L’Antiquité devient source d’inspiration sans toutefois l’imiter.

Pendant cette période, une technique va révolutionner l’histoire des arts, la perspective.

Les artistes créent l’illusion d’un espace tridimensionnel sur une surface bidimensionnelle, grâce à un système de point de fuite.

En Italie, Leon Battista Alberti, Uccello, puis Léonard di Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Sandro Botticelli, Giorgione… Tous étaient passionnés par les problèmes de la perspective linéaire.
Raphaël. « L’école d’Athènes », Fresque dans la Chambre de la Signature, Vatican, 770 cm, 1510-11


 
Ce désir d’un art neuf était partagé par les artistes septentrionaux.

Les peintres flamands utilisaient davantage la perspective atmosphérique avec un souci de détails et d’extrême minutie.











Jan van Eyck. « La vierge du chancelier Rolin », 1435, 66 x 62 cm, huile sur bois