1 - L'Aéronautique dans le département de l'Aube (1936)

Léon DARSONVAL

Pilote aéronaute

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L' AÉRONAUTIQUE

DANS

LE  DÉPARTEMENT DE L'AUBE

DU DIX HUITIÈME SIÈCLE A NOS JOURS

(1936)

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Préface de M. LAURENT-EYNAC

Président de la Fédération Aéronautique de France

Ancien Ministre de l'Air

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Illustrations de Ch. FAVET

et 

Reproductions documentaires

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MCMXXXVI

Troyes

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PRÉFACE

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De Léonard de VINCI traçant le dessin prophétique de la machine volante aux navigateurs aériens d'aujourd'hui qui font au monde un visage nouveau, quelle rude épopée écrite dans le sang et par l'effort de tous les précurseurs, de tous les chercheurs d'idéal, des pionniers de la plus belle conquête, qui à travers les siècles ont été hantés par les mystères de l'infini " pour lequel nous n'avions ni barques ni voiles ", pour finalement, après bien des trébuchements et de chutes, en triompher et l'asservir aux fins de l'homme .

M. Léon DARSONVAL - une âme d'apôtre - a su trouver des étapes de toute cette conquête à travers les annales du département de l'Aube. Il a évoqué l'envol du plus léger que l'air qui faisait dire au marquis d'Argenson que " la garde des trésors, l'honneur des femmes et des filles seraient bien exposés jusqu'à ce qu'on ait établi des maréchaussées de l'air ".

Il nous fait revivre la période héroïque des premiers exploits qui se succèdent fiévreusement de 1909 à la veille de la guerre et il nous redonne le spectacle d'une génération qui s'attachait avec passion, dans une frénétique émulation, à ouvrir les chemins du ciel à l'activité des hommes, à constituer aussi une arme nouvelle qui allait avoir à " servir " si glorieusement. Intuition de toute une génération volontaire qui savait combien la Patrie allait avoir besoin d'elle.

M. Léon DARSONVAL fait aussi sa place au persévérant effort d'organisation de l'aéronautique dans la paix.

Le grand nom de Dieudonné COSTES y est légitimement associé pour son inoubliable traversée de l'Atlantique.

Grands voyages à travers le monde, conquête de records, raids éclatants ont porté, jusqu'aux terres les plus lointaines de notre empire colonial, nos idées et nos courriers, notre pensée, notre idéal.

Quarante mille kilomètres de lignes de commerce et de poste, aujourd'hui régulièrement exploités sous notre pavillon, nous relient aux capitales d'Europe, à notre empire africain, à nos colonies de l'Extrême-Orient, et, par la côte de l'Afrique Occidentale Française, jusqu'en Amérique du Sud; l'ouverture des liaisons postales de l'Atlantique Nord n'est pas si lointaine.

" La Conquête de l'Air ?.... une illusion " a-t-on écrit. 

Donnons des moteurs puissants, faisons des ailes solides à l' " illusion ", et confions lui nos espoirs.

Nos pilotes sauront les porter dans l'optimisme du ciel.

C'est la leçon de confiance qu'enseigne le livre utile de Léon DARSONVAL .







 



Léon DARSONVAL


PROLOGUE

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Depuis la fatale aventure d'Icare que nous conte Ovide dans ses Métamorphoses, bien des humains tentèrent, par des moyens mécaniques et parfois empiriques, de s'élancer dans l'espace. Ces expériences ne donnèrent pas toujours des résultats satisfaisants et la mort fut, en général, l'apanage de la témérité des hommes- oiseaux.

C'est seulement vers la fin du XVIIIe siècle que l'on vit s'élever, pour la première fois, "une machine volante ", machine qui permettait de se maintenir dans les airs sans provoquer d'accident grave pour celui qui la montait.


Les frères Joseph et Etienne de Montgolfier trouvent le principe des aérostats en lançant dans l'atmosphère un parallélépipède de taffetas gonflé d'air chaud et la première montgolfière s'élève à Annonay, le 5 Juin 1783, en présence des États du Vivarais.

Cette première expérience est reprise aussitôt par le physicien Charles qui remplace l'air chaud par l'hydrogène et, le 27 Août, le globe part du Champ-de-Mars pour aller atterrir à Gonesse où son arrivée suscite, parmi la population, une incroyable terreur.(1)

Le 19 Septembre, à Versailles, et en présence du Roi, un aérostat emporte, comme passagers, un coq, un mouton et un canard, qui font un atterrissage impeccable au carrefour Maréchal de la forêt de Vaucresson.

Enfin, Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes s'élèvent à leur tour, le 21 Novembre 1783, accomplissant ainsi, en Montgolfière, la première ascension libre.

Le deuxième voyage aérien a lieu le 1er Décembre 1783, aux Tuileries, avec ballon gonflé à l'hydrogène. Charles et l'un des frères Robert montent cet aérostat qui, pour la première fois, fait escale à Nesle. Robert descend, et Charles, continuant son voyage, atterrit à Le Lay, à 4 kilomètres de Nesle, après avoir atteint l'altitude de 1724 toises.

Depuis ces dates mémorables, que de chemin parcouru et quels progrès réalisés par " les machines volantes ". C'est le XIXe et surtout le XXe siècle, qui auront été témoins de l'épanouissement de la navigation aérienne.

Après l'aérostat, ce fut l'avènement du dirigeable, puis celui de l'avion.

L'avion, lui, fut une révélation, suscitant même une véritable révolution - n'était-ce pas le triomphe du plus lourd que l'air ? - Et quelle révolution, quand je pense qu'en moins de vingt-cinq années, avec Lindberg, Costes et Bellonte, les premiers, l'aéroplane a traversé l'Atlantique Nord? Ne s'est-il pas élevé tout récemment dans la stratosphère ? Il est vrai que le sphérique lui avait en cela indiqué la route, Noblesse oblige. Mais ce sphérique est si âgé que les jeunes générations d'aviateurs prétendent qu'il radote. Pauvre vieux, va ! Cet âge est sans pitié !!...

Comme toute mécanique, l'avion est sujet à de perpétuelles modifications. Je ne m'avance pas en affirmant que les appareils futurs épouseront une forme bien différente de celle conçue aujourd'hui, par nos ingénieurs.

Je vois l'avion stratosphérique sillonnant l'espace à des vitesses supérieures à 1000 kilomètres-heure et s'élevant à des altitudes presque imprévues.

J'entrevois, de par le monde, un trafic aérien in concevable, avec des super avions aux multi moteurs.

O avion ! que seras-tu demain ?

Travailleras-tu à la réconciliation des peuples, à leur joie, à leur bonheur de vivre, ou bien seras-tu le fléau qui détruit et anéantit toute civilisation ?

Loin de moi cette dernière pensée. Les hommes ne seront pas assez fous pour faire de toi un engin de mort. Tu portes en toi la vie, une vie intense, une vie féconde. Ta mission est sublime là-haut et ici-bas, si les hommes veulent, et ils voudront.

Mais un aéronaute ne saurait demeurer insensible au souvenir des émotions profondes ressenties au cours d'inoubliables voyages en sphérique, de ce sphérique dont il partagera le destin.

Aussi, mon cher ballon " l'Aube ", tu ne seras pas méconnu, tant il m'est agréable de publier ici quelques récits de tes randonnées.

Et puis, pour symboliser ton idéale existence, dame nature n'a-t-elle pas élégamment tracé autour de ton chef une éclatante auréole, l'auréole des aéronautes !

Tu es un pacifique. Tu es aussi un bohême; chevauchant par delà, plaines, montagnes ou vallons, nous allions ensemble je ne sais où. Avec toi j'ai rêvé, alors que glissant silencieux dans l'éther si idéalement pur des belles nuits étoilées, j'ai senti, dans le calme, dans la paix, dans l'amour de tout ce qui est beau, vibrer mon âme... une âme d'enfant !

J'ai donc conçu le projet d'écrire mes Mémoires sur l'aéronautique de notre petite patrie troyenne et du département.

Que les lecteurs ne soient pas étonnés de trouver, consignées sous ma plume, de nombreuses relations intéressant tout particulièrement l'existence du " Club Aéronautique de l'Aube ", plus tard dénommé "Aéro-club de l'Aube ", car nous devons reconnaître que, sous l'impulsion de cette Association et pendant près de trente-cinq années, furent réalisés les faits les plus saillants touchant l'aéronautique dans le département de l'Aube.

En lisant cet ouvrage, il sera agréable de constater que nos populations auboises s'intéressèrent toujours bien vivement, et souvent avec passion, à cette science de l'air si captivante entre toutes.

Soyons fiers du résultat obtenu, il honore grandement le passé et fait bien augurer de l'avenir.

                                                            Léon DARSONVAL

                                                                             Pilote - Aéronaute.


 

En l'an 1536, Denis BOLORI prend son essor sur la cathédrale de troyes,
du haut de la tour Saint-Pierre en construction.
 

DENIS BOLORI

LE PREMIER HOMME VOLANT A TROYES

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                                                                                                         Nescire quid antea  quam natus sis acciderit,

id est semper esse puerum. ( CICERON.)

 

Les auteurs anciens rapportent l'histoire des temps héroïques où la légende donnait des ailes aux hommes et droit de cité au séjour des dieux.

Tous ces récits que la fable inventa ne sont pas sans déceler un fond de vérité dans les tentatives que, de toute antiquité, des audacieux durent accomplir pour faire la conquête des cieux.

Toutefois, ce n'est qu'au IVe siècle avant notre ère qu' Architas de Tarente aurait lancé dans les airs le premier cerf-volant.

Plus tard, sous le règne de Néron, Simon le Magicien faisait, à Rome, des essais sur le vol qui lui valurent de venir s'écraser le crâne sur les dalles du Forum.

Au XIIIe siècle, Roger Bacon (2) , dans son traité de l'admirable puissance de l'art et de la nature, émit l'idée que l'on pouvait faire des machines pour voler dans lesquelles l'homme, étant assis ou suspendu au centre, tournerait quelque manivelle qui mettrait en mouvement les ailes faites pour battre l'air, à l'instar de celles des oiseaux.

Dans ce même traité, il donne la description d'une machine volante qui a beaucoup d'analogie avec celle construite par Blanchard au XVIIIe siècle.

A la fin du XVe siècle, Jean-Baptiste Dante, mathématicien à Pérouse, construisit des ailes artificielles qui permettaient à l'homme de s'élever dans les airs. On rapporte qu'il essaya plusieurs fois son appareil sur le lac de Trasimène et que ces expériences ne furent pas toujours couronnées de succès.

Dans une fête donnée à l'occasion du mariage de Bartoloméo Alviano (3), ce célèbre général vénitien qui contribua à notre victoire de Marignan (1515). Dante voulut offrir un spectacle inédit à la ville de Pérouse.

Au moyen de son appareil, il s'éleva très haut au-dessus de la place. Mais, le fer avec lequel il dirigeait l'une de ses ailes s'étant brisé, il tomba sur l'église Notre-Dame et se cassa une cuisse.

A cette époque, Léonard de Vinci (4), aussi célèbre par son merveilleux talent de peintre que par ses conceptions mécaniques, rechercha le moyen d'imiter le vol des oiseaux et l'on peut voir dans les manuscrits de la bibliothèque de l'Institut à Paris (5) le facsimilé des dessins de cet homme de génie sur les ailes artificielles, de même que d'autres figures donnant également le principe de l'hélicoptère (6) et du parachute.

Il n'est donc pas surprenant qu'en 1536 un horloger italien, " Bolori, ait fabriqué des ailes composées de ressorts combinés, et, après divers essais, ait risqué de prendre son vol de dessus la plateforme de la tour de notre cathédrale (7). Porté par ces ailes, il se balança dans les airs et dirigea son vol vers l'Est, mais un ressort s'étant rompu, il tomba dans la prairie de Foissy (8) " et se tua (9)" .

Grosley dit connaître ce fait par la tradition conservée au XVIIe siècle et constatée par des mémoires authentiques. D'autre part, le dernier des descendants de " Bolori " et de son nom, qui exerçait dans la rue Moyenne (10) à Troyes le métier de fripier vendeur, certifie l'exactitude de ce fait.

M. Le Clert, dans son rapport à la Société Académique de l'Aube du 17 juin 1910, précise que " Denis Bolori " était bien établi horloger dans notre vieille cité champenoise de 1515 à 1536 et qu'il est l'auteur de l'horloge de Rigny-le-Feron (11) (1530) qui porte son nom.

Si j'ai donné ce dernier renseignement, c'est pour deux motifs. D'abord pour souligner que Denis Bolori (12) n'est pas un mythe puisqu'il exerçait réellement sa profession dans notre ville à une époque bien déterminée, de 1515 à 1536, et ensuite pour me permettre d'établir un rapprochement entre ces dates et celles intéressant l'existence de Léonard de Vinci et de Jean-Baptiste Dante, de Pérouse.

Ces deux savants, précurseurs du vol de l'homme, vivaient donc à la même époque, habitant, l'un, la Toscane, l'autre, l'Ombrie, deux provinces voisines. Se sont-ils rencontrés ?Si non, ont-ils pu échanger leur sentiment sur cette passionnante question. C'est probable, attendu que le lac de Trasimène, au-dessus duquel expérimentait Jean-Baptiste Dante, n'est pas tant éloigné de Vinci (Florence), patrie de Léonard.

Quoi qu'il en soit, on peut estimer que les esquisses assez poussées de Léonard de Vinci, reflètent, avec toute la précision désirable, l'idée qu'on se faisait au début du XVIe siècle, des machines volantes dont elles établissent le fonctionnement avec une grande ingéniosité.

De ces différents exposés, il résulte que Denis Bolori est non seulement compatriote mais contemporain de ces hommes de génie. Serait-il donc surprenant que notre horloger, qui s'intéressait tout particulièrement aux expériences de vol, eût eu connaissance des dessins de Léonard de Vinci ou bien que son attention eût été attirée par la renommée des exploits accomplis sur le lac de Trasimène et à Pérouse.

De là, à concevoir et à exécuter un projet, dans l'esprit de ce qu'il avait vu ou de ce qu'il avait entendu rapporter par des témoins 20 oculaires de ces vols, il n'y avait qu'un pas, puisque la profession d'horloger donnait, à Bolori, suffisamment de connaissances mécaniques, pour mettre au point des ailes.

Et quel en était le mécanisme ?. Ne le trouvons-nous pas dessiné par l'illustre auteur de la " Joconde " ?

Aussi, désireux d'immortaliser par l'image ce vol célèbre, j'ai prié mon ami, Charles Favet, de s'inspirer des esquisses de Léonard de Vinci, afin de donner les ailes (13) qu'il convient à cet humble artisan, mort au champ d'honneur de la science !


(1) Une estampe de cette époque signale que ce ballon « est rempli d’air inflammable, vapeur provenant d’une dissolution de limaille de fer avec de l’huile vitriolique.

(2) Bibliothèque des merveilles. L’Aviation.

(3) Le général Alviano naquit en 1455.

(4) Léonard de Vinci naquit à Vinci, près Florence, en 1452 et mourrut en 1519, au château de Clos Lucé (Amboise).

(5) Des exemplaires figurent à la Bibliothèque de Troyes.

(6) Léonard trouva et définit l'hélice aérienne " che nell'aria si fa la femmina ". (La conquête de l'air dans Revue de Paris ).

(7) A cette époque, d'importants travaux sont en cours d'exécution à la Cathédrale. La tour Saint-Paul est à peu près arrivée à son état actuel. Quant à la tour Saint-Pierre, sa construction se poursuit lentement, car en 1554, elle sera édifiée jusqu'à la corniche dominant le cadran . La grande rose ne sera terminée qu'en 1559. D'autre part, la cathédrale est pourvue d'une superbe flèche de 110 mètres de hauteur qui fut détruite en 1700 par un incendie. (De Troyes et l'Aube par M. Lucien Morel-Payen).

(8) La prairie de Foissy (au XIIe sièche : " Fuxiacum, " Fuxeium ", " Fossiacum ", " Fosseium "; au XIIIe siècle : " Foissy " et mieux " Foissi " et au cadastre de Saint-Parres-aux-Tertres établi en 1837 : " Foi-cy " ) qui s'étendait jusqu'au grand Pont de Saint-Jacques sur la Seine (voir Bibliothèque, plan dressé en 1747 dont première édition en 1697) était distante, de plus d'un kilomètre, de la Cathédrale de Troyes.
    Cette prairie faisait partie du domaine du prieuré de femmes placé sous la juridiction de l'Abbaye de Fontevrault (Maine-et-Loire) et fondé par Thibaut II Comte de Champagne (1125-1152) (Voir Annuaire de l'Aube 1886, notice par Alphonse Roserot, 2e p. Page 50).
    L'entrée du prieuré de Foissy se trouvait à hauteur du gué où vient aboutir, encore de nos jours, une voie de terre dite " chemin du gué de Foi-cy ".- A remarquer qu'au XVIe siècle, l'actuel Pont de Saint-Parres, route nationale n° 19 et la digue n'existaient pas.

(9) En italique, extrait littéral des mémoires sur les Troyens célèbres par P.-J. Grosley.

(10) Rue Urbain IV

(11) L'inscription qui figure sur cette horloge, construite dans le clocher de l'église, est ainsi libellée : " Fait l'an mil V cents trante par denis Baulory de Troy. " . Il semble que Denis Bolori ait voulu franciser son nom, en signant son oeuvre " Baulory ". Entendait-il par là adopter la France pour sa nouvelle patrie ? il est permis de le croire. Du reste, nous trouvons cette famille définitivement fixée à Troyes, pendant tout le XVIIe et même au début du XVIIIe siècles (voir Bibliothèque, recherches faites par M. Le Clert). On peut donc, à mon avis, considérer ce vol comme une victoire française.

(12) Dois-je écrire " Bolori " suivant son orthographe en langue italienne donné par Grosley, ou bien " Bolory " d'après l'appellation indiquée par M. Le Clert et qu'il a trouvé ainsi rédigée lors de ses patientes recherches concernant cette famille et enfin " Baulory " tel qu'on peut le voir signé, par l'auteur, sur l'horloge de Rigny-le-Ferron.
    Ces variantes dans l'orthographe des noms propres étant alors très fréquentes, il m'est difficile de prendre une décision immuable. La solution la plus rationnelle me paraît devoir attribuer, à notre héroïque horloger, son nom d'origine italienne BOLORI.
(13) Pour permettre de se rendre compte du mécanisme et des mouvements que l'homme-oiseau exécute au cours de son vol, l'artiste a intentionnellement dessiné l'appareil incliné, le corps de Bolori légèrement déporté et en partie vu par le dessus, alors que, régulièrement, on ne devrait apercevoir que le dessous de l'appareil.