1 - Le village d'Arsonval et son Passé

 
ARSONVAL et son passé
par Mr. Pierre LAFFITE (Ancien Instituteurd'Arsonval)
Recit journalistique 1988
et
complété par Jean-Claude Darsonval (généalogiste)
 
 
ARSONVAL :
 
          10200 . Canton de Bar-sur-Aube - Au territoire : Arlette, Arsonval (bois d'), Ascourt, Beauregard, Bois-Madame, les Bordes, le Buisson-Thierry, le Chânoy (Fortelle), la Croix-Fontenay, la Fortelle, Foulons (Fontaine-aux-), le Fournais, Fragnot, Gézivaux, Vaubercey.
 

 
 
 
LES ORIGINES :
 
          Il est toujours difficile de retrouver les origines du nom d'un village. D'après plusieurs sources de documents, on retrouve Arsonval ARCON VALLES. On y voit le mot vallès : vallée ce qui se comprend puisque le village est bâti dans la vallée de l'Aube, au carrefour du val d'Arlette, ce joli ruisseau.
          D'après d'autres documents, Arsonval aurait un nom de formation romaine IIème au Vième siècle étant donné que les noms d'origine romaine, les plus difficiles à dater sont naturellement les plus nombreux.
          Vallis : vallée, plaine est reconnaissable dans Arsonval nom formé par la composition de ARCH(UM) et VAL (LEM), la vallée d'Archus (un voyageur, François Vinchant, de passage à Arsonval l'an 1610, le nomme ARCHONDIVAUX). De même dans la région proche on retrouve : FRAVAUX, de FRE (de) VAL (LEM) la vallée de FREDIS.
          Sous la colonisation germanique le défrichement des terres et les dénominations de cette époque sont nombreuses. On y note tous les noms en court.
          JAUCOURT : Janis Curt (IS), le domaine de Janus.
          DOLANCOURT : Dodeleni Curt (IS) le domaine de Dodolenus.
          De toute façon Arsonval se trouvait sur la voie romaine de Langres à Reims, qui passait au Nord-Est du village.
          Ce qui justifie son origine romaine, c'est qu'on a mis au jour un four gallo-romain dans la pente à proximité de l'agglomération.
          D'après l'ouvrage de Alphonse Roserot, le village existait déjà au XIIème siècle.
          Arconval - 1235 (Fond. Beaulieu, commune de Trappes)
          Arcuvallis - 1240 (Fond. Saint-Maclou de Bar-sur-Aube)
          Arconvallis - 1244 (Cartulaire de Saint-Maclou de Bar-sur-Aube)
          Arsonval - 1400 (Fond. de Saint-Maclou de Bar-sur-Aube)
          Il me semble après avoir consulté plusieurs manuscrits, que le nom orthographié "ARSONVAL", ne le fut qu'à partir du début du XVIème siècle. Le seul à l'avoir orthographié de cette façon, fut Jehan d'Arsonval, évêque de Chalon-sur-Saône  (1413-1416), qui signait d'ailleurs, Darsonval, vers le début du XVème siècle.
 
 
LA VOIE ROMAINE :
 
          J'ai donc dit qu'il se trouvait proche de la voie remaine. Cette route, elle aussi comme la RN. 19, suivait la vallée, mais plus au Nord-Est dans la pente, preut-être pour éviter les inondations de la rivière d'Aube. Certaines parties qui ont été détruites au XIXème siècle se composaient, dit-on, d'un lit de béton et d'un pavé de pierre dressé sur champ au-dessus de ce lit. D'ailleurs à l'époque où on labourait à la charrue tirée par des chevaux, un agriculteur racontait qu'en passant sur cette voie romaine le soc ne s'enfonçait plus et se trouvait bloqué. Cette voie traversait les lotissements des Vignes à l'Orme et des Vignes Blanches actuelles. D'ailleurs dans ce dernier cresant les fouilles du sous-sol d'une maison, on retrouva des canalisations qu'on suppose de cette époque.
 
 
LE FOUR GALLO-ROMAIN :
 
          Lors de l'aménagement de la rue du lotissement des Vignes à l'Orme on mit au jour un four gallo-romain en 1965.
          Ce vestige malheureusement fut en partie détruit par la machine et on ne put observer que la moitié de sa structure.
          Cet ouvrage construit en bordure de la voie romaine Langres-Reims, sur une pente face à l'Ouest, consistait en un four voûté à sole, le tout en argile mêlé à un cailloutis. En contre-bas, était le foyer, garni de cendres.
          Par sa disposition et sa construction, on peut y voir le four d'un boulanger d'origine gallo-romaine d'après quelques tessons trouvés à l'intérieur.
 
LA PAROISSE :
 
          La cure du diocèse de Langres, doyenné de Bar-sur-Aube était à la collation de l'évêque.
          Vers 1770, le curé était seul décimateur pour le chanvre et les agneaux : il avait la moitié de la dîme de graines et l'abbaye de Beaulieu avait l'autre. Jean d'Ampilly était curé en 1300 et 1303, Guillaume Perron en 1378 et 1393.
          La fabrique (groupe de clercs ou de laïcs chargés de l'administration financière de l'église) d'après une déclaration de 1609 avait alors neuf journaux de vignes, deux arpents de chennevières et terres arables, deux fauchées de prés dont une demi-fauchée était au lieu-dit la Fontaine-aux-Foulons. Le tout valait à peine 12 livres de rentes (revenus), somme insuffisantes pour les charges.
 
 
L'EGLISE :
 
          L'église date du 12ème siècle. Elle est sous le vocable de Saint-Martin. Saint-Nicolas y était spécialement honoré. Elle mesure 27 m de longueur, 7,50 m de largeur pour la nef, 7,20 m pour le choeur. L'abside à cinq pans est voûtée sur ogives. Le choeur également. La nef voûtée en bois sur entraits date du XVIIIème siècle. Cette voûte bien qu'en bois de chêne était en très mauvais état et en juin 1980, la municipalité décida de la refaire entièrement en lambris de chêne. La dite nef est accompagnée au Nord d'une chapelle latérale du XVIème siècle. Les baies sont récentes. Une tour romane s'élève au-dessus du choeur. La corniche extérieure de la nef est terminée à l'Ouest par deux figures d'hommes.
          L'église possède trois cloches l'une datée de 1714 provient de l'abbaye de Beaulieu, territoire de Trannes faite par les Barbettes et Lucas.
          Le 30 octobre 1829, le sieur Nicolas Goussel-Curd, fondeur de cloches demeurant à Brevannes (Haute-Marne) a établi un devis pour la fonte de deux cloches, devis qui fut accepté par le Conseil municipal.
          Ces deux cloches pesaient respectivement 1250kg et 650 kg et devaient s'accorder avec la cloche existante.
          Le fondeur s'engageait en outre à fournir les "battants", les "ferremens" pour la suspension, les baudriers en cuir de Hongrie, les moutons en bois de chêne ou orme, les cordes en chanvre et les bras de force avec leur demi-roue, afin de monter les cloches dans le beffroi.
          Les dites cloches furent fondues à Brévannes et le maire et un délégué du Conseil municipal vinrent constater avant la pose la composition du bronze qui était de 4/5 de cuivre de Sibérie et de 1/5 d'étain fin d'Angleterre.
          Le travail terminé fut réceptionné par Blaise Antoine Gobin, entrepreneur de bâtiments, demeurant à Arsonval. Le sieur Goussel-Curd reçut pour ce travail la somme de 6420 F pour les cloches et 400 F pour l'installation (des francs de 1829).
          Les vitaux sont modernes. Une plaque apposée sur le côté gauche de la nef fait mention des donations faites à la fabrique par Louis-François Vouillemont, curé d'Arsonval, pendant 25 ans, décédé en 1828.
          Dans l'église on remarque quelques pierres tombales sur lesquelles on lit : "Ci-git Jean ENDELOT, vivant procureur fiscal au baillage de Jaucourt demeurant à Arsonval où il est décédé en Janvier 1047. Priez Dieu pour le repos de son âme". Sur une autre on peut lire :
 
In nece quid mirum ratum
Doluere Camoeonoe
Servat membra Solum
Mens petit alma Coelum
 
          Et puis une troisième porte cette inscription : "Ci-gist honnête femme Jeanne MAITRES veuve en première noce de son honorable homme Goffillet, épouse de maître VARRE, juge en garde d'Epothémont où il décéda le 11 avril 1641, âgé de cent ans. Priez Dieu pour son âme".
          Sur le mur extérieur du Nord existait une pierre gravée de 1556 qui a disparu. Elle indiquait une donation faite à l'église par torin, curé. Actuellement on peut admirer le chemin de croix peint et offert par le peintre Rotislas Loukine. Dans la tribune on peut voir également deux statues en bois polychromé dont une Sainte-Anne. 
 
 
       
 
                                       
                                                            
                                                           Eglise d'ARSONVAL                                                       
 
          L'année 1998, fut celle de la découverte fortuite de fresques sur les parois intérieures de l'église Saint-Martin d'Arsonval. Comme dans plusieurs autres églises de la région. Ces fresques étaient recouvertes d'un badigeon blanc à l'eau. Certainement pour les préserver sans doute de la période révolutionnaire ?
          A cette époque des photographies avaient été prises, et  ce sont ces photographies que nous vous présentons :
 
                                              
 
                       
 
 
 
                       
                                           
 
                                               
 
 
      
 
 
 
    

Fresques sur les parois de l'église d'Arsonval

           Tous les travaux de déblanchiment des parois ont été interompus après cette découverte,  en attente d'une rénovation par des mains expertes de spécialistes.
 
 
 
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jeanclaude.darsonval@free.fr,
21 mai 2009 à 08:31
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jeanclaude.darsonval@free.fr,
21 mai 2009 à 08:35
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jeanclaude.darsonval@free.fr,
21 mai 2009 à 08:35
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jeanclaude.darsonval@free.fr,
21 mai 2009 à 08:36
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jeanclaude.darsonval@free.fr,
21 mai 2009 à 08:36
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jeanclaude.darsonval@free.fr,
21 mai 2009 à 08:37
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