~ Fitou, au début de l'Aude

 
 
Le village est situé à proximité de la voie communication qui, depuis l’Antiquité, allait de l’actuelle Italie à l’actuelle Espagne.
 
C’est la partie nord du territoire communal qui a livré l’essentiel des vestiges à mettre en relation avec le passage de cet axe dit « Via Domitia », dont le tracé était à approximativement celui de l’autoroute, mais qui, au niveau de Fitou, se divisait en deux voies parallèles, l’une de plaine (autoroute) et l’autre de colline au lieu-dit « le Pla ». L’ensemble de ces témoins archéologiques rendrait compte d’une occupation du lieu du 1er au 3éme siècle. Enfin, une borne milliaire a été mise à jour sur le « Pla » à 2 km à l’ouest du village.
Le nom de « Fitou » viendrait d’un terme latin « Fita » (la limite, la borne), certainement de par sa position frontalière.
La première mention de Fitou remonte à 990, dans le deuxième testament d’Adélaïde, vicomtesse de Narbonne. En 1271, est évoqué le « castrum » (lieu fortifié) de Fitou dans le dénombrement d’Aymeric, Vicomte de Narbonne et de son frère, Almaric.
Les seigneurs de Fitou étaient des vassaux de la famille de Pérignan qui possédait la plénitude des droits seigneuriaux sur Fitou et sa région et y exerçait la basse, moyenne et haute justice. La famille d’Aragon, a été confirmée dans sa noblesse par jugement souverain en 1674, Amauri de Pérignan devint notamment seigneur de Fitou. La famille d’Aragon occupera le château jusqu’à la Révolution, avant de se retirer à Narbonne.
Ce château possédait une chapelle, dédiée à Saint-Roch et un presbytère situé à proximité. Inoccupé, il se dégrada rapidement. En 1807, un état des lieux concluait à sa démolition. En 1843, un incendie précipita sa destruction. Ces ruines sont protégées au titre des Monuments Historiques depuis 1948. Le château est aujourd’hui une propriété privé.
 

En 1635, Richelieu déclare la guerre à l’Espagne et, deux ans après, les Espagnols s’emparent des Cabanes, du village et du château. En 1639, Fitou et son château sont repris encore une fois par les Espagnols. La paix définitive ne sera instaurée qu’en 1659 avec le Traité de Pyrénées.
Au cours du 19e siècle, on assistera à un recul de la culture des céréales et des oliviers, déjà mise à mal par des hivers rigoureux, au profit de la vigne particulièrement bien adaptée aux sols ingrats et au climat de la commune. L’élevage caprin et ovin est prospère comme en témoignent toutes les  bergeries appelées aussi « courtals ».
Une petite industrie se développe à la  même époque dans les « plâtrières », nom donné aux carrières d’où l’on extrayait la pierre à plâtre, dite le gypse. Ce dernier était amené à dos de mulets aux fours à chaux des « Cabanes » de Fitou. En 1868, trois fours à chaux et un moulin à plâtre fonctionnaient aux Cabanes.
En 1933, à l’initiative d’un groupe de propriétaires, la commune de Fitou se  dote d’une « Société Coopérative de Vinification et de Mistelles ». Un décret de 1948 établit officiellement la naissance de l’Appellation d’Origine Contrôlée (A.O.C) FITOU.
 
L’habitat s’est primitivement installé sur la partie la plus élevée du village autour du château.