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LE ROSSIGNOL DE WITTENBERG (August Strindberg, Traduction Jean-Dominique Hamel)

THEATRE DU NORD-OUEST (Création en France) du 19 novembre 2009 au 14 février 2010

 

Mise en scène Nathalie Hamel

Costumes Nathalie Hamel et Danielle Delobel

Avec

Geoffrey Vigier : Martin Luther

Valentin Terrer : Johannes Faust

Nicolas Planchais : Le Prince Electeur

Romain Jouffroy : Ulrich von Hutten

Rodolphe Delalaine : Hans Sachs

Jean-Luc Bouzid : Docteur Karlstadt

Laurent Brusset : Spalatin

Jean-Paul Saint : Tetzel

Albert Piltzer : Franz von Sickingen

David Mersanne : Lucas Cranach

Alain Michel: Staupitz

 
La vie du Réformateur Martin Luther vue par August Strindberg
 
    
 
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LE  ROSSIGNOL DE WITTENBERG
Drame historique de August Strindberg, mise en scène de Nathalie Hamel, avec Geoffrey Vigier, Valentin Terrer, Nicolas Planchais, Romain Jouffroy, Rodolphe Delalaine, Jean-Luc Bouzid, Laurent Brusset, Jean-Paul Saint, Albert Piltzer, David Mersanne et Alain Michel.

Dans le cadre de l'intégrale August Strindbergdispensée au Théâtre du Nord-Ouest, Nathalie Hamel a choisi de porter sur scène une des pièces historiques du dramaturge suédois davantage connu pour ses drames naturalistes.

"Le rossignol de Wittenberg", consacrée au moine augustin allemand, théologien et professeur d'université Martin Luther, retrace sa jeunesse de clerc qui le mena à fonder le protestantisme en réaction aux préceptes de l'Eglise catholique et aux agissements dévoyés de ses représentants temporels.

Luther est présenté certes comme un théologien mystique, qui entreprend une farouche croisade anti-papiste persuadé d'être investi d'une mission divine, mais également comme un homme "sous influence", influence qui ici appelle même le pluriel. En effet, dans l'Europe du 16ème siècle, il se trouve dans un milieu de clercs au cœur de luttes tant religieuses et politiques qu'économiques au sein d'une Allemagne morcelée qui ne constitue pas encore un empire institutionnel.

Par ailleurs, Strindberg y introduit une dimension "surnaturelle" avec l'intervention déterminante d'un personnage énigmatique, le docteur Faust, lettré et magicien, éminence occulte qui semble bien tirer les ficelles de tous ces pantins terrestres.

Sans céder à la tentation de la contextualisation, Nathalie Hamel, qui affectionne particulièrement le registre des pièces historiques et religieuses, monte cette pièce en costumes dans le respect du texte et de la dramaturgie classique.

Elle dirige efficacement une troupe masculine de comédiens pour s'attacher à restituer avec réalisme l'humanité des personnages. Sur scène, face au dominicain Johann Tetzel, interprété par Jean-Paul Saint, chargé de mener en Allemagne la fameuse campagnes des indulgences condamnée par Luther, les principaux protagonistes de la Réforme : l'électeur de Saxe fondateur de l'université de Wittenberg, creuset du protestantisme, et protecteur de Luther (Nicolas Planchais) et Spalatin, son conseiller ecclésiastique, (Laurent Brusset), le théologien Karkstadt (Jean- Luc Bouzid), l'influent chevalier von Sickingen (Albert Piltzer), les poètes Hans Sachs (Rodolphe Delalaine) et Ulrich von Huttent (Vincent Jouffroy), le peintre Cranach (David Mersanne) qui participera à la création de l'iconographie protestante et le prédicateur Staupitz qui fut le supérieur de Luther (Alain Michel).

Dans le rôle de Luther, Geoffrey Vigierréussit à concilier la fougue et le doute qui assaillent le jeune clerc qui se trouve propulsé dans une aventure hors du commun avec à ses côtés une "sacrée" éminence grise, à la fois flamboyante et ténébreuse, émissaire de Dieu ou émanation satanique, incarnée avec beaucoup de subtilité par Valentin Terrer qui donne une vraie épaisseur énigmatique et intemporelle au personnage de Faust.

MM www.froggydelight.com

 

LE ROSSIGNOL DE WITTEMBERG  de STRINDBERG

"Dieu est mon rempart". Le mot de Luther, devenu hymne, a t-il incité Strindberg à sortir, pour une fois, de ce thème qu'il portait comme une tumeur, la haine de l'homme et de la femme ou la "Querelle d'après le Jardin" ?

Cette étrange pièce -quelle part le Suédois tourmenté a t-il de lui mis dans cette oeuvre ? - écrite dans la dernière décennie de son existence, a le mérite d'oser mettre en scène la vie d'un troubleur de quiétude, d'un austère redresseur de torts, qui, malgré son influence, demeure un inconnu pour beaucoup (surtout dans un pays catholique)L'époque ? Vers Marignan. Le lieu ? L'Allemagne, sombre forêt, où sifflent d'étranges oiseaux. Un moinillon gonflé de foi, d'une bonne volonté naïve, un de ces marcheurs que Dieu protége de sa paume, souffletant les éclairs, découvre que si Rome est toujours dans Rome, elle s'éloigne, selon lui, dangereusement de Jérusalem et du projet céleste. Les indulgences ? Infâmie et trafic. L'autorité papale ? Dans quel verset ? Il y a un drap épais entre le ciel et la terre. Ce drap est brodé, ourlé de croix et d'or, mais il cache la lumière. Avec la force de l'écriture (avec et sans majuscule) Martin Luther placarde les fameuses "Thèses de Wittemberg", flammèches de la Réforme (que Gutemberg contribuera à étendre, par l'imprimerie nouvelle)

Et provoquera - un peu malgré lui - un réveil spirituel de l'Eglise. Strindberg admire cet autre "jeteur d'encrier" qui bénéficie de surnaturelles protections et d'un "laissez-vivre" jusque dans l'excommunication. N'a t-il pas reçu, lui aussi, la visite de Satan, par le truchement d'obsessions issues d'une réelle persécution ? Pour cet opus au grand souffle, il fallait l'adaptation, fine et précise, de Jean-Dominique Hamel. Et la fervente mise en scène de Nathalie Hamel, qui signe là une de ses plus belles réussites. Sans oublier une pléiade (la Compagnie porte ce nom) de comédiens inspirés,  Geoffrey Vigier, en tête dans le rôle de Luther, sec, enfantin, brave, tenace, qui a la densité d'enfant têtu, la plus juste, Valentin Terrer, éblouissant comme toujours, en un Faust tel l'homme, qui voudrait croire tout en étant peut-être ou diable ou au Diable, Jean-Luc Bouzid, émouvant ami dérouté de Martin, sans oublier Rudolphe Delalaine (le maître de musique Sachs) ou Nicolas Planchais et tous les autres. Pièce historique, oeuvre pie ou chant de résistance ? Le "Rossignol" est tout cela à la fois.

Mais peut-être, par sa singulière dimension épique et spirituelle, un exception de genre: un opéra-cantique. 

Christian-Luc Morel.

Le rossignol de Wittenberg, d’August Strindberg

Adaptation  de Jean-Dominique Hamel

Mise en scène : Nathalie Hamel

Comme ces hommes tentés par la pureté qui se croient ou se savent investis par l’Eternel d’une mission  consistant d’abord à rappeler à l’ordre ses contemporains dans un monde se disant chrétien mais où chez les membres de l’église, d’abord, règnent corruption, compromission, avachissement et perte du sens du divin , Martin Luther suscite la vénération de ceux qui ont adhéré à sa réforme de la religion catholique. Il fascine ceux qui ayant étudié sa biographie ont compris son obsession de la mort et du salut de l’âme, sa haine du dogmatisme, son amour de la rigueur. Strindberg dont les pièces historiques célébrant un personnage qu’il admire sont si généreuses qu’elles nous touchent immédiatement , est l’un de ceux-là.

Jean-Dominique Hamel, lui-même auteur et amoureux des littératures des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles a adapté la pièce parfois shakespearienne retraçant le parcours douloureux et héroïque, les combats et les épreuves de Martin Luther. Il l’a  resserrée pour qu’elle corresponde aux sensibilités actuelles, et on y adhère d’emblée.

Elle ne comporte aucun rôle féminin, et les onze comédiens qui incarnent les ennemis ou les protecteurs de Luther, gens d’église ou de pouvoir, monarques et autres grands de ce monde  jouent de manière quasiment fraternelle, s’épaulant, s’écoutant à la perfection. Le décor d’une bonne sobriété ne comporte que des vastes tables de travail autour desquelles ils s’installent pour écrire et écrire encore, mais les costumes d’époque sont somptueux . Les déplacements, l’utilisation du plateau, les lumières, et d’abord le jeune comédien inspiré au physique d’ ancien enfant de choeur et au jeu ramassé qui incarne Martin Luther, tout concourt à faire de ce Rossignol l’un des très grands moments du cycle Strindberg (qui comporte 55 pièces) au Théâtre du Nord-Ouest.

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-Des hommes à la hauteur
   Excellente prestation des acteurs , sur un sujet difficile . la qualité des jeux de chacun mérite d'être soulignée!
écrit le 02/02/2010 par a vu cet évènement avec BilletReduc ) #

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-Luther réformateur - 9/10
   Mise en scène,costumes et musique magnifiques accompagnent cette pièce;d'excellents comédiens recréent cette origine de l'église luthérienne proposée par strindberg (église majoritaire en suède).
écrit le 15/01/2010 par n'a pas vu cet évènement avec BilletReduc ) #

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-Excellente prestation - 9/10
   Belle mise en scène, jeu sobre et juste pour une pièce ,il faut le dire un peu austère. beau spectacle
écrit le 30/11/2009 par a vu cet évènement avec BilletReduc ) #

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-Beau et très intéressant - 9/10
   Habitué de molière et de shakespeare, qu'ont donc à dire les allemands ??? (en l'occurrence strindberg est suédois, mais bon il y a beaucoup écrit pour l'europe du nord) cette pièce, très belle (costumes magnifiques), est centrée sur la vie de martin luther réformateur créateur du courant du même nom... elle nous donne une vision complémentaire de la vie à cette époque. accessible et bien interprétée, cette pièce permet de mieux comprendre nos voisins... très intéressant et très agréable. a voir
écrit le 24/11/2009 par a vu cet évènement avec BilletReduc ) #

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-Excellentissisme - 10/10
   Une excellente prestation de tous les comédiens pour cette histoire du réformateur martin luther la mise en scène est brillante ; la couleur vocale associée à chaque scène est une trouvaille bien que le sujet paraisse austère, il faut y aller pour découvrir le talent de chaque comédien
écrit le 23/11/2009 par a vu cet évènement avec BilletReduc ) #

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