In memoriam (2)
Endre un trésor d'humanité

Lovrity Endre, était professeur d'histoire et de littérature il fut dès le début membre du groupe des professeurs qui participaient aux projets Comenius du Lycée Apáczai Csere János de Budapest en partenariat avec le collège de Casteljaloux et le lycée Marseilleveyre de Marseille. En tant que chercheur il a toujours aidé à élaborer et conceptualiser nos projets. Il a fait connaître la littérature, l'histoire et la civilisation hongroise à ses amis français. Construire un projet est toujours une tâche difficile et délicate. Endre savait affronter ces défis, apportant toujours sa contribution, il fut notre médiateur ! Il a pu commencer encore un dernier projet : Pour une école européenne solidaire. En reconnaissant ses mérites et en guise d'hommage nous lui dédions ce projet.

Zsuzsa Zirkuli

Avril 2009

 

Endre, un trésor d’humanité

 

Je suis à la fois ému et fier de rendre hommage à mon ami Endre Lovrity, mon très cher et regretté Endre. Je ne saurais résumer en quelques lignes toute la richesse de l’échange, commencé entre nous ce soir brumeux d’octobre 96 à Budapest où il m’a accueilli,  à l’arrivée de notre car scolaire au bord du Danube, avec toute la politesse raffinée, toute la généreuse gentillesse dont il ne s’est jamais départi tout au long de ces onze années. Il était peu à l’aise en français dans les premiers temps, mais il n’a cessé de progresser dans la connaissance de notre langue, comme un cadeau qu’il faisait à notre amitié. Humaniste passionné et passionnant, historien érudit et curieux de tout ce qui touche à notre culture, il était avide de communication. Je garde un souvenir attendri de nos conversations longues et animées, tous problèmes de traduction vaillamment affrontés à grand renfort de dictionnaires :  il a été un pour moi un passionnant pédagogue, aussi bien pour tout ce qui touchait à l’histoire récente ou ancienne ou à la politique de la Hongrie et des pays de l’Est, que pour m’aider à explorer les arcanes de la langue hongroise…

Endre était un hôte exemplaire, généreux, attentionné ; entouré et soutenu par sa fidèle épouse Anta et sa fille Andréa, il m’a fait l’honneur de se confier à moi comme il a su être un confident attentif et compréhensif, et notre amitié - concrétisée par plusieurs visites privées aux étés 98, 2000, 2002, 2004 alternativement à Budapest et à Tonneins - est très tôt devenue celle de nos deux familles. Fin cuisinier et gastronome, plein d’humour et de finesse, ouvert et attentif, il était devenu pour moi un indéfectible ami en même temps qu’un grand frère lointain avec qui je suis resté lié jusqu’à ses derniers jours, et qui vit encore en moi, aussi, comme un symbole inaltérable de la fraternité européenne. J’en garde pour preuve les dizaines de lettres et de cartes qu’il m’a envoyées au cours de ces années, comme un trésor d’humanité.    

                                                               Pierre Grimaud 

                                                                                    Mai 2009

 

 

Endre mon guide

 

J’ai connu Endre en 1996 à l’occasion de notre premier échange avec le Lycée Apáczai de Budapest. Il fut mon guide à chaque visite. Budapest reste pour moi à l’image de cet homme si courtois et si accueillant !  J’appréciais son style « vieille Europe » aux gestes raffinés qui me semblaient sortir d’une autre époque comme on peut le lire dans les nouvelles de Stefen Zweig. Endre était un homme généreux mais aussi plein de talents. Quels mérite d’avoir appris le français en autodidacte seul avec des livres dans le but de faire parti de la communauté francophone impulsée par notre « irréductible » Zsuzsa ! Endre était un homme de communication comme les humanistes de la Renaissance qui communiquaient avec le Latin. Nous partagions le plaisir de l’histoire et cette culture commune européenne. Comme un Gargantua Endre avait soif d’apprendre, de faire de nouvelles découvertes. Il travaillait beaucoup, écrivait des livres et préparait des outils didactiques pour les élèves… J’ai retrouvé dans mes dossiers des correspondances avec mon ami Endre autour de témoignages émouvants. Je me souviens de lui avoir lancé un défi en lui demandant de me raconter comment il avait vécu les évènements de l’année 1956, je ne me rendais pas compte de la lourdeur de la tâche ! Je reçus une lettre de quatre pages recto-verso où il relatait ses souvenirs de jeunesse : Endre avait 19 ans : « Nous ne parlions pas de la « Révolution hongroise, c’était un secret pendant longtemps, non seulement le mien mais aussi un trou noir dans la biographie des Hongrois et quand plus tard la parole était libre j’ai gardé le silence dans la grande cacophonie.. ». Une autre lettre où il donnait son point de vue sur la question des minorités et sa vision sur « le vivre ensemble » des peuples du bassin des Carpates. Je me souviens aussi de ces repas partagés autour d’un succulent Tokaj. Il me racontait ses voyages en France avec sa famille et plus particulièrement à Casteljaloux dont il conservait un mémorable souvenir ! Mais aussi des projets européens que nous construisions ensemble. Endre devait venir à Marseille en mai 2008 pour donner un cours d’histoire devant mes élèves mais il nous a quittés trop tôt ! Endre n’était pas un homme du passé, c’était un citoyen européen moderne, humaniste et tolérant profondément attaché aux valeurs de paix et de démocratie. Il savait que l’avenir de son pays et de son peuple s’incarne dans une Europe unie et délivrée de ses vieux démons. Merci Endre pour ton exemple !

Daniel Micolon

Avril 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Budapest novembre 2006

 

 

Budapest novembre 2007