Programme‎ > ‎Ateliers‎ > ‎

Atelier 3

Évolution des cadres théoriques de la recherche didactique 
Juan Godino, Brigitte Grugeon, Claire Margolinas

Dès le début de ses recherches, dans les années 80, Michèle Artigue s’est engagée dans les débats traversant la recherche en didactique, francophones ou non. Ses contributions sont liées par l’exigence d’un travail rigoureux des relations entre les théorisations didactiques et les conséquences de la recherche. Ainsi, l’évolution des cadres théoriques et leur articulation ne sont pas considérées comme un objet d’étude en soit mais comme une nécessité pour mieux penser ces relations. Nous retraçons ici quelques étapes clé de son parcours.

Michèle Artigue s’intéresse d’abord à la notion de reproductibilité, à travers l’étude de la dynamique d’une situation didactique. Se plaçant dans le cadre de la théorie des situations didactiques (TSD), elle montre que la dynamique propre des interactions entre les élèves ne peut suffire à une évolution suffisamment rapide de la situation : le maître a un rôle actif à jouer, même dans une situation fortement adidactique.

Cette réflexion conduit Michèle Artigue à jouer un rôle majeur dans la définition de l’ingénierie didactique (design). Il s’agit, d’une part de penser les rapports entre recherche et action autrement qu’en terme d’innovation pour affirmer la possibilité d’une action rationnelle sur le système didactique et, d’autre part, de concevoir l’ingénierie comme une pratique de recherche permettant une mise à l’épreuve des constructions théoriques. La méthodologie d’ingénierie développe donc les dimensions épistémologique, cognitive et didactique et articule des analyses a priori et a posteriori.

A l’origine des premiers travaux étudiant les rapports possibles entre des cadres théoriques en didactique des mathématiques, plus particulièrement entre la théorie anthropologique du didactique (TAD), la théorie des situations didactiques (TSD), Michèle Artigue s’appuie sur son expérience de recherche menée avec des chercheurs ayant développé des « sensibilités » (concerns) différentes pour proposer des articulations possibles entre certains de ces cadres. Cette démarche met en lumière ses potentialités pour appréhender la complexité de phénomènes à travers un jeu sur les différences d'échelles d’analyse et les complémentarités.

Nous proposons les questions suivantes aux participants à l’atelier :

1- Quels sont les apports théoriques et méthodologiques de l’ingénierie didactique dans la recherche en didactique des mathématiques ? Quelles en sont les potentialités ? Les limites ? Quelles relations peut-on établir avec d’autres approches du design ? Comment les questions de recherches, les approches théoriques et méthodologiques ont-elles évoluées dans ce domaine depuis 20 ans ?

2- Le développement d’ingénieries didactiques au niveau international semble montrer que l’analyse a priori pourrait dépendre des connaissances, des valeurs et des différentes focalisations ou sensibilités (concerns) des chercheurs. En quoi la culture, les institutions, jouent-elles un rôle dans cette analyse ?

3- L’appui sur des cadres théoriques variés privilégié à l’heure actuelle dans beaucoup de recherches en didactique des mathématiques est-il une force ou une faiblesse ? En quoi le jeu sur les différences d’échelle et les complémentarités ou bien sur les sensibilités partagées conduit-il actuellement à articuler différents cadres théoriques ?

4- Quelles sont les évolutions des rapports entre les recherches en didactique des mathématiques et le développement professionnel des enseignants ? Quelles sont les évolutions des cadres conceptuels pour théoriser et gérer ces rapports ?

Bibliographie :

Artigue M. (1989) Ingénierie didactique. Recherches en Didactique des Mathématiques, vol. 9.3, 281-308

Artigue M. (2009) Rapports et articulations entre cadres théoriques : le cas de la théorie anthropologique du didactique. Recherches en Didactique des Mathématiques, vol 29.3 305-334.

Comments