Résumé de la communication de Vanessa Besand :

« Le court-métrage Logorama : une  prouesse technique au service de la pluralité interprétative »

Logorama, court-métrage français du collectif H5 (François Alaux, Ludovic Houplain, Hervé de Crécy) sorti en 2009, a connu un succès inattendu, avec notamment le prix Kodak à la semaine de la critique du Festival de Cannes 2009 et l’Oscar 2010 du meilleur court-métrage d’animation. Entièrement créé avec des logos publicitaires de grandes marques mondiales, le film, qu’il fallut six ans pour réaliser, se présente comme une véritable prouesse technique en même temps que comme un objet d’une grande originalité. Son aspect subversif tient au fait que les réalisateurs n’ont demandé aucune autorisation pour recourir aux plus de trois mille logos mentionnés et détournés, ce qui, dans une société où le droit des marques est extrêmement fort, était plus qu’osé. Les deux marques les plus exploitées sont sans doute Mac Donald’s (dont l’emblème, le clown Ronald, devient ici un terrifiant trafiquant d’armes, sorte de nouveau Joker) et Michelin (dont le Bibendum est utilisé pour donner corps aux policiers qui prennent Ronald en chasse).

L’intérêt du film, éminemment postmoderne dans ses thèmes et dans son approche, est d’ouvrir les interprétations. Si ce monde, caractérisé par une débauche de marques et qui finit englouti, peut en premier lieu se lire comme une critique virulente de la société de consommation à outrance du début du XXIème siècle, les réalisateurs cherchent finalement avant tout à divertir, à travers la vision d’une Apocalypse joyeuse qui n’est pas étrangère à nombre de postmodernes, mais aussi à faire de cette récupération des logos un jeu de réécriture parodique et amusé (en référence, par exemple, aux films de Tony Scott dans les années quatre-vingts) qui est en accord avec les théories postmodernes des dernières décennies.

Nous voudrions donc profiter de cette communication pour étudier le phénomène technique qu’est Logorama et pour analyser quelques significations possibles du film.

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