Résumé de la communication de Bérénice Bonhomme :

« Quand le cinéma d’animation enfile la panoplie du cinéma en prise de vue réelle »

De façon un peu globale, on pourrait dire qu’à partir des années 80 le cinéma d’animation passe à l’âge adulte, en s’adressant à un public de plus en plus large et en traitant de questions historiques et politiques, autrefois, en grande partie, réservées au cinéma en prise de vue réelle. Mais pour devenir adulte, le cinéma d’animation a dû, pour reprendre une expression, emprunter « les affaires de son grand frère » (même si chronologiquement, le cinéma d’animation n’est pas plus récent). Je voudrais me concentrer sur ces emprunts.

Ainsi Disney, et plus largement beaucoup de studios d’animation, font désormais appel aux voix d’acteurs et d’actrices connus, qui sont mis en avant lors de la promotion du film et dans le générique. Par exemple, Robin Williams joue le génie d’Aladdin et Angelina Jolie, la tigresse dans Kung Fu Panda.

Les films d’animation s’inspirent également des films en prise de vue réelle, jouant sur les genres comme la science-fiction (Wall-E) et certains styles. Par exemple, dans Persepolis, plusieurs séquences s’inspirent du cinéma expressionniste allemand. Cette inspiration peut se doubler d’un volet parodique de plus en plus présent dans le cinéma d’animation qui fourmille d’allusions et de références, suggérant une construction post-moderne. Ainsi, dans Toy Story 3, on peut découvrir une reprise de la fameuse scène d’action de Mission : impossible où Tom Cruise, suspendu à un câble, cambriole une zone haute sécurité.

Enfin, on peut noter la présence assez récurrente d’une mise en abîme du dispositif cinématographique dans les films d’animation. Dans Roger Rabbit, le studio de cinéma fait son apparition, on filme les toons comme des acteurs en chair et en os. Chez Disney, ce jeu est également présent : dans Kuzco, remarquons ainsi une mise en abîme du dispositif cinématographique, qui brise un instant l’illusion référentielle. Dans Perfect Blue de Satoshi Kon, la mise en scène des procédés de fabrication du cinéma est permanente. Mais justement, cette fabrique n’est pas celle du cinéma d’animation, qui procède selon d’autres ressorts. Il s’agira donc de mettre en exergue ce décalage qui est particulièrement significatif à étudier.

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