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Gazette N°33

 DECEMBRE 2011

LE BONJOUR D'ESTHER


Chers Membres du CCVN, chères Amies et chers Amis,
Comme tous les ans, avant les Fêtes, votre club organise son traditionnel Concours Interne. Vous y êtes toutes et tous cordialement invité(e)s en tant que spectateur ou producteur d’un ou plusieurs films. Votre comité espère également que toutes les personnes présentes pendant le concours participeront ensuite à notre repas de fin d’année.
Voici ce que je puis déjà vous annoncer à propos du C.I. 2011, tout le reste suivra par courriel d’ici le 3 décembre 2011 :
Date : samedi, 10 décembre 2011 Lieu : dans notre local habituel Début : 13h30
Fin : environ 18 heures
Quant au «Prix du public», seules les personnes présentes dès le début auront droit à donner leur voix pour le film de leur choix.
Entre nous soit dit, nous sommes un club formidable ! Onze auteurs participeront avec 19 films, toutes catégories confondues. C’est absolument super. Et tous les films, à l’exception de deux, ont une durée de moins de 17 minutes ! Cela vaut vraiment la peine de réserver l’après-midi du 10 décembre et, pourquoi pas, la soirée avec le palmarès et quelques explications des jurés. Une invitation suivra, bien entendu.
Juste avant le CI, le 6 décembre, Ursula Graber nous invite à une soirée qu’elle promet interactive avec quelques exercices pratiques. A ne pas manquer !
Et juste après le CI, le 20 décembre, aura lieu notre discussion des films du Concours Interne. Seuls les films dont les auteurs seront présents auront droit à cette critique que nous voulons positive lors de cette dernière séance de 2011.
Un gros bisou à nos membres malades ou absents pour des raisons professionnelles ou familiales. Et BONNES FETES à toutes celles et tous ceux qu’on n’aura pas le plaisir de rencontrer en décembre !

Cordialement
Esther


CHRONIQUE DES SÉANCES

Forum romand du samedi, 29 octobre 2011


Raymond Brussino nous a remis l’article que nous publions ici.


Samedi 29 octobre dernier, nous avions rendez-vous au Monastère des Dominicaines à Estavayer-le-Lac
pour le traditionnel Forum Romand des Vidéastes amateurs. Le thème était la formation scolaire aux différents des jeunes aux métiers de l’audiovisuel, métiers d’avenir dans ce monde où l’image est devenue prépondérante dans notre vie quotidienne.
C’est en résumé ce que le soussigné, qui n’est plus d’une première jeunesse, a cru comprendre venant des paroles de Stéphane Bianchi dont le look n’a plus rien à voir avec les 42 participants enthousiasmés par l’exposé de ce brillant cinéaste responsable de Studio 41 - chiffre ayant été choisi comme symbole d’ouverture vu que le 41 est l’indicatif permettant aux étrangers de communiquer téléphoniquement avec les petits Suisses. Exposé animé par de courts métrages, réalisés par des jeunes écoliers, où la violence est présente mais sensée la combattre ... Ceci m’amène tout simplement à en déduire qu’il faudrait transformer nos clubs en école de cinéma et que notre hobby dans tout cela n’aurait plus sa raison d’être, serait-ce la bonne direction ?
A la fin de la présentation les applaudissements crépitèrent, mais nous n’avons malheureusement pas pu lui tirer notre chapeau... car seul notre interlocuteur avait arboré une splendide casquette bleue, flanquée de la lettre Kencadrée d’or, un K comme Kino, casquette qu’il a gardée tout le long du repas, certainement pour que les responsables du Monastère puissent l’admirer aussi !
La seconde partie de la journée débuta par un autre exposé dirigé par Filipo Lubiato qui a décortiqué une PUB Migros, afin de nous démontrer comment faire passer un message en 45 secondes. Admirable Filippo, qui ne maitrise pas bien la langue française mais qui se donne une peine inouïe pour que chacun comprenne bien ses explications ; non seulement le message a bien passé, mais nous avons reçu en plus une bouffée d’amitié.
Puis ce fut le traditionnel défilé des présidents venus présenter leur programme ; celui d’Estavayer, qui n’a plus à démontrer son dynamisme ainsi que sa faculté d’organisation, que nous avons hautement apprécié ; celui de Fribourg, qui a modernisé sa raison sociale en effaçant CCVAF au profit de FRI-MOVIE et qui se dit heureux de se situer à 150 kilomètres de Genève afin de ne pas être trop vite envahi par les Genevois ! Le nouveau président du Caméra Club de Genève, Urs Schwitter veut mettre l’accent sur la convivialité et l’a démontré en encadrant le président central Rolf Diehl qui ne parle pas français. Mais c’est en « hochdeutsch » que ce dernier nous a salué non sans donner son point de vue sur la promotion de nos clubs, étant conscient que le ciblage pour obtenir du sang nouveau ne pouvait se faire qu’en visant la tranche des 30 à 40 ans. Nous avons donc bien compris que notre hobby commence avec la famille et que la formation d’une profession avec le collège. Esther Bally, qui préside le Club de Nyon et qui a su motiver 10 membres pour l’accompagner, a mis l’accent sur le 50ème anniversaire de ce club lémanique qui se déroulera dans le cadre du « Régional » en mars prochain. Enfin le Club du Jura qui ne se présente pas comme un « club-bi » (club ayant deux activités distinctes) à l’instar de Fribourg, recherche des courts métrages d’amateurs pour alimenter une chaîne locale.
En résumé une journée très riche et instructive, doublée du plaisir que nous tous, membres de divers clubs, avons à nous retrouver pour parler de notre passion.
Je terminerai avec une phrase de Stéphane Bianchi qui estime qu’entre amateurs et professionnels, il n’y a pas de différence. Je lui donnerai raison sur le plan technique, que l’amateur doit apprendre comme le fait un professionnel. En revanche, il y a une différence notoire : un amateur est un professionnel dans une autre branche que le cinéma. Il vient donc dans un club pour se détendre et partager des expériences. Le professionnel vit du cinéma, et lorsqu’il lâche sa caméra, c’est pour s’adonner à un hobby qui ne ressemble pas à son métier. Il est donc incontestable que ce ne sont pas des amateurs qui peuvent former des vidéastes qui, devenant professionnels, quitteront le club. En revanche, si l’on forme des amateurs, ils resteront dans la société et fidéliseront de nouveaux membres en leur transmettant leur passion.

Raymond Brussino


Puisque j’ai la chance d’être la dactylo, je me permets de donner mon opinion quant à la présentation faite, lors du Forum Romand, par Stéphane Bianchi avec qui j’ai eu l’occasion de discuter durant le repas. Il a le look de son âge, et de son métier,
cinéaste.    Il n’est pas banquier, ni
assureur, il est libre et le montre. En plus il a le courage de vivre de sa passion, et, le savait-on, est autodidacte. Ce qu’il fait : il organise des stages d’une semaine pour des ados qui aimeraient s’orienter vers un métier du cinéma. Comme la plupart des jeunes, ils s’imaginent que c’est facile, qu’ils auront vite du succès, qu’ils gagneront beaucoup d’argent et vivront comme les stars qu’ils voient à la télé. Pendant une semaine, Stéphane va leur faire comprendre que ce n’est pas évident, que dans ce métier, il faut bosser comme des brutes, dormir très peu, être disponible, écouter, partager, être patient et peut-être, à la fin, essuyer des échecs. Pour ce faire, il va les mettre dans le bain sans mansuétude : écriture du scénario, organisation du tournage, prises de vue et de son, montage, tout doit être fait en suivant des délais et dans la discipline. En sortant du stage, les gamins seront crevés, ils auront vécu une magnifique aventure et, peut-être, seuls certains continueront. Il est
 évident que nous autres, dans nos clubs respectifs, ne pouvons pas régater. Et d’ailleurs, nous n’en avons aucune envie. Par contre, Stéphane a l’énergie nécessaire, un charisme étincelant, une chaleur humaine qui doivent certainement lui ouvrir des portes pour mener à bien le métier qu’il s’est choisi : faire aimer le cinéma aux futures générations. Un gars comme lui, ça dérouille ! Bon vent !

Nelly Thiébaud

Séance du 2 novembre 2011

Sous le titre de « Stop Motion », Alain nous a gratifiés d’une fort intéressante soirée. Stop Motion : il fallait bien sûr définir ce terme assez nouveau pour nombre d’entre nous. Dans un premier temps, a-t-il dit, on peut dire simplement : « STOP MOTION = PHOTOS IMAGE»

Pour illustrer cela, nous avons vu une dizaine de petits films parmi lesquels « Les allumettes » d’Emile Cohl (1908), « King Kong » de Willis O’Brien (1933), « Monde perdu » de Wallice et Gromit (1925), « Les noces funèbres » de Kun et Burton, « Mondes parallèles » de Carabine, etc. et, en final, un film de Yossup qui nous a spécialement fait plaisir.
Toute cette première partie a été suivie d’un grand débat qui a passionné nos membres. Un grand merci à Alain pour cette découverte !
La seconde partie, fort intéressante aussi, était consacrée à aux avions de chasse dans les Alpes ainsi qu’aux entraînements des « as » de notre armée. Malgré d’excellentes vues, c’était un peu trop répétitif et long, surtout pour les « non afficionados » de l’aviation. Mais à part cela c’étaient de très bonnes prises de vues et un excellent montage.



Séance du 15 novembre 2011

Il avait été prévu que cette soirée serait dédiée à Yves Buvelot et à PEM. Malheureusement, Yves n’a pas pu venir au Club pour des raisons médicales. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Au pied levé, Claude Bussard est venu le remplacer. Un très beau programme nous fut proposé. Tout d’abord, « Un petit Pépin », film réalisé par Paul-Emile. Tourné en1959, bien sûr en noir-blanc, bien sûr en muet, c’est devenu un petit bijou. Patiemment PEM a « aplati » la pellicule restée dans une boîte depuis des années, a nettoyé les images, les a fait transférer sur DV puis a remonté le tout façon 2011 pour nous proposer une œuvre pleine d’humour, bien construite, avec un début et une fin, et entre deux des gags qui ont dû faire rire toute l’équipe. Il fallait le faire à l’époque où on ne devait pas gâcher la pellicule ! Chapeau !
Puis Claude nous a fait partager un film qu’il a tourné pour sa famille lors de la démolition d’une ferme familiale. C’aurait pu être un simple documentaire. Mais non, c’est un
énorme moment d’émotion. Il n’y a pas de commentaire, parfois juste de la musique, parfois le silence total, ou alors le vacarme d’une scie ou d’un pan de mur qui s’écroule. Les images parlent d’elles-mêmes, belles, nettes ,
suggestives. Telles les tuiles qui glissent comme des larmes, la charpente du toit qui se transforme en poussière sous les mâchoires du bulldozer, qui évoquait un dinosaure. Certains gros plans font froid dans le dos, et un plan large nous, nous ramène à la réalité. Tandis qu’un rapace survole le chantier et ses grues, celui qui devait être le chef arrive sur sa grosse moto pour rencontrer les ouvriers : que ressent-on à ce moment ? Et puis, soudain, de la tendresse avec un couple de vieux, des enfants, des habitants qui semblent dépassés, un chien qui garde et regarde. Ces parallèles constants entre la force brutale des machines, qui nous agresse mais que l’on sent toutefois maîtrisée par le calme des ouvriers, et la sérénité de la vie quotidienne de ce coin de terre, scotchent le spectateur à son siège. Claude a filmé avec ses tripes d’artiste et de poète. Il a décroché l’or !
Pensant que son film était trop long, il l’a interrompu : il voulait nous faire voir un « bonus » : le film à l’envers ! Les tuiles revenaient sur le toit, de poussière la charpente reformait un toit, la moto repartait, bref... la ferme revivait en gaieté. On a donc fini devant un verre en rigolant.
Enfin, ce fut à nouveau le tour de PEM qui nous présenta sa nouvelle création : « Le grain de blé ». Durant l’été, la vue des beaux épis l’a interpellé : quelle est l’origine des céréales ? Il a cherché, puisant dans les livres et dans les rushes des copains, il a trouvé et voilà !
Il a poursuivi avec la projection d’un autre film intitulé « Un monsieur attendait » : une chanson illustrée par des images d’un trompe-l’oeil sur une maison du Grand-Saconnex. Et PEM de nous sortir : « Voilà ce que l’on peut facilement faire avec notre hobby ! ». Oui, mais il faut le faire !

Nelly


Le losange est un carré tordu en biais
Le zéro est très utile, surtout si on le met derrière les autres nombres. Un nombre réel est un nombre qu’on peut toucher du doigt.
La loi des probabilités s’appelle ainsi car on n’est pas sûr qu’elle existe.
L’ordinateur peut fait plus de calculs que le cerveau de l’homme car il n’a que ça à faire.
L’air pur est uniquement formé de gaz naturels.
Une bouteille d’eau explose s’il gèle car, sous l’effet du froid, l’eau devient un explosif.
En cas de grossesse, on fait une chorégraphie.
Plus le train ralentit, moins sa vitesse est plus grande.
Un corps lâché d’une certaine hauteur choisit toujours de tomber.
C’est le cerveau qui donne les ordres et les autres parties sont obligées d’obéir.

Le temps qui mange en permanence les années qui mangent les mois et les semaines qui absorbent les jours lesquels avalent les heureux dévorants, les minutes qui engloutissent les secondes.
Chronos (Dieu du temps)


HOLLYWOOD RÉAGIT CONTRE LA TÉLÉVISION EN PRÉSENTANT DES FILMS EN RELIEF
...MAIS C´ÉTAIT EN 1953 !

Face à la concurrence envahissante du cinéma à domicile que constitue aux Etats-Unis la télévision, le cinéma en salle d’organise. La riposte est d’abord, dans la présentation de films en relief que les spectateurs peuvent voir au moyen de lunettes spéciales, un verre étant rouge, l’autre vert. Certains effets sont  particulièrement réalistes. D‘autre part, la présentation à Broadway, le 22 septembre dernier (1953 !) du film « This is Cinerama » permet 
d’envisager la réalisation de films proposant au spectateur une vision presque totale (140° sur 160°) grâce au procédé de caméras multiples conçu avant guerre par Fred Waller.
Le système a été réduit à trois caméras synchronisées : l’image, qui est projetée par trois appareils dont les faisceaux s’entrecroisent, est encore amplifiée par une révolution sonore : sept pistes dirigent le son qui suit le déplacement des acteurs, des objets etc. Enfin, le physicien français Henri-Jacques Chrétien, inventeur d’un objectif spécial, « l‘hypergonar »,    en    1927,
connaît une nouvelle gloire à 74 ans : la Twentieth Century Fox vient d’acheter son brevet qui porte maintenant le nom de cinémascope. L’image comprimée à la prise de vue, est restituée en grand, par anamorphose, à la projection sur écran large. On prédit un bel avenir à cette invention digne des fastes hollywoodiens.

 Le cinéma en trois dimensions grâce aux lunettes spéciales.

HEUREUX QUI COMMUNISTE A FAIT UN BEAU  VOYAGE
(Article de Jean-Claude Ferrier, paru dans la Tribune de Genève)

Dans un récent bloc-notes, Philippe Bouvard se souvient d’avoir fait partie des plaisantins qui, dans les années 70, ont commencé à introduire avec prudence des jeux de mots dans les titres du Figaro. Un pirouette verbale ici, un calembour ailleurs, souvent une trouvaille qui fait sourire. A Libération, pourvoyeur du genre, la recherche est devenue obsessionnelle : « Obama se prend la dette », « Lagarde les pieds dans le Tapie », « La SNCF fait panne à voir », « Le fond de l’air effraie », « La vache qui émeut ».
Au Canard enchaîné, Alexandre Breffort a été le maître à penser de toute une génération qui n’a pas oublié des chef-d’oeuvres comme « Né de pair inconnue » pour la procréation artificielle, « Un homme se penche sur son basset », la boxe avec « Mais vous pleurez mi‑lourd »    « Police    se    goure » « Splendeur    et    misère    des
cortisones », « Guy Mollet presque cuit »,    « Les    gaietés    de
l’esturgeon », « Ciel mon méhari ».
La Tribune de Genève se défend aussi assez bien. Lors du long combat pour l’entrée de la Suisse à l’ONU, nous avions publié une photo du championnat de natation des naturistes suisses avec ce titre : « Les Suisses à l’eau nus », « Un quarantième rugissant » pour les 40 ans de la RDA, « Pour Nixon le glas » lors du Watergate, « Grüetzi Mitterrand » pour sa visite d’Etat en Suisse. Sur la photo, il était flanqué de Jean Ziegler, à qui il ne manquait que la parole. « L’important c’est l’Arrows » pour la F1, « Le valet est un as », un valet de ferme sacré champion suisse de yass. Voyage éclair dans le Gard, trois minutes sur le pont : « Le Gard au galop romain ». On ajoute « L’emmental sidéral de l’EPFL » pour le Rolex Learning Center, « Le gratin des
Finnois »,    « Heureux    qui
communiste a fait un beau voyage » à l’occasion du retour de Moscou du maire d’alors, Roger Dafflon. « Pour une bibliothécaire, le bonheur est dans le prêt », « Balade du bord de l’amer » pour une chronique gastronomique, « Vin bio : le naturel revient au goulot », « Gare aux morilles ».
Antoine Blondin nous régalait dans L’Equipe de ses chroniques sur le Tour de France : « Un tour de Rhin », « Un despote à sciatique », « L’affaire est dans le sacre », « Ce prédateur de Charles », pour Charly Gaul, « Allons enfants de
 l’apathie », « Livio du village », « On n’est pas là pour ce musée », « Formule Hun (comme Attila) ».
Un peu d’humour dans ce monde de brutes, un clin d’œil aux lecteurs pour qu’ils gardent le moral. Même les politiques s’en mêlent.
Ainsi cet épisode cité par Bruno Masure : lors de la crise financière en Asie, DSK, champion de l’art du contrepet, s’adresse aux sénateurs : « Ce cas de Corée me turlupine »

L’ ÉLÉMENT CHIMIQUE DU JOUR – LE CERIUM
Par Olivier Dessibourg

UN GRIS MÉTAL QUI FAIT DES ÉTINCELLES AU CINÉMA
Le cérium est une star de cinéma. Qui ne figure pas au générique, mais se retrouve impliquée dans les plus belles cascades de véhicules, lorsque leurs dérapages produisent des gerbes d’étincelles. Découvert en 1803, et baptisé en l’honneur de la planète naine Cérès repérée deux ans plus tôt dans la ceinture d’astéroïdes, le cérium est le plus abondant, dans la croûte terrestre, de cette classe de métaux appelés « terres rares ». Gris argent, il est malléable à température ambiante. Sa forme la plus commune est l’oxyde de cérium, produit utilisé dans l’industrie pour le polissage de verre.

Fondu avec d’autres métaux, il forme le mischmetal. Marié à d’autres
 éléments (oxydes de fer ou de magnésium), ce dernier devient plus dur : on l’appelle ferrocérium. C’est cet alliage qui, soumis à une abrasion, génère la pluie d’éclats lumineux des films d’action. Mais qui sert aussi à allumer les cigarettes : le ferrocérium compose les pierres à briquet. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce dispositif a sauvé la vie du chimiste puis écrivain juif italien Primo Levi. Forcé de travailler dans une usine, il y subtilisait des bribes de
ferrocérium pour les transformer en pierres à briquet et les troquer durant la nuit contre des vivres. Ce qui lui a permis de combattre la faim durant les deux mois qui l’ont séparé de la libération du camp par les Russes. Sans cérium, « Le système périodique », magnifique ouvrage de Levi, n’aurait jamais été écrit.

PENSÉE DU JOUR
Il faut apprendre à écrire ses blessures sur du sable 
et graver ses joies dans la pierre.

ċ
gazette33.rtf
(2718k)
Didier Jotterand,
3 sept. 2012 à 07:35
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