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Gazette N°46


LE BONJOUR D'ESTHER


Chères Amies, chers Amis, chers Membres,

Il faut le dire, nous avons eu beaucoup de chance en février en ce qui concerne les routes malgré les fréquentes chutes de neige ! En effet, il aurait vraiment été dommage de ne pouvoir se déplacer pour les séances magistrales de Marc Décosterd et de Claude Bussard, alias Bubus. L’affluence à ces séances l’a prouvé : nous sommes un club bien vivant ! 

Le mois de mars nous réserve d’autres surprises : 

- mardi 5, ce sera à Raymond Brussino de nous faire vivre une séance axée sur la détente et l’humour en projetant quelques-unes de ses réalisations 

- mardi 19, nous découvrirons des rushes, essais de montage et autres réalisations en cours que certains de nos membres voudront bien apporter avant 20 heures. Pour information, ce genre de séance s’appelle «Films de Membres», ouverte à toutes et à tous. Une inscription n’est pas nécessaire, mais s’il y a trop de matière, nous serons contraints soit d’imposer une durée minimale par film, soit de prévoir une autre séance un peu plus tard, en avril, par exemple. Car nous prenons très au sérieux les auteurs qui nous demandent de visionner leurs ébauches et de leur donner notre avis, voire notre critique constructive. 

Je me réjouis de vous revoir nombreuses et nombreux en mars ! 

Cordialement,
Esther 
 

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CHRONIQUE DES SÉANCES


Séance du 5 février 2013

 

Ca, c’est du cinéma !

Marc Décosterd a été facile à convaincre pour venir nous présenter son dernier bébé de 72 minutes.  Après avoir gagné le concours « off » il y a une dizaine d’années,  alors qu’il était encore débutant et amateur, il nous avait montré un soir un film de sa création.  Cette œuvre, d’une ambiance très noire, avait choqué le club et les critiques pleuvaient de toutes parts.

Depuis, Marc est devenu cinéaste professionnel chez NRTV et il a appris son métier.  Son film de ce soir a fait l’effet d’une bombe, bien que Marc aime toujours jouer avec la violence.  Mais il exprime les relations humaines avec force et de manière directe, sans tenir compte des détours auxquels notre culture nous astreint.  Il a compris que la vie est remplie de frustrations, aussi minimes soient-elles.  Au lieu de les intérioriser, il fait répliquer ses acteurs avec les poings et avec des pistolets à la place des mots.  La tendresse est là pourtant, mais il la cache immédiatement sous un manteau brutal.  Le langage de son film doit se lire toujours au second degré, et alors il contient beaucoup d’humour et d’originalité.  Marc fait tout par lui-même.  Il écrit le scénario, il fait l’acteur, la mise en scène, la musique et en plus la distribution.  Ceci donne à l’oeuvre une unité bien soudée et un rythme diabolique.

Le CCVN était venu en nombre et, après la projection, les membres se sont réunis pendant une bonne demi-heure autour du réalisateur.  La discussion a fusé et de nombreuses observations bien amenées, tant du point-de-vue philosophique que technique, ont ravi l’auteur.  Marc Décosterd s’est dévoilé, malgré la cruauté de certaines scènes, somme un humaniste bon, sensible, et même tendre.

Une soirée riche pour le club qui nous a de nouveau montré comment faire un film de grande valeur.

Fred Graber



 

En 1999, lors du Festival Régional de la Suisse Romande organisé par le CCVN, ce jeune auteur a déjà reçu un prix important. Quelques années plus tard, il nous a montré une de ses œuvres qui m’est restée en mémoire comme assez dure et très sanglante.

Mardi 5 février, Marc nous est revenu pour nous présenter son dernier film qui a déjà été projeté à l’Usine à Gaz et au Cinéma Capitole (à Nyon) et ailleurs en Suisse Romande. Il était enchanté d’être à nouveau parmi nous, tout à fait bénévolement, malgré quelques questions et remarques très pointilleuses après la projection, émises entre autres par Guy Ferro et Claude Bussard.

«Dois-je me marier ? Dois-je avoir des enfants ?» telles étaient les questions que se posait l’auteur, à 35 ans, face à ses amis, actrices et acteurs du dernier tournage, qui, eux, avaient passé le cap et étaient devenus parents. Il se devait d’écrire et de dire.

En quelques semaines, à raison de 18 heures de travail par jour, il réalise un film avec ces mêmes amis, devenus professionnels, un bébé de 2 ans et demi et lui-même, excellent acteur. Un curé dans son confessionnal tient le rôle du fil rouge.

Le film s’intitule « Erwan et + si affinités ».


J’ai vraiment beaucoup aimé cette œuvre et n’ai pas cessé de sourire tout au long de sa projection. Bien sûr, elle est loufoque et pleine de situations impossibles, mais elle sort d’une imagination extraordinaire et est remplie de gags.
Esther 


 

Séance du 12 février 


Ce fut une séance captivante, animée par notre ami Claude Bussard, qui a réuni une bonne vingtaine de participants et ce, malgré les frimas de la saison. Cette fois, Claude nous parlait de transferts de films argentiques 8 mm, Super 8, 
9.5 mm, 16 mm, 35 mm, en vidéo.

Sur une table, il avait exposé son matériel de cinéma. L’une des premières choses à entreprendre, avant de copier un film, c’est de le nettoyer avec de la benzine rectifiée au moyen d’une paire de gants blancs en coton. Il est également très important de vérifier que les collages tiennent bien, quitte à les refaire.
Il nous montra ensuite la position de son projecteur 16 mm et de sa caméra HDV, placée légèrement de côté. Il faut veiller à ce que l’écran soit confectionné en papier blanc et entouré d’un large bord noir. 

Une autre possibilité de transférer son film argentique est de placer une boîte spéciale contenant un miroir d’angle à 45o. Le faisceau du projecteur touchera ce dernier et pourra être capté par la caméra vidéo.

S’il l’on veut copier un film sonore, il est préférable de placer un micro avec un long câble de rallonge dans une pièce voisine qui enregistre le son du haut-parleur du projecteur.

Toutefois, cette méthode artisanale présente des limites. Il y a risque que les images enregistrées affichent un vignettage de barres noires dues à l’obturateur du projecteur. En effet, le déroulement du film ne correspond pas forcément à celui de la caméra vidéo. Le son repiqué d’un haut-parleur risque également de produire un bruit de casserole.

Dès lors, il est préférable de recourir aux services d’un laboratoire professionnel et de recomposer soi-même la sonorisation.

Claude nous présenta plusieurs de ses anciens films copiés en vidéo qui, en son temps, obtinrent des succès largement mérités lors de différents concours internes et régionaux.
Prenons son film Super 8 « Voir Nyon et sourire » datant de 1977. Le personnage principal, italien d’origine et de nature hilarante, vient rendre visite à sa mère qui lui prépare des pâtes. 
Un autre film, intitulé « Les tribulations d’un zouave », tourné en 16 mm, montre un bonhomme pour le moins original qui se déplace en vélo. Chemin faisant, il lui arrive de cocasses aventures. 
Changement de décor avec un reportage 16 mm tourné à Bombay en 1990. Il s’agit d’un film qui restitue l’ambiance d’une grande métropole de l’Inde. Tout par le son et l’image, et sans le moindre commentaire, l’on découvre un milieu envoûtant. On assiste à des scènes montrant la modernité en opposition à d’autres plus traditionnelles. Par exemple, attardons-nous chez un photographe de rue qui prend tout son temps pour développer ses clichés avec un matériel antique. Un vrai régal pour l’œil. 
Le dernier métrage qui nous fut présenté est « Signalisation à gogo », réalisé en 1983. J’ai souvenir qu’il avait participé aux « Journées suisses du Cinéma amateur » à Lausanne en 1984 (ancien nom du festival national). Je me suis esclaffé de rire, car Claude ne manque pas d’humour pour illustrer les excès de la réglementation routière. Par ailleurs, la musique ainsi que des bruitages appropriés soutiennent bien le rythme. 

Je n’ai pas vu le temps passer. En conclusion, nous pouvons chaleureusement remercier notre ami et le féliciter pour sa belle prestation. D’ores et déjà, nous nous réjouissons quand il reviendra avec de nouveaux sujets. Et pour nous, cela doit être un encouragement à montrer nos productions au club. Donc à vos caméras et tables de montage !

Bien cordialement à tous,
Daniel


 

UN SUPER BUBUS ! 

Lorsque les applaudissements crépitent en fin de projection, vous pouvez avoir la certitude que l'auteur a du talent et cela représente incontestablement le thermomètre du succès, ce que notre Bussard national maîtrise parfaitement. Voilà un amateur qui sait se distraire avec son hobby et qui en fait profiter pleinement les copains en nous offrant une séance "technico-artistique" de premier choix. 

L'ami Claude ne fait pas dans la dentelle et surtout ne ménage pas ses muscles en déménageant son matériel pour nous montrer comment transférer un film argentique sur un support numérique. Il nous propose, devant nos yeux, deux possibilités de transferts que nous pouvons admirer immédiatement. Si la qualité de ces derniers peut se discuter, surtout en ce qui concerne le transfert sonore, par rapport aux transferts effectués par des laboratoires spécialisés, cette démonstration très intéressante a eu le mérite de nous faire prendre conscience qu'il n'y a qu'un moyen de perpétuer nos projections : c'est celui de faire appel à des spécialistes qui ont investi des sommes importantes pour nous donner satisfaction. Ceci dit, conservez soigneusement vos originaux car le progrès permettra plus tard d'obtenir des transferts de haute qualité. 

Claude nous a gratifié de trois projections de son cru, petit scénario, reportage et enfin un dessin animé de 14 minutes qui occupa le réalisateur pendant cinq ans, et dont l'humour n'avait d'égal que la qualité d'images de se "vieux" 16 mm, en nous faisant oublier que de nos jours la HD a pris ses quartiers... Et le progrès d’aujourd’hui s’est manifesté : un téléphone portable à sonné inopportunément pendant cette séance et la conversation était nettement plus audible que le son du Super 8…! 

Un grand merci à Bubus, et à la prochaine ! J'en profite pour paraphraser Jacques Martin.... Revenez quand vous voulez, vous êtes ici chez vous ! 

Raymond Brussino



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