nouvelle 4: La malédiction de Sobek

Voici une nouvelle "nouvelle" sur l'Egypte ancienne: Nackt tombe dans une ambuscade avec le Roi et sa fille sur le Nil, arrivera-t-il à sauver la Princesse et Pharaon est-il vraiment mort? Vous le découvrirez dans ce récit passionnant et plein de réalisme.

 
La malédiction de Sobek


 

Je me trouvais sur le navire de Pharaon, nous étions le premier jour de la saison de pachons et c'était le fête de la moisson. Je suis le porte sandale de Sa Majesté, je porte d'autre titres ronflants mais je ne vois pas l'utilité de les préciser dans ce récit. Nous voguions vers Abydos pour une grande fête organisé en l'honneur d'Osiris1 et d'Isis2, ainsi que pour faire les offrandes habituelles aux Dieux. Nous naviguions sur le fleuve paisible en cette journée chaude et calme. Les femmes et les enfants suivaient le navire pour tenté de voir le Pharaon et sa fille, le Princesse Satisnéférou qui nous accompagnait.

Nous devions nous arrêter dans la ville de Geptyou (Coptos), la capitale de la cinquième nome, pour faire une joyeuse entrée dans la ville et un sacrifice à Min3. La ville était proche et le temps que le vaisseau Royal amarre, une foule s'était déjà rassembler sur le ponton. Ils furent rapidement éloigner par les soldats charger de l'encadrement du Souverain. Le Nomarque nous accueillit avec chaleur:

-Votre Majesté; vie, force, santé. Je suis très honoré que vous ayez décider de passer par ma ville pour la fête de la moisson.

-Moi aussi Ori, as-tu préparer de quoi nous restaurer et nous reposer?

-Bien sur Votre Majesté, tout a été fait pour que votre séjour soit le plus agréable possible.

-Tant mieux, car le voyage m'a fatigué.

-Et le joyeuse entrée Votre Grandeur... Dis-je prudemment.

-Ne pourrions-nous pas passer cela Nackt?

-Non Votre Majesté... Mais nous pouvons l'écourter si Vous le souhaitez.

-Et bien faisons cela.

J'avais reçu la délicate mission d'organisé le voyage avec le Grand Chambellan, mais n'ayant pas pu venir, c'est moi qui dirigeait les opérations. Je fis donc monter Pharaon sur un char et Satisnéférou dans un autre et le groupe se mit en route, je me trouvais dans le char de Pharaon, portais le grand éventail en plume d'autruche et faisais de l'air à Sa Majesté. La chaleur était à son paroxysme, mais les rues étaient noir de monde, des hommes et des femmes de tous rangs sociaux se bousculaient pour voir le Roi. Nous fument une halte quelques instants au grand temple de Min car nous devions à l'origine faire une offrande au Dieu puis nous sommes repartit et le cortège c'est dirigé vers le cartier où Pharaon avait son palais. Arriver devant celui-ci, une vieille femme aveugle s'approcha et demanda la bénédiction de son maître. Les gardes l'écartèrent avec un peu trop de zèle car elle hurla et lui prédit qu'il serait avaler par un crocodile et que la malédiction de Sobek4s'abattrait sur lui.

Cet événement ne perturba point le Roi car quand je lui demandais son avis sur la question, il me répondit:

-Baliverne, sornette, badinerie! Ne t'en fait pas Nackt, je suis le Pharaon des Deux Terres et je ne crains pas ce genre de menasses.

-Bien Votre Majesté.

-Préoccupe toi plutôt du mésyt! Je veux qu'il y ai des danseuses, des musiciens, les acrobates, que le vin des oasis coule à flot!

-Il sera fait selon les désirs de Sa Majesté.

-J'y compte bien Nackt!

-Votre Grandeur...

Je me retirais en embrassant le dallage gris du bureau du Roi et m'empressais de transmettre les ordres à l'intendant du palais, qui s'occuperait de les exécuter car je ne connaissais pas assez la ville pour pouvoir m'en occuper moi-même.

1. Osiris: Dieux des morts et juge du Tribunal Divin;

2. Isis: Déesse et mère universelle;

3. Min: Dieu de la fertilité;

4. Sobek: Seigneur des eaux.

 
 
Je trouvais la Princesse Satisnéférou dans les jardins, au bord du bassin d'agrément. Elle portait une robe vaporeuse en lin blanc aux plis complexes, 
une perruque noir tressée qui lui tombait sur les épaules et un pectorale multicolore. C'était une jeune femme de 17 ans, d'une beauté farouche, au
yeux sombres (comme toutes les égyptiennes), aux jambes longues et fines, avec de petits seins haut perchés. Elle sursauta en m'entendant arriver.

-Ah, Nackt, c'est toi...

-Tout va bien Princesse?

-Oui, je ne sais pas pourquoi mais je ne me sens pas à l'aise... j'ai un pressentiment... j'ai peur pour mon père.

-Ne vous en faites pas, il ne peut rien vous arrivez,...

-Je me moque de ce quoi peut m'arriver, je pense à mon père! S'emporta-t-elle.

-Il en sera de même pour lui!

-Je le sais, mais j'ai peur... Que Hemsout1 t'entende.

-Tout ira bien Princesse, tout est sous contrôle.

-Oui, merci Nackt.

-Je suis dans mon bureau si vous avez besoin de moi.

-Merci... Répéta-t-elle.

Je me dirigeais donc vers mon bureau où je trouvais une pile de document pour Pharaon. Je fit un tri dans ceux-ci et signait les moins important au nom de Sa Majesté. L'intendant vint m'annoncer que tout serait prêt pour le mésyt, je me sentis soulager et alla faire mes ablutions. Une jeune servante me lava, me massa avec de l'huile parfumée et m'habilla. Je choisis un collier de perles et une perruque, et admirait l'effet dans un miroir que tenait ma domestique. Râ2 tombait et le ciel s'embrasait de couleurs chatoyantes. Les tables avaient été disposées et les notables, les nobles ainsi que le Nomarque s'étaient rassemblés sous une tonnelle fleurie. Pharaon n'était pas encore là, la Princesse Satosnéférou non plus. Quelques minutes plus tard, ils firent leurs entrée, sous les vivats généraux. La musique retentit et les danseuses se mirent à virevolter autours de l'assistance. Nous mangeâmes de l'oie, du canard, des sarcelles, du beauf, du poisson, des olives, des oignons, des bouillons,... accompagner d'un vin des oasis du meilleur cru! Tout paraissait bien se passé, même Satisnénérou s'amusait et oubliait ses sombres pressentiments. Le lendemain, j'accompagnais Sa Majesté au grand temple de Min ou il fit les offrandes au Dieu et discuta avec le grand-prêtre. Vers la mis-journée, nous repartîmes vers Abydos. 

Un vent favorable nous faisait avancer assez rapidement vers notre but. Soudain, un groupe d'hippopotame nous barra le chemin, le capitaine les contourna avec habilité mais un peu plus loin un groupe de petites embarcations pêchaient. Ils étaient à quelques distances de nous et se rapprochèrent, par curiosité pensais-je. Quand soudain, le bateau fût brutalement stopper et tous les pêcheurs sont montés sur le vaisseau Royal. Ils tuèrent les marins qui s'opposaient à leurs avancée; je vis la Princesse tétanisée par la stupeur et dans un geste de désespoir, me suis jeter sur elle et l'ai poussée à l'eau. Je la suivis en voyant les assassins approcher et en espérant que Pharaon puisse se sauver à temps. Par bonheur nous étions proche de la rive et il y avait des papyrus qui nous dissimulaient à leurs vues. Le vaisseau fut incendié et je fûs d'avis que personne d'autre ne survécu. Je trouvais Satisnéférou dans les fourrés.

-Tout va bien Princesse? Lui demandais-je.

-Oui, mais mon père,...

-Je crains fort qu'il soit mort!

-C'est impossible,... je ne peux le croire.

-Et pourtant, c'est vrais...

Des larmes coulèrent sur ses joues humides.

-Allons, ne pleurer pas,... venez, il nous faut nous éloigner le plus possible de cet endroit!

-Oui, bien sur.

Je la prit par la main et nous marchâmes vers l'inconnu pendant plusieurs jours, sans manger ni
 
1. Hemsout: Déesse personnifiant le destin;

2. Râ: Dieu personnifiant le soleil.

 
 
boire. Nous arrivâmes enfin dans un petit village de bouvier. Ils furent très surprit de nous voir arriver ainsi, avec nos beaux vêtements déchiré et sales. Le maire du village nous proposa son toit et nous donna du poisson grillé et une bouillie de blé. Nous reçûmes également l'henket1 que nous bûmes avec un peu de réticence car elle nous paraissait douteuse, ensuite nous dormîmes. Je me réveillais le lendemain avec des courbatures et la langue aussi sèche que le désert de Libye. Satisnéférou parlait avec l'épouse du maire et quand elle me vit bouger, elle me tendit un bol d'henket. Je la remerciais et but le liquide avec avidité.

-Heka me dit que nous devons encore marcher une journée pour arriver à Geptyou.

-Elle vous a dit cela? C'est très intéressant... Marmonnais-je.

-Tout va bien Nackt?

-Je ne me sent pas très bien... je crois que nous devrions trouver un médecin au plus vite...

-Tu crois que tu vas savoir marcher jusque là?

-Je ne sais pas, mais si je n'essaie pas je ne le saurais jamais!

Satisnéférou me regarda avec un sourire et continua:

-Repose toi encore un peu, je vais tenté de nous dénicher une escorte. Elle murmura alors quelque chose à l'oreille de Heka et sortit. La femme du maire s'approcha de moi, déposa sa main sur mon front et murmura quelque chose d'incompréhensible. Je fini par me rendormir... je fûs réveillé par la voix fruitée de le Princesse qui m'appelait. J'ouvris les paupières et la vit penchée sur moi.

-Il est temps de partir mon bon Nackt, j'ai trouvé un guide et un solide gaillard va nous accompagner. Pour plus de sécurité nous allons revêtir une tunique plus adéquate...

Je remarquais alors qu'elle portait un robe de lin grise de très mauvaise qualité et Satisnéférou me tendit un pagne blanc de qualité plus que douteuse. La Princesse avait également enlevé tous ses bijoux et sa perruque, ses beaux cheveux noirs tombaient sur ses épaules en une cascade ondulée.

Heka et Satisnéférou m'aidèrent à me lever et je mis mon pagne sous l'œil amuser des deux femmes.

Quelques minutes plus tard, nous nous mîmes en route. Je prenais appuis sur un grand paysan aux larges épaules. A la mis journée le guide nous tendit trois gros oignons et de la viande séchée (qu'il avait dû aller chercher dans sa réserve car je doutais qu'il en possède beaucoup) et un peu de henket pour nous désaltérer. Nous continuions à marcher pendant que nous mangions. Notre groupe arriva à l'entrée de la ville tandis que Râ se couchait à l'horizon. Le guide nous salua, souhaita à Satisnéférou une longue vie et invoqua la protection des Dieux.

J'allais vers le palais et préviens l'intendant que nous avions été attaqué. Pour plus de sécurité j'avais laissé la Princesse chez une vieille amie qui habitait une masure mais qui ne me trahirait pas. Le Nomarque fût alerté et affréta un navire pour me ramener à Thèbes. Je lui proposais de choisir moi-même l'équipage... me méfiant à présent de tous et de tout le monde. A l'aube du départ, au moment où Râ se levait, j'allais chercher Satisnéférou et la cachait sur le bateau. Quand nous avons quitté le port, je fis rassembler tous les marins leurs dit:

-Messieurs, je compte sur vous pour ne pas me trahir, je veux une totale obéissance, je veux également que vous alliez aussi vite que cela est possible, que nous atteignions Thèbes en un temps record!

Je remarquais une tête que je ne connaissais pas et que je n'avais pas sélectionnée.

-Qui es-tu toi?

-Chepti.

-Que fais-tu là?

-Je remplace Antef.

-Ah oui? Je tournais autour de lui et sortit un long poignard que j'enfonçais profondément dans son dos. Il s'effondra et me regarda d'un œil noir avant de rendre son dernier souffle.

-Mes amis, voilà se qui attendent ceux qui me trahissent! Alors à vous de voir, c'est la mort ou la vie! Mais si vous m'accompagnez jusqu'au bout, vous serez bien récompensé.

Je poussais le cadavre par dessus bord et allais chercher Satisnéférou.

-Vous êtes en sécurité maintenant Princesse.
 
1. henket: Bière égyptienne.
 
 
-Je l'espère Nackt... je prie Amon-Râ1 pour que notre voyage soit sans encombre.

Et il le fût! Les Dieux avaient entendu la Princesse car le vent nous fût favorable, il nous poussa en deux jours vers Thèbes.

Mais à mon grand étonnement, je découvris Sa Majesté dans son bureau; lavé, parfumé, habillé des plus beaux vêtements et bijoux.

-Mon brave Nackt, je suis content que tu aies survécu et que tu aies sauvé ma fille!

-Mais Votre Grandeur, comment avez-vous fait?

-J'ai fais comme vous, j'ai sauté dans le Nil, mais de l'autre coté, je t'ai vu plonger derrière Satisnéférou. Par bonheur, je connaissais un endroit où me réfugier! En effet j'ai un ami qui a une propriété tout prêt et qui m'accueillit à bras ouvert. Je suis rentré il y a deux jours à la faveur de la nuit.

Je me sentis défaillir et à ma grande honte je m'évanouis devant Pharaon.

Pour me récompenser, Sa Majesté m'offrit un domaine avec de quoi survivre jusqu'à ma mort ainsi que l'honneur de choisir une femme de son harem. C'est ainsi que Ouabeth devint mienne et que je fûs nommer Grand Chambellan.
 
1. Amon-Râ: Roi des Dieux.
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